| Werner KRAUSS | ||
| Acteur allemand | ||
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La présence à l’écran de Werner Krauss est indissociable des grandes heures de l’expressionnisme allemand de la période muette. Grandiloquence, amplitude du geste, jeu de physionomie amplifié ont donné une image caricaturale de ce grand comédien. Sa participation à des œuvres de propagande du Reich comme le sinistrement célèbre Le Juif Süss ont fini de le discréditer aux yeux des cinéphiles. Pourtant l’acteur avait de la présence et un indéniable génie. Werner Krauß est né le 23 juin 1884 à Gestungshausen près de Cobourg. Fils d’un employé des postes Paul Krauß et de son épouse Karoline Wust, il change fréquemment de domicile au gré des affectations de son père. Il fréquente une école protestante et se destine à l’enseignement. Il découvre la scène au théâtre Lobe de Breslau et débute un travail itinérant interrompu par la première guerre mondiale où il est élève-officier de la marine. Réformé, il débute au cinéma en 1916 dans Les Contes d’Hoffman de Richard Osward et se produit dans des rôles de méchants dans des films policiers et des mélodrames, jouant un sadique dans L’Histoire de Dida Ibsen, un trafiquant de drogue chinois dans Opium ou un infirme sociopathe et criminel dans Danse de Mort. Des transformations spectaculaires Son ascension vers la célébrité commence dès la fin de la guerre. Dans Le Cabinet du Dr Caligari, Werner Krauß réussit à adapter son jeu d'acteur au décor expressionniste en médium somnambule aux côtés de Conrad Veidt. Dans son art du mimétisme et son langage corporel, Krauß s'est complètement transformé en Caligari, un psychiatre qui incarne à la fois l'autorité et la subordination. Dans Les secrets d'une âme, Krauß apporte des nuances tourmentées derrière une façade de mode de vie bourgeois. Le cinéma muet lui donne l'occasion d'exprimer sa capacité à s'identifier complètement à ses personnages, son goût de la transformation et son talent à agir uniquement par la présence physique. Il obtient ses plus gros succès dans La terre qui flambe, L’étudiant de Prague, La Rue sans joie dans un rôle de sordide boucher, Le Rail de Lupu-Pick en cheminot assassin, Le prince étudiant en précepteur. Son pouvoir de transformation lui fait incarner de nombreux personnages historiques comme Robespierre dans Danton, l’amiral Nelson dans Lady Hamilton, Ponce Pilate dans INRI et Napoléon dans Napoléon à Sainte-Hélène. Le représentant culturel du régime nazi Werner Krauß tourne également une multitude d’adaptations théâtrales comme Iago dans Othello, Nathan le Sage, Shylock dans Le marchand de Venise, Le Tartuffe, le philistin du Canard sauvage, Nick Bottom dans Le Songe d’une nuit d’été et Theobald Maske dans Un scandale royal. Entre novembre 1923 et juin 1924, Werner Krauß séjourne à New York où il participe à la production de Reinhardt de la pantomime Le Miracle. Il est un impressionnant comte Muffat dans Nana de Jean Renoir. Après son retour en Allemagne, il poursuit parallèlement sa carrière au théâtre et au cinéma et de fait s’adapte très facilement au cinéma parlant. En 1934. Goebbels le nomma vice-président du Reichstheaterkammer et le régime fait de Krauß l'un des principaux représentants culturels du régime nazi. Il se produit à Berlin, à Vienne et en Amérique latine. Il travaille une dernière fois avec Max Reinhardt dans le rôle de Méphisto dans Faust au Festival de Salzbourg. Il n’apparaît qu’occasionnellement mais trouve des rôles forts comme le mécanicien déclaré mort et qui se bat pour la reconnaissance de son identité dans L’Homme sans nom adapté de Balzac. Dans Vienna Burgtheater, il incarne un acteur vieillissant qui se rend compte de l'impossibilité de son amour pour une actrice beaucoup plus jeune. Fin de vie en Autriche Werner Krauß montre à plusieurs reprises l’antipode du valeureux Emil Jannings dans Robert Koch, Le Licenciement et endosse les rôles de cinq juifs différents dans Le Juif Süss. À la fin de la guerre, Krauß réside dans sa maison à Mondsee dans le Salzkammergut. En août 1946, il est banni d'Autriche et transféré à Stuttgart. De retour à Vienne, il devient citoyen autrichien et retourne au Burgtheater où il sera acteur jusqu'à sa mort. Werner Krauß s'est marié trois fois. De 1908 à 1930, il est marié à Paula Saenger et a un fils Egon né en 1913. Il est marié à l’actrice Maria Bard et de 1931 à 1940 et se remarie avec Liselotte Graf avec qui il a un fils Gregor en 1945. Lors d'une représentation du Roi Lear au Burgtheater le 20 octobre 1959, Krauß a un malaise. Atteint de maladie depuis des années, il décède à Vienne à l’âge de 75 ans. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Gustav Ucicky |
1913 : La mystérieuse villa (Die Geheimnisvolle Villa) de Joe May 1914 : Die Pagode de Joe May 1915 : Les contes d’Hoffmann (Hoffmanns Erzählungen) de Richard Oswald 1915 : Unheilbar d’Emerich Hanus 1915 : Stein unter Steinen de Felix Basch 1916 : Nuit d’horreur (Nächte des Grauens) d’Arthur Robison 1916 : La Maison du mystère 1 (Das unheimliche Haus.) de Richard Oswald 1916 : La Maison du mystère 2 (Das unheimliche Haus, Freitag, der 13.) de Richard Oswald 1916 : La Maison du mystère 3 (Das unheimliche Haus, der chinesische Götze) de R. Oswald 1916 : Cristo de Guilio Antamoro 1916 : Zirkusblut de Richard Oswald 1916 : Die Rache der Toten de Richard Oswald 1916 : Die Bettlerin von St. Marien d’Alfred Halm 1916 : Le Patrimoine d’Het Steen (Der Erbe von Het Steen ) de Louis Neher 1916 : Die Hand de Fred Sauer 1916 : Die Ungreifbare de Fred Sauer 1917 : Seeschlacht de Richard Oswald 1917 : La Bacchanale de la mort (Das Bacchanal des Todes) de Richard Eichberg 1917 : Wenn Frauen lieben und hassen de Jaap Speyer 1917 : Der Friedensreiter d’Hans Werckmeister 1917 : Gesühnte Schuld de Werner Krauss 1917 : Die Kaukasierin de Joe May & Uwe Jens Krafft 1917 : La Fille de la comtesse Stachowska (Die Tochter der Gräfin Stachowska) d’Otto Rippert 1917 : Die schleichende Gefahr de Franz Hofer 1917 : L’étrangère (Die Fremde) d’Otto Lippert 1917 : Ihr Sohn d’Ernst Reicher 1917 : Fräulein Pfiffikus de Franz Hofer 1917 : E, der scharlachrote Buchstabe d’Emmerich Hanus 1918 : Le journal d’une fille perdue (Das Tagebuch einer Verlorenen) de Richard Oswald 1918 : Que la lumière soit 3 (‘Es werde licht ! 3. Teil) de Richard Oswald 1918 : Colomba (Colomba) d’Arzén von Cserépy 1918 : Opium (Opiupm) de Robert Dinesen 1918 : Stürme des Lebens de Franz Hofer 1918 : Seelen in Ketten de Franz Hofer 1918 : Le cadeau des Médicis (Das Gift der Medici) de Walter Schmidthässler 1918 : Prostitution I (Die Prostitution, 1. Teil das gelbe haus) de Richard Oswald 1918 : Prostitution II (Die Prostitution, 2. Teil die sich werkaufen) de Richard Oswald 1918 : L’histoire de Dida Ibsen (Dida Ibsens Geschichte) de Richard Oswald 1918 : Sr. Hoheit Brautfahrt de Franz Hofer 1918 : Mazeppa, der Volksheld der Ukraine de Martin Berger 1918 : Madame d’Ora d’Arzén von Cserépy 1918 : Der Prozeß hauers de Willy Zeyn 1918 : Der Bettler von Savern de Franz Hofer 1918 : Le Château enchanté (Das verwunschene Schloß) d’Otto Rippert 1918 : Les frères Karamasoff (Die Brüder Karamasoff) de Carl Froelich 1919 : Le Cabinet du docteur Caligari (Das Kabinett des doktor Caligari) de Robert Wiene 1919 : Totentaz d’Otto Lippert 1919 : Ewiger Strom de Johannes Guter 1919 : Rose Bernd d’Alfred Halm 1919 : Sühne de Walter Schmidthässler 1919 : Opfer d’Ernst Fiedler-Spies 1919 : Das Mädchen und die Männer de Manfred Noa 1919 : Das ewige Rästel de Josef Coenen 1919 : La Femme à l’orchidée (Die Fraü mit der Orchideen) d’Otto Rippert 1919 : Der Mann ohne Namen de Georg Jacoby 1919 : L’Île de la chance (Die Insel der Glücklichen) de Josef Coenen 1919 : Phantome des Lebens de Josef Coenen 1919 : Die Heimat de Franz Hofer 1919 : Die Frau ohne Seele de Leo Lasko 1920 : Luise Millerin de Carl Froelich 1920 : Le Procureur (Der Staatsanwalt) de Paul Otto 1920 : Le Bossu et la Danseuse (Der Bucklige und die Tänzerin) de F. W. Murnau 1920 : Johannes Goth de Karl Gerhardt 1920 : Das Schicksal des Edmund Hall d’Erna Morena 1920 : Die Kwannon von Okadera de Carl Froelich 1920 : Die Frau im Himmel de Johannes Guter 1920 : La Confession d’un Mort (Die Beichte einer Toten) de Martin Zickel 1920 : Das lachende Grauen de Rudolf Meinert 1920 : Danton (All for a Woman) de Dimitri Buchowetzki 1920 : Sieger Tod de Nils Chrisander 1920 : Spiritismus de Frederic Zelnick 1920 : Christian Wahnschaffe (Christian Wahnschaffe Weltbrand) d’Urban Gad 1920 : Christian Wahnschaffe 2 (Die Flucht aus dem goldenen Kerker) d’Urban Gad 1921 : Le roman de Christine von Herre (Der roman der Christine von Herre) de Ludwig Berger 1921 : Le Rail (Scherben) de Lupu Pick 1921 : Grausige Nächte de Lupu Pick 1921 : La Proie des furies (Die Beute der Erinnyen) d’Otto Rippert 1921 : Le Médium (Das Medium) d’Hermann Rosenfeld 1921 : Sappho de Dimitri Buchowetzki 1921 : Der Tanz um Liebe und Glück de Willy Zein 1921 : Le Cirque de la vie (Zirkus des lLbens) de Johannes Guter 1921 : Lady Hamilton (Lady Hamilton) de Richard Oswald 1921 : Sturmflut des lebens d’Avec Gunar Tolnaes 1921 : Das Haus in der Dragonergasse de Richard Oswald 1922 : La Terre qui flambe (Der brennende Acker) de Friedrich Wilhelm Murnau 1922 : Le Comte d’Essex (Der Graf von Essex) de Peter Paul Felner 1922 : Josef et ses Frères (Josef und sein Brüder) de Carl Froelich 1922 : Marquise von Pompadour d’Alfred Halm 1922 : Die Nacht der Medici de Karl Grune 1922 : Nathan le sage (Nathan, der Weise) de Manfred Noa 1922 : Othello (Othello) de Dimitri Buchowetzki 1922 : Frédéric Roi (Fridericus Rex Teil 3, Sansouci) d’Arzén von Cserépy 1922 : Adam et Eve (Adam und Eva) de Friedrich Porges & Reinhold Schünzel 1922 : Tragicomédie (Der Puppenmacher von Kiang-Ning) de Robert Wiene 1923 : Le Trésor (Der Schatz) de Georg Wilhelm Pabst 1923 : Du sollst nicht toten de Fritz Hofbauer 1923 : I.N.R.I. (I.N.R.I.) de Robert Wiene 1923 : Le Prince étudiant (Alt Heidelberg) d’Hans Behrendt 1923 : L’Évasion de Baruch (Das Alte gesetz) d’Ewald André Dupont 1923 : Mademoiselle Raffke (Fräulein Raffke) de Richard Eichberg 1923 : Le Cabinet des Figures de cire (Das Wachsfigurenkabinett) de Paul Leni 1923 : Zwischen Abend und Morgen d’Arthur Robison 1923 : Le Lendemain inconnu (Das unbekannte Morgen) d’Alexander Korda 1923 : Der Menschenfeind de Rudolf Walther-Fein & Rudolf Dworsky 1923 : Le Marchand de Venise (Der Kaufmann von Venedig) de Peter Paul Felner 1923 : Adam und Eva de Friedrich Porges 1924 : La Rue sans joie (Die freudlose Gasse) de Georg Wilhelm Pabst 1924 : Decameron nights (Dekameron-nächte) d’Herbert Wilcox 1924 : Le Songe d’une nuit d’été (‘Ein Sommernachtstraum) d’Hans Neumann 1924 : Variété (Variete) d’Ewald André Dupont 1924 : Reveille, das große Wecken de George Pearson 1925 : Le Brocanteur d’Amsterdam (Der Trödler von Amsterdam) de V Janson 1925 : La Dame de Berlin (Die Dame aus Berlin) de Lorand von Kabdebo 1925 : Maria, die Geschichte eines Hauses de Friedrich Feher 1925 : La Morale de la Rue (Die Moral der Gasse) de Jaap Speyer 1925 : Jalousie (‘Eifersucht) de Karl Grune 1925 : Tartuffe (Herr Tartüff) de Friedrich Whilhelm Murnau 1925 : Les Mystères d’une âme (Geheimnisse einer seele) de G. W. Pabst 1925 : Canard sauvage (Arme, kleine hedwig) de Lupu Pick 1926 : Nana de Jean Renoir 1926 : La Maison grise (Das graue Haus) de Friedrich Feher 1926 : Croisade de femme (Kreuzzug des Weibes) de Martin Berger 1926 : On ne badine pas avec l’amour (Man spielt nicht mit der Liebe) de G. W. Pabst 1926 : Le Vice de l’humanité (Laster der Menschheit) de Rudolf Meinert 1926 : Uberflüßige Menschen d’Aleksandr Razumnyj 1926 : Maquillage (Da hält die Welt den Atem an) de Felix Basch 1926 : L’étudiant de Prague (Des Student von Prag) d’Henrik Galeen 1927 : Le Paysan fidèle (Der fidele Bauer) de Franz Seitz 1927 : Hypocrisie (Die Hose) d’Hans Behrendt 1927 : Funkzauber de Richard Oswald 1927 : L’Enfer des vierges (Die Hölle der Jungfrauen) de Robert Dinesen 1927 : À Huis clos (Unter Ausschluß der Öffentlichkeit) de Conrad Wiene 1927 : Maquillage de Felix Basch 1928 : Looping the loop d’Arthur Robison 1929 : Napoléon à Sainte-Hélène (Napoleon auf St. Helena) de Lupu Pick 1930 : Yorck de Gustav Ucicky 1932 : Un homme sans nom (Mensch ohne Namen) de Gustav Ucicky 1934 : Les Cent Jours (Hundert Tage) de Franz Wenzler 1936 : Burgtheater (Vienna Burgtheater) de Willi Forst 1939 : La Lutte héroïque (Robert Koch, der bBkämpfer des Todes) d’H Steinhoff 1940 : Le Juif Süss (Jud Süß) de Veit Harlan 1941 : Annelie (Die Geschichte eines Lebens) de Josef von Báky 1941 : L’Abdication (Die Entlassung) de Wolfgang Liebeneiner 1942 : Entre ciel et terre (Zwischen hHmmel und Erde) d’Harald Braun 1943 : Paracelse (Parcelsus) de Georg Wilhelm Pabst 1949 : Prime de décès (Prämien auf den Tod) de Curd Jürgens 1950 : La Comète (Der fallende Stern) d’Harald Braun 1955 : Le Fils sans racines (Sohne ohne Heimat) d’Hans Deppe Filmographie de Werner KRAUSS | |
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