Milly VITALE
 Actrice italienne
Baignée depuis l’enfance dans le milieu artistique, Milly Vitale a illustré le cinéma italien de l’après-guerre entre péplums, films de cape et d’épée, mélodrames et drames réalistes. Elle a également connu les honneurs du cinéma hollywoodien avant de se retirer à quarante ans.
Milly Vitale, de son vrai prénom Camilla, naît à Rome, le 16 juillet 1932. Son père Riccardo Vitale est un chef d’orchestre réputé et sa mère Natasha Shidlowski est une danseuse étoile. Elle fait des études dans le lycée français Chateaubriand à Rome. Lancée depuis son plus jeune âge dans le milieu artistique, elle fait ses débuts à l’écran à l’âge de seize ans dans Les Frères Karamasov de Giacomo Gentilomo avec Fosco Giachetti dans le rôle principal.
Le charme et le renouveau de l'après-guerre
L’année suivante, Milly Vitale est révélée dans le drame social néo-réaliste de Luigi Zampa, Les Années difficiles où elle joue la jeune épouse d’Umberto Spadaro parti pour le front, aux côtés de Massimo Girotti. Jolie blonde fragile mais déterminée, elle se retrouve dans un château isolé dans L’enterrée vivante de Guido Brignone, et esclave chrétienne affranchie comme maîtresse de Néron (Gino Cervi) dans Néron tyran de Rome de Primo Zeglio. L’actrice balade dès lors son regard hautain et son sourire énigmatique dans des genres populaires. Elle est présente dans le drame de guerre Il Caimano del Piave avec Frank Latimore ou La Nuit de la Trahison de Raffaello Matarazzo avec Massimo Girotti, le mélodrame dans Prisonniers du Ténèbres où elle est rendue aveugle à la suite d’un cambriolage ou Pour toi, j’ai péché de Mario Costa, le drame maritime dans Les Mousquetaires de la Mer de Giorgio Bianchi avec Jacques Sernas, le film de cape et d’épée dans La Vengeance du Corsaire de Primo Zeglio avec Jean-Pierre Aumont, Le Fils de Lagardère de Fernando Cerchio avec Rossano Brazzi ou À la pointe de l’épée de Bragaglia. Elle forme un couple populaire avec Alberto Farnese dans Déshonorée, La Chanson du Cœur, Le Lys brisé, La Vengeance du Destin ou Retour à Florence dans la plus pure tradition du mélodrame romantique de la péninsule.
Percée à Hollywood
Milly Vitale est appelée en 1953 à Hollywood pour incarner l’épouse juive qui rend le sourire à un rescapé des camps dans Le Jongleur d’Edward Dmytryk auprès de Kirk Douglas. L’œil pétillant et l’allure légère, elle donne la réplique à Bob Hope et James Cagney dans Mes sept petits Chenapans de Melville Shavelson puis elle endosse le rôle de Lisa Bolkonskaïa dans Guerre et Paix de King Vidor d’après Tolstoï aux côtés de Mel Ferrer, Audrey Hepburn et Henry Fonda. Elle devient danseuse de cancan dans Un Scandale à la Cour et tourne en Angleterre La Chair est faible de Don Chaffey avec John Derek et Bataille pour les V-1 de Vernon Sewell où elle meurt torturée par la Gestapo. Elle tourne en Espagne Zoras le rebelle avec Francisco Rabal, apparaît dans deux péplums italo-américains en incarnant Danila dans Hannibal auprès de Victor Mature et la princesse Cherata dans Rewak le Rebelle auprès de Jack Palance. Elle a fait quelques incursions en France dans Raspoutine de Georges Combret avec Pierre Brasseur ou Les Tripes au Soleil de Claude Bernard-Aubert.
Retraite pour raisons familiales
À partir de 1960, Milly Vitale tourne moins pour se consacrer à son nouveau mari Vincent Lee Hillyer, épousé le 25 octobre 1960 et à ses deux enfants, Edoardo LeRoy né en 1961 et Vincent Lee né en 1964. Le couple divorce cependant rapidement en 1966. Elle retrouve les studios mais n’apparaît que dans quatre films entre 1967 et 1972, le giallo Gangster ’70 avec Joseph Cotten, la comédie leste Le Gynéco de la mutuelle de Luigi Zampa avec Alberto Sordi, le film à sketch politique Contestation générale avec Vittorio Gassman et le film d'époque Scaramouche de Piero Pierotti où elle est la reine de France auprès de Christian Hay. Elle abandonne définitivement le cinéma à quarante ans, après 25 ans de présence à l’écran. Elle a vécu pendant de longues années en toute discrétion aux environs de Rome. Sa santé décline au début des années 2000 et la belle actrice s’éteint à Rome, le 2 novembre 2006 à l’âge de 74 ans.


FILMOGRAPHIE :

Avec Vincent Hillier
1947 : Les Frères Karamazov (I fratelli Karamazoff) de Giacomo Gentilomo
1948 : Les Années difficiles (Anni difficili) de Luigi Zampa
1949 : La città dolente de Mario Bonnard
1949 : Cagliostro (Black Magic) de Gregory Ratoff
1949 : Néron, Tyran de Rome (Nerone e Messalina) de Primo Zeglio
1949 : La Fille du Pêcheur (La figlia del peccato) d’Armando Ingegnero
1949 : L’Enterrée vivante (La sepolta viva) de Guido Brignone
1950 : Les Mousquetaires de la mer (Cuori sul mare) de Giorgio Bianchi
1950 : Le Prince Pirate (Il leone di Amalfi) de Pietro Francisci
1950 : Plus fort que la haine (Gli inesorabili) de Camillo Mastrocinque
1951 : La Vengeance du Corsaire (La vendetta del corsaro) de Primo Zeglio
1951 : Il caimano del Piave de Giorgio Bianchi
1951 : Trieste mia! de Mario Costa
1951 : Cameriera bella presenza offresi… de Giorgio Pastina
1952 : La Nuit de la Trahison (Il tenente Giorgio) de Raffaello Matarazzo
1952 : Prisonniers des Ténèbres (Prigionieri delle tenebre) d’Enrico Bomba
1952 : Le Fils de Lagardère (Il figlio di Lagardère) de Fernando Cerchio
1952 : À la Pointe de l'Épée (A fil di spade) de Carlo Ludovico Bragaglia
1952 : Déshonorée (Disonorata senza colpa) de Giorgio Walter Chili
1952 : Condamnez-le (Condannatelo !) de Luigi Capuano
1952 : La Prisonnière de la Tour de Feu (Prigioniera della torre di fuoco) de Giorgio Walter Chili
1953 : Si vincessi cento milioni, L’Indosssatrice de Carlo Campogalliani
1953 : Pour toi, j’ai péché (Per salvarti ho peccato) de Mario Costa
1953 : La Patrouille d’Amba Alagi (La pattuglia dell’amba alagi) de Flavio Calzavara
1953 : Nous les Brutes (Noi cannibali) d’Antonio Leonviola
1953 : Di qua di la del piave de Guido Leoni
1953 : Le Jongleur (The Juggler) d'Edward Dmytryk
1954 : Le Destin d’une Mère (Riudiata) de Giorgio Walter Chili
1954 : Meurtre dans les Dunes (Acque amare) de Sergio Corbucci
1954 : Les Deux Orphelines (Le due orfanelle) de Giacomo Gentilomo
1954 : L’Éternel Féminin (L'amante di Paride), Napoléon et Joséphine de Marc Allégret
1954 : Raspoutine de Georges Combret
1955 : La Fille de Mata-Hari (La figlia di Mata Hari) de Carmine Gallone & Renzo Merusi
1955 : La Vengeance du Destin (Vendicata) de Giuseppe Vari
1955 : Reviens ma Petite (Torna piccina mia !) de Carlo Campogalliani
1955 : Mes sept petits Chenapans (The Seven Little Foys) de Melville Shavelson
1955 : Chante-moi Bonjour tristesse (Cantami "Buongiorno tristezza") de Giorgio Pàstina
1956 : La Voix du Cœur (La canzone del cuore) de Carlo Campogalliani
1956 : Guerre et Paix (War and Peace) de King Vidor
1956 : Revoir Florence (Porta un bacione a Firenze) de Camillo Mastrocinque
1956 : Les Yeux sans Lumière (Gli occhi senza luce) de Flavio Calzavara
1957 : Le Lys brisé (Il giglio infranto) de Giorgio Walter Chili
1957 : Le Masque noir (Il diavolo nero) de Sergio Grieco
1957 : La Chair est faible (The Flesh Is Weak) de Don Chaffey
1958 : La Bataille des V1 (Battle of the V-1) de Vernon Sewell
1958 : Zoras le Rebelle (Diez fusiles esperan) de José Luis Saenz de Heredia
1958 : Les Tripes au Soleil de Claude Bernard-Aubert
1958 : Ombre chère (La cara ombra) de Daniele D'Anza (tv)
1959 : Les Trois Sœurs (Tre sorelle) de Claudio Fino (tv)
1959 : Annibal (Annibale) de Carlo Ludovico Bragaglia et Edgar G. Ulmer
1960 : Rewak le Rebelle (The Barbarians) de Rudolph Maté
1960 : Un Scandale à la Cour (A Breath of Scandal) de Michael Curtiz
1961 : Catherine de Russie (Caterina di Russia) d’Umberto Lenzi
1968 : Gangsters ’70 de Mino Guerrini
1968 : Le Gynéco de la Mutuelle (Il medico della mutua) de Luigi Zampa
1970 : Contestation générale (Contestazione generale) de Luigi Zampa
1972 : Scaramouche (La grande avventura di Scaramouche) de Piero Pierotti


Filmographie de Milly VITALE
 
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