| Albert BASSERMANN | ||
| Acteur allemand | ||
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En son temps, Albert Bassermann a brisé un tabou, celui d'apparaître comme vedette de théâtre dans le cinéma, un média alors encore méprisé. Il a endossé des grands rôles dans des drames mondains et des reconstitutions historiques avant d’être contraint à l’exil par les Nazis. Albert Bassermann est né le 7 septembre 1867 à Mannheim. Son père, Johann Wilhelm Bassermann, est fabricant de machines à coudre et sa famille est réputée comme propriétaires de vignobles. Fidèle à la tradition familiale, il effectue d'abord un apprentissage commercial, puis étudie la chimie à Strasbourg. Il choisit finalement la voie de son oncle August, comédien et metteur en scène de théâtre. Grand acteur de théâtre Albert Bassermann fait ses débuts au Théâtre de Mannheim en 1887. Il doit travailler sa voix naturellement rauque, rugueuse et presque cassée, ce qu’il parvient à faire au prix d’un travail acharné. Il intègre pendant plusieurs années le Théâtre de la Cour de Meiningen avant de s’installer en 1895 au Deutsches Theater de Berlin sous la direction d’Otto Brahm puis sous celle de Max Reinhardt de 1909 à 1915. Son jeu flamboyant et autoritaire fait merveille dans le répertoire d’Ibsen et de Shakespeare notamment dans Mephisto, Richard III, Hamlet et Le Marchand de Venise. Il est alors considéré comme un des acteurs les plus renommés de son temps auprès de Paul Wegener et Alexander Moissi. Vedette du muet allemand Albert Bassermann brise le tabou du passage au cinéma dès 1912, où il aborde librement le thème de Docteur Jekyll et Mister Hyde dans L’Autre de Max Mack. Il cesse d’être un membre permanent d’une troupe de théâtre et se produit dans des représentations ponctuelles et des tournées dans Wallenstein et le roi Philippe, Othello ou Le roi Lear, des performances brillantes saluées par la critique de son époque. Au cinéma, il partage l’affiche avec son épouse Elisabeth Sara Schiff qui se produit sous le nom d’Else Bassermann. Brillante actrice, elle est également une scénariste très active et le couple accumule les succès dans Les Fils du Comte Dossy, Masques ou Maître et Valet. Il incarne un vieillard courtisant la petite fille de son intendant (Henny Porten) dans Le Sacrifice d’une Femme, le pape Alexandre VI dans Lucrèce Borgia, le docteur Schoen dans Loulou aux côtés d’Asta Nielsen, le devin troyen Aisakos dans Hélène de Troie et Hudson Lowe dans Napoléon à Sainte-Hélène avec Werner Krauss. Il tourne sa dernière œuvre muette importante, Mademoiselle Else de Paul Czinner où il joue l’oncle fauché d’Elisabeth Bergner. Contraint à l'exil Rompu à la scène, Allbert Bassermann passe sans dommage l’écueil du parlant avec deux œuvres balbutiantes mais prestigieuses L'Affaire Dreyfus de Richard Oswald dans lequel il interprète le colonel Picquart qui tente d’innocenter Alfred Dreyfus, incarné par Fritz Kortner et Mandragore toujours de Richard Oswald où il est le scientifique sans scupules Ten Brinken qui élève Alraune alias Brigitte Helm née par insémination artificielle. Il connaît ses premiers succès avec Autour de l’Enquête de Robert Siodmak et Jeunes Gens de Georg Jacoby. Il est monsieur Brun rebaptisé Piquoiseau dans Zum goldenen Anker, l'adaptation allemande de Marius. Lorsque les nazis accèdent au pouvoir en 1933, il participe à la première de Schlageter d’Hanns Johst, le jour de l'anniversaire d'Hitler. Il tourne la même année le film d’espionnage Un certain monsieur Gran avec Hans Albers. L’année suivante, il se voit refuser la présence d’Else Bassermann à Leipzig en raison de ses origines juives. Furieux, Albert démissionne de l’Association des artistes de scène et se retire avec son épouse en Suisse. Des officiers et des médecins à Hollywood Peu après, Albert Bassermann, âgé de 67 ans, choisit l’exil d'abord à Vienne puis aux États-Unis. Formidable acteur de composition, il trouve rapidement du travail comme officier allemand ou vieux docteur. Il est Robert Koch dans La Balle magique du docteur Ehrlich de Wilhelm Dieterle, Ludwig von Beethoven dans Rêve d’Amour, et surtout l’homme politique néerlandais dans Correspondant 17 d’Alfred Hitchcock et le rôle principal de J’étais un Criminel de Richard Oswald. Son dernier rôle est celui de l'excentrique décorateur Sergei Ratov dans Les Chaussons rouges de Powell et Pressburger. Après la guerre, il reprend ses activités théâtrales au Deutsches Theater Berlin, au Volkstheater de Vienne et au Schauspielhaus de Zurich. En 1951, il célèbre la réouverture du Schiller Theater de Berlin et interprète Nathan le Sage. Le 15 mai 1952, Albert Bassermann succombe à une crise cardiaque lors d'un vol entre New York et Zurich. Il avait 85 ans. Son épouse, Else est décédée à Baden-Baden, le 30 mai 1961. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Robert Siodmak |
1913 : L'Autre (Der Andere) de Max Mack 1913 : Le dernier Jour (Der letzte Tag) de Max Mack 1913 : Le Roi (Der König) de Max Mack 1914 : Le Jugement du Docteur (Urteil des Arztes) de Max Mack 1917 : Du sollst keine anderen Götter haben d’Adolf Gärtner 1917 : La Volonté de Fer (Der eiserne Wille) d’Adolf Gärtner 1917 : Maître et Valet (Herr und Diener) d’Adolf Gärtner 1918 : Père et Fils (Vater und Sohn) de William Wauer 1918 : Les Frères de Zaarden (Die Brüder von Zaarden) de William Wauer 1918 : Docteur Schotte (Dr Schotte) de William Wauer 1918 : Lorenzo Burghardt de William Wauer 1919 : L’Œuvre de sa vie (Das Werk seines Lebens) d’Adolf Gärtner 1919 : Une Heure faible (Eine Schwache Stunde) d’Adolf Gärtner 1919 : Le Dernier Témoin (Der letzte Zeuge) d’Adolf Gärtner 1920 : La Duplicité des Événements (Die Duplizität der Ereignisse) d’Adolf Gärtner 1920 : La Voix (Die Stimme) d’Adolf Gärtner 1920 : Les Fils du Comte Dossy (Die Söhne des Grafen Dossy) d’Adolf Gärtner 1920 : Les Masques (Masken) de William Wauer 1920 : Les Poupées de la Mort (Puppen des Todes) de Reinhard Brück 1921 : Docteur pour Dames (Der Frauenarzt) de Reinhard Brück 1921 : Les Nuits de Corélis Brouwer (Die Nächte des Corelis Brouwer) de Reinhard Brück 1921 : Pays en Feu (Brennendes Land) d’Heinz Herald 1921 : Le petit Dagmar (Die kleine Dagmar) d’Alfred Halm 1922 : Le Sacrifice d’une Femme (Frauenopfer) de Karl Grüne 1922 : La Femme du Pharaon (Das Weib des Pharao) d'Ernst Lubitsch 1922 : Lucrèce Borgia (Lucrezia Borgia) de Richard Oswald 1922 : L'Homme au Masque de fer (Der Mann mit der eisernen maske) de Max Glass 1923 : Loulou (Erdgeist) de Leopold Jessner 1923 : Christophe Colomb (Christoph Columbus) de Márton Garas 1923 : Le vieux Heidelberg (Alt Heidelberg) d’Hans Behrendt 1923 : L’Aventure d’une Nuit (Abenteuer einer Nacht) d’Harry Piel 1924 : Hélène de Troie (Helena) de Manfred Noa 1925 : Les Lettres qu’il ne reçut pas (Briefe, die ihn nicht erreichten) de Frederic Zelnik 1926 : Quand parle le Cœur de la Jeunesse (Wenn das Herz der Jugend spricht) de F. Sauer 1927 : Monsieur le Directeur Général (Der Herr Generaldirektor) de Fritz Wendhausen 1929 : Sainte-Hélène (Napoleon auf St. Helena) de Lupu Pick 1929 : Mademoiselle Else (Fräulein Else) de Paul Czinner 1930 : Mandragore (Alraune) de Richard Oswald 1930 : Dreyfus (Dreyfus) de Richard Oswald 1931 : Autour d'une enquête (Voruntersuchung) de Robert Siodmak 1931 : 1914, fleurs meurtries (1914, die letzten Tage vor dem Weltbrand) de Richard Oswald 1931 : Les Dangers de l’Amour (Gefahren der Liebe) d’Eugen Thiele 1931 : Jeunes Gens sous l’Uniforme (Kadetten) de Georg Jacoby 1932 : Zum goldenen Anker d’Alexander Korda 1933 : Un certain monsieur Gran (Ein gewissen herr Gran) de Gerhard Lamprecht 1935 : Dernier Amour (Letzte LIebe) de Fritz Schulz 1938 : Le Héros de la Marne ou La Famille Lefrançois d'André Hugon 1940 : Knute Rockne, All American de Lloyd Bacon 1940 : Correspondant 17 (Foreign Correspondent) d'Alfred Hitchcock 1940 : La Balle magique du Docteur Ehrlich (Dr. Ehrlich's Magic Bullett) de William Dieterle 1940 : Une dépêche Reuter (A Dispatch from Reuters) de William Dieterle 1940 : Évasion (Escape) de Mervyn LeRoy 1940 : Nuits Birmanes (Moon over Burma) de Louis King 1941 : Il était une fois (A Woman's Face) de George Cukor 1941 : Rêve d’Amour (New Wine) de Reinhold Schünzel 1941 : Shanghaï (The Shanghai Gesture) de Josef von Sternberg 1942 : Le Meurtrier s'est échappé (Fly-by-Night) de Robert Siodmak 1942 : Sabotage à Berlin (Desperate Journey) de Raoul Walsh 1942 : The Moon and Sixpence d’Albert Lewin 1942 : L'Agent invisible contre la Gestapo (Invisible Agent) d'Edwin L. Marin 1942 : Lune de miel mouvementée (Once upon a Honeymoon) de Leo McCarey 1942 : Quelque part en France (Reunion in France) de Jules Dassin 1942 : Good Luck, Mr Yates de Ray Enright 1943 : Madame Curie (Madame Curie) de Mervyn LeRoy 1944 : Depuis ton départ (Since you went away) de John Cromwell 1945 : Rhapsodie en bleu (Rhapsody in Blue) d'Irving Rapper 1945 : J’étais un Criminel (I was a Criminal) de Richard Oswald 1946 : Strange Holiday d’Arch Oboler 1946 : Un Fils accuse (The Searching Wind) de William Dieterle 1947 : Bel-Ami (The Private Affairs of Bel Ami) d'Albert Lewin 1947 : Escape Me Never de Peter Godfrey 1948 : Les Chaussons rouges (The Red Shoes) de Michael Powell et Emeric Pressburger Filmographie d'Albert BASSERMANN | |
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