Kyoko KISHIDA
 Actrice japonaises
Un front large, de grands yeux et des lignes mystérieuses, Kyoko Kishida est une actrice unique en son genre. D’une sensibilité aiguë et d’une présence animale, elle s’est illustrée aussi bien sur scène, au cinéma et à la télévision. Sa voix chaleureuse lui a valu une grande popularité en tant que narratrice et pour des personnages d’animation.
Kyoko Kishida voit le jour à Tokyo, le 29 avril 1930. Fille cadette du dramagurge et fondateur du Bungakuza Kunio Kishida et de la traductrice Akiko Kishida, elle a une sœur aînée Keiko qui se fera connaître comme poétesse et écrivaine de contes de fées. La famille se réfugie dans la préfecture de Nagano pendant la guerre avant de retourner à Tokyo en 1946. Kyoko obient son diplôme du lycée Jiyu Gakuen.
Une grande carrière théâtrale
Pendant ses études, Kyoko Kishida se familiarise avec l’univers théâtral et aspire à devenir scénographe. Elle entre à l’institut d’art dramatique Bugakuza en tant que stagiaire et fait sa première apparition sur scène dans Kitty Typhoon. Son père décède de maladie en 1954. Elle obtient la consécration au théâtre avec Salomé d’Oscar Wilde adapté et mis en scène par Yukio Mishima. Elle joue de nombreuses autres pièces de Mishima comme Arbre tropical et accède à des rôles majeurs et difficiles dans de nombreuses productions scéniques comme Le Joyeux Fantôme et dans des pièces de Tenessee Williams. Actrice d’une grande expressivité dramatique, elle est également capable de tenir des rôles humoristiques. Elle rejoint la compagnie théâtrale Kumo en 1963.
D'Ichikawa à Teshigahara
Kyoko Kishida fait ses débuts au cinéma dans Le Soupir de la Mariée en 1956. Elle est remarquée dans Un Homme audacieux de Yasuro Masumura, La Saison des mauvaises femmes de Minoru Shibuya mais c’est vériablement Tendre et folle adolescence de Kon Ichikawa qui lance sa carrière. Elle est saisissante dans La Prière du Soldat, dernier volet de La Condition de l’homme de Masaki Kobayashi. Elle tourne sous la direction des plus grands réalisateurs nippons comme Kon Ichikawa qu’elle retrouve à de nombreuses reprises dans Dix femmes en noir, Le Serment rompu, J’ai deux ans, Le Palais des fêtes, Tadashi Imai dans Les Lumières du Port, Contes Cruels du Bushido, Le Moment du Doute ou Une Femme nommée En, Yosujiro Ozu pour son dernier film Le Goût du Saké, Yasuzo Masumura dans Le Mari était là et Passion face à Ayako Wakao, Kaneto Shindo dans Les Malfaisants et surtout Hiroshi Teshigahara qui lui offre son plus beau rôle dans La Femme des Sables, conte fantastique tiré du roman de Kobo Abe où elle montre toute l'étendue de son talent dramatique et sa puissance érotique puis dans Le Visage d’un autre en infirmière et Rikyu, grand film biographique sur un renommé maître du thé.
Télévision, cinéma et livres pour enfants
Kyoko Kishida a été une fidèle interprète de séries télévisées comme Otoko-hatai où elle joue la troisième des quatre sœurs célibataires et dans un certain nombre d'œuvres populaires telles que Un avant-goût de l’espadon ou le drame L’Ange marqué. En raison de sa voix unique et de sa lecture émotionnelle, l’actrice prête sa voix à des personnages d’animation comme Moomin et des narrations aussi bien dans des films de fiction, des documentaires que des émissions de variétés. Kishida possède une connaissance particulièrement approfondie de la littérature pour enfants et des contes de fées et écrit de nombreux livres destinés aux jeunes lecteurs. Si ses apparitions cinématographiques sont plus rares, elle joue des seconds rôles marquants dans Les Tueurs du Zodiaque d’Ann Hui, Fusa et Dora-heita de Kon Ichikawa, Vengeance à vendre de Kihachi Okamoto jusqu’à 100% Laine de Mai Tominaga en 2006. Kyoko Kishida avait épousé l’acteur Noboru Nakaya en 1954 et restera à ses côtés jusqu’à leur divorce prononcé en 1978. L’actrice s’éteint à l’âge de 76 ans dans un hôpital de Tokyo, le 17 décembre 2006. Elle souffrait depuis quelques mois d’une insuffisance respiratoire due à une tumeur cérébrale. Juste avant son décès, elle interprétait le personnage principal d’une série adapté des romans de Miss Marple qui bénéficie d’une diffusion posthume.


FILMOGRAPHIE :

Avec Hiroshi Teshigahara
1956 : Le Soupir de la Mariée (Hanayome no tameiki) de Keigo Kimura
1958 : Un homme audacieux (Futeki na otoko) de Yasuzo Masumura
1958 : Chantage (Kyokatsu) de Kozo Saeki
1958 : La Saison des mauvaises femmes (Akujo no kisetsu) de Minoru Shibuya
1959 : La Tentation de l’île de Gurama (Gurama-to no yuwaku) de Yuzo Kawashima
1959 : Fubuki to tomo ni kieyukinu de Keigo Kimura
1959 : Pèlerinage nocturne (Anya koro) de Shiro Toyoda
1960 : Histoire singulière à l'est du fleuve (Bokuto kitan) de Shiro Toyoda
1960 : Tour des Vagues (Nami no to) de Noboru Nakamura
1960 : Tendre et folle adolescence (Ototo) de Kon Ichikawa
1960 : Adieu les Pistolets (Minagoroshi no uta yori: Kenju yo saraba) d'Eizo Sugawa
1961 : La Prière du soldat (Kanketsu-hen daigobu shi no dasshutsu) de Masaki Kobayashi
1961 : Les Lumières du port (Arega minato no hi da) de Tadashi Imai
1961 : Dix femmes en noir (Kuroi junin no onna) de Kon Ichikawa
1961 : Histoire du Tokyo nocturne (Tokyo yawa) de Shiro Toyoda
1961 : Amour et Flamme (Ai to honoho to) d'Eizo Sugawa
1961 : Le Pont suspendu de la Femme (Onna no tsurihashi) de Keigo Kimura
1962 : Une femme humide dans le brouillard nocturne (Onna wa yogiri ni nureteiru) de Y Inoue
1962 : Fleur rouge du port brumeux (Kiri no minato no akai hana) de Shinji Murayama
1962 : Le Serment rompu (Hakai) de Kon Ichikawa
1962 : Les Larmes sur la crinière du lion (Namida o shishi no tategami ni) de Masahiro Shinoda
1962 : Le Goût du saké (Sanma no aji) de Yasujiro Ozu
1962 : J'ai deux ans (Watashi wa nisai) de Kon Ichikawa
1962 : Le Secret du ninja (Shinobi no mono) de Satsuo Yamamoto
1963 : Contes cruels du Bushido (Bushido zankoku monogatari) de Tadashi Imai
1963 : Miren (Miren) de Yasuki Chiba
1964 : Détestez-vous les Hommes (Otoko girai) de Ryo Kinoshita
1964 : Le mari était là (Otto ga mita 'Onna no kobakoyori) de Yasuzo Masumura
1964 : La Femme des sables (Suna no onna) d’Hiroshi Teshigahara
1964 : Bonjour Bébé (Konnichiwa akachan) de Shue Matsubayashi
1964 : La Veuve joyeuse (Kigeki yoki-na mibojin) de Shiro Toyoda
1964 : L’Emblème du Mal (Aku no monsho) d’Hiromichi Horikawa
1964 : Passion (Manji) de Yasuzo Masumura
1965 : L’École de la Chair (Nikutai no gakko) de Ryo Kinoshita
1965 : Les Malfaisants (Akuto) de Kaneto Shindo
1966 : Courant chaud (Danryu) de Yoshitaro Nomura
1966 : Le Visage d'un autre (Tanin no kao) d’Hiroshi Teshigahara
1967 : Histoire secrète (O-oku maruhi monogatari) de Sadao Nakajima
1968 : Le Moment du doute (Fushin no toki) de Tadashi Imai
1969 : Corps féminins (Jotai) de Yasuzo Masumura
1970 : La Guerre et les Hommes I (Senso to nigen I: Unmei no jokyoku) de Satsuo Yamamoto
1971 : Une femme nommée En (En toiu onna) de Tadashi Imai
1971 : La Guerre et les Hommes 2 (Senso to ningen 2: Ai to kanashimino sanga) de SYamamoto
1972 : Voyage solitaire (Tabi no omosa) de Koichi Saito
1976 : Le Complot de la famille Inugami (Inugami-ke no ichizoku) de Kon Ichikawa
1977 : Utamaro (Utamaro: Yume to shiriseba) d'Akio Jissoji
1977 : Inugami no tatari de Shun’ya Ito
1977 : Sugata Sanshiro (Sugata Sanshiro) de Kihachi Okamoto
1977 : Nihon no don: Yabohen de Sadao Nakajima
1978 : Inubue de Sadao Nakajima
1979 : L'Enfer (Jigoku) de Tatsumi Kumashiro
1979 : Nichiren (Nichiren) de Noboru Nakamura
1982 : Félicitations pour les 7 ans de cet enfant (Kono ko no nanatsu no oiwai ni) de Masumura
1983 : Histoire policière (Tantei monogatari) de Kichitaro Negishi
1984 : Étudiants ! (Seito shokun!) de Katsumi Nishikawa
1985 : Cloche de printemps (Haru no kane) de Koreyoshi Kurahara
1986 : Le Palais des fêtes (Rokumeikan) de Kon Ichikawa
1986 : La Mer et le Poison (Umi to Dokuyaku) de Kei Kumai
1987 : L'Actrice (Eiga joyu) de Kon Ichikawa
1987 : Seishun kakeochi-hen de Shingo Matsubara
1987 : Allons Gotokuji! (Gotokuji) de Yoichi Maeda
1987 : La Vengeance du Samouraï (Hissatsu 4: Urami harashimasu) de Kinji Fukasaku
1987 : La Princesse de la lune (Taketori monogatari) de Kon Ichikawa
1988 : La Grue (Tsuru) de Kon Ichikawa
1989 : Rikyu (Rikyu) d’Hiroshi Teshigahara
1990 : Ciel et Terre (Ten to chi to) de Haruki Kadokawa
1991 : La Légende de Tenga (Tenkawa densetsu satsujin jiken) de Kon Ichikawa
1991 : Zodiac Killers (Gokudo tsui) d'Ann Hui
1993 : Fusa (Sono kido o totte eiga) de Kon Ichikawa
1996 : L’École des Fantômes 2 (Gakko no kaidan 2) de Hideyuki Hirayama
1996 : Le Village aux huit tombes (Yatsu haka mura) de Kon Ichikawa
1997 : Aimer (Aisuru) de Kei Kumai
2000 : Dora-heita (Doraheita) de Kon Ichikawa
2001 : Déchets humains (Ningen no kuzu) de Takehiko Nakajima
2001 : Kuroe (Kuroe) de Go Riju
2001 : Vengeance à vendre (Sukedachi-ya Sukeroku) de Kihachi Okamoto
2001 : Mille ans d’amour (Sennen no koi: Hikaru Genji monogatari) de Tonko Horikawa
2004 : 2 Visages d'une même Femme (Onna no naka no futatsu no kao) de Shun Nakahara (tv)
2005 : Neige de Printemps (Haru no yuki) d'Isao Yukisada
2005 : En regardant la même lune (Onaji tsuki o miteiru) de Kenta Fukasaku
2006 : 100% Laine (Uru 100-pasento) de Mai Tominaga


Filmographie de Kyoko KISHIDA
 
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