Emil JANNINGS | ||
Acteur allemand | ||
Vedette incontournable du cinéma européen des années vingt, Emil Jannings fait partie des plus grands artistes allemands de tous les temps. Massif et démonstratif, il atteint des sommets en remportant l'Oscar du meilleur acteur en 1929, jusqu’à ce que son soutien au Troisième Reich mette un terme à sa carrière. Theodor Friedrich Emil Janenz voit le jour à Roschach en Suisse le 23 juillet 1884. Ses parents sont fabriquants d’ustensiles ménagers et il a un frère aîné Werner. Il fugue du domicile parental pour s’engager dans la marine où il est aide-cuisinier sur un bateau mais son père le contraint à rejoindre le nid familial. Revenu en Allemagne, il devient acteur itinérant. A partir de 1901, sous le nom de Baumann, il joue dans différents théâtres allemands. Werner Kraus le remarque en 1906 et le présente à Max Reinhardt qui l’engage au Deutsches Theater où il campe un extraordinaire Roi Lear. En 1914, il est engagé par le Künstlertheater de Berlin et débute au cinéma dans des rôles mineurs, un moyen pour lui de gagner facilement de l’argent. Revendiquant ses origines américaines par son père, il change son nom pour Jannings. Il épouse l’actrice Lucie Höfflich, puis Hanna Ralph en 1919. Le cinéma de Lubitsch Dans les années vingt, il devient le plus important acteur de la République de Weimar. Robert Wiene lui donne son premier grand rôle dans Fromont jeune et Risler aîné aux côtés d’Erna Morena. Son jeu assez lourd de nature, mais efficace, trouve son emploi dans des personnages historiques sous la direction de Dimitri Buchowetsky (Danton, Pierre le grand) et de son ancien camarade Ernst Lubitsch (La femme du pharaon, Anne Boleyn, Madame du Barry). Il s’illustre aussi dans le cinéma expressionniste aux côtés de Conrad Veidt et Werner Krauss dans Le cabinet des figures de cire de Paul Leni et dans des adaptations théâtrales comme Les Frères Karamazov ou Othello. Le cinéma de Murnau Acteur caméléon, son interprétation dans Le dernier des hommes de Friedrich Wilhelm Murnau est magistrale. Il est le plus grand acteur européen, et Hollywood s’intéresse alors à son talent. Il s’adapte à tous les genres comme les comédies Tout pour l’argent ou À qui la faute? ou les drames comme Variété d’Ewald André Dupont. Après les triomphes de Faust et de Tartuffe, toujours de Murnau, Emil Jannings rejoint les États-Unis en 1926. Cette année-là, il publie plusieurs ouvrages autobiographiques comme Wie ich zum Film kam (Comment je suis venu au cinéma). Il passe un contrat de trois ans avec la Paramount et tourne six films dont Le crépuscule de la gloire de Sternberg, La Rue du Péché de Mauritz Stiller et Quand la chair succombe de Victor Fleming, tous trois de 1927. Grâce à ses interprétations, il devient le premier acteur à obtenir un Oscar lors de la cérémonie de 1929. Star planétaire, il est alors au sommet de la popularité. Cependant, l’arrivée du cinéma parlant menace sa carrière américaine. Son fort accent germanique… n’y est pas étranger! Il décide donc de retourner en Allemagne au terme de son contrat hollywoodien. Le professeur Ulrath En 1930, il campe le professeur d’anglais transi d’amour pour Marlene Dietrich dans le film mythique L’ange bleu réalisé par Josef von Sternberg. Cette production est un triomphe critique et public, et Jannings conforte ainsi son statut de superstar. En 1933, avec la prise du pouvoir par le National Socialisme, l’immense artiste qu’il est devenu, offre son art au service du régime. Acteur favori d’Adolf Hitler, il joue dans tous les grands films de propagande, parmi lesquels Crépuscule de Veit Harlan, La lutte héroïque d’Hans Steinhoff et Le président Kruger toujours de Steinhoff. Il revient à l’interprétation de personnages historiques dans Les Aventures du roi Pausole d’Alexei Granowski. Au service du Reich Emil Jannings est honoré de L’Aigle Impérial en 1938, la plus haute récompense culturelle du régime nazi. En 1941, Joseph Goebbels le nomme acteur d’État et le place à la tête de la Tobis, la société de production allemande. Après la capitulation allemande en 1945, Emil Jannings doit subir les foudres de la dénazification. Inscrit sur la liste noire avec son camarade Heinrich George, il est condamné pour ses activités artistiques pendant le troisième Reich. Il lui est désormais interdit de pratiquer son art. Emil Jannings se retire définitivement du monde du spectacle et se convertit au catholicisme. Il vit dans la dévotion et obtient la nationalité autrichienne en 1946. Il meurt d’un cancer, le 2 janvier 1950, dans sa propriété de Wolfgansee auprès de sa 3e épouse Gussy Hall épousée en 1923. FILMOGRAPHIE : | ||
Avec J. von Sternberg, George Bancroft et S. M. Eisenstein |
1914 : Im Schützengraben (de) de Walter Schmidthässler 1914 : Fromont jeune et Risler aîné (Arme Eva) de Robert Wiene 1914 : Dans les Tranchées (Im Schützengraben) de Walter Shcmidthässler 1915 : Passionels Tagebuch de Louis Ralph 1915 : Klingendes Leben de Felix Basch 1915 : Unheilbar d’Emerich Hanus 1916 : Stein unter Steinen de Felix Basch (court-métrage) 1916 : Der Morphinist de Louis Ralph 1916 : Der Zehnte Pavillon der Zitadelle de Danny Kaden 1916 : Aus Mangel an Beweisen d’Edmund Edel 1916 : Im Angesicht des Toten (de) de Walter Schmidthässler 1916 : Das Leben ein Traum de Robert Wiene et Conrad Wiene (cm) 1917 : Le Mariage de Louise Rohrbach (Die Ehe der Luise Rohrbach) de Rudolf Biebrach 1917 : Nuit d’horreur (Nächte des Grauens) de Richard Oswald et Arthur Robison 1917 : Die Bettlerin von St. Marien d’Alfred Halm 1917 : Hoheit Radieschen de Danny Kaden (court-métrage) 1917 : Quand quatre font la même chose (Wenn vier dasselbe tun) d’Ernst Lubitsch (cm) 1917 : Gesühnte Schuld de ? (cm) 1917 : L’Anneau de Giuditta Foscari (Der Ring der Giuditta Foscari) d’Alfred Halm 1917 : La Joyeuse Prison (Das fidele Gefängnis) d’Ernst Lubitsch 1917 : Madame Eva (Frau Eva) d’Artur Berger et Robert Wiene 1917 : Lulu d’Alexander von Antalffy 1917 : Die Seeschlacht de Richard Oswald 1917 : Das Geschäft d’Ernst Reicher 1918 : Nach zwanzig Jahren de Willy Zeyn (court-métrage) 1918 : Les Yeux de la momie (Die Augen der Mumie Ma) d’Ernst Lubitsch 1918 : Fuhrmann Henschel d’Ernst Lubitsch 1919 : Keimendes Leben de Georg Jacoby (film en 3 parties) 1919 : Der Mann der Tat de Victor Janson 1919 : Die Tochter des Mehemed d’Alfred Halm 1919 : Vendetta de Georg Jacoby 1919 : Passion (Madame Dubarry) d’Ernst Lubitsch 1919 : Rose Bernd d’Alfred Halm 1920 : Les Filles de Kohlhiesel (Kohlhiesels Töchter) d’Ernst Lubitsch 1920 : Das große Licht de Hanna Henning 1920 : Algol (Algol - Tragödie der Macht) de Hans Werckmeister 1920 : Les Frères Karamazov (Die Brüder Karamasoff) de Dimitri Buchowetzki 1920 : Le Crâne de la Fille du Pharaon (Der Schädel der Pharaonentochter) d’Otz Tollen 1920 : Anne Boleyn (Anna Boleyn) d’Ernst Lubitsch 1920 : Colombine de Martin Hartwig 1921 : Der Stier von Olivera d’Erich Schönfelder 1921 : Danton (Danton) de Dimitri Buchowetzki 1921 : Der Schwur des Peter Hergatz d’Alfred Halm 1921 : Les Rats (Die Ratten) de Hanns Kobe 1922 : La Femme du pharaon (Das Weib des Pharao) d’Ernst Lubitsch 1922 : Othello (Othello) de Dimitri Buchowetzki 1922 : Pierre le Grand (Peter der Große) de Dimitri Buchowetzki 1923 : La Tragédie de l’Amour (Tragödie der Liebe) de Joe May 1923 : Tout pour l'Argent (Alles für Geld) de Reinhold Schünzel 1924 : Le Cabinet des figures de cire (Das Wachsfigurenkabinett) de Paul Leni et Leo Birinski 1924 : À qui la faute ? (Nju - Eine unverstandene Frau) de Paul Czinner 1924 : Le Dernier des hommes (Der Letzte Mann) de Friedrich Wilhelm Murnau 1924 : Quo Vadis ? (Quo Vadis ?) de Gabriellino D’Annunzio et Georg Jacoby 1925 : L'Amour aveugle (Liebe macht blind) de Lothar Mendes 1925 : Variétés (Variete) d’Ewald André Dupont 1925 : Tartuffe (Herr Tartüff) de Friedrich Wilhelm Murnau 1926 : Faust (Faust, eine deutsche Volkssage) de Friedrich Wilhelm Murnau 1927 : Quand la chair succombe (The Way of All Flesh) de Victor Fleming 1928 : Crépuscule de gloire (The Last Command) de Josef von Sternberg 1928 : La Rue des péchés (Street of Sin) de Mauritz Stiller et Ludwig Berger 1928 : Le Patriote (The Patriot) d’Ernst Lubitsch 1928 : Les Fautes d’un père (Sins of the Fathers) de Ludwig Berger 1929 : Mensonges (Betrayal) de Lewis Milestone 1929 : Du sollst nicht töten de Fritz Hofbauer 1930 : L’Ange bleu (Der blaue Engel) de Josef von Sternberg 1930 : The Blue Angel de Josef von Sternberg 1930 : Aimé des dieux (Liebling der Götter) de Hanns Schwarz 1932 : Tumultes (Stürme der Leidenschaft) de Robert Siodmak 1933 : The Merry Monarch d’Alexis Granowsky 1933 : Les Aventures du Roi Pausole (Die Abenteuer des Königs Pausole) d’Alexis Granowsky 1934 : La Baleine noire (Der schwarze Walfisch) de Fritz Wendhausen 1935 : Les Deux Rois (Der Alte und der junge König) de Hans Steinhoff 1936 : Les Vaincus (Traumulus) de Carl Froelich 1937 : Crépuscule (Der Herrscher) de Veit Harlan 1937 : La Cruche cassée (Der Zerbrochene Krug) de Gustav Ucicky 1939 : La Lutte héroïque (Robert Koch, der Bekämpfer des Todes) de Hans Steinhoff 1939 : Der letzte Appell de Max W. Kimmich 1941 : Le Président Krüger (Ohm Krüger) de Hans Steinhoff 1942 : L’Abdication (Die Entlassung) de Wolfgang Liebeneiner 1943 : Jeune fille sans famille (Altes Herz wird wieder jung) d’Erich Engel 1945 : Où est monsieur Belling ? (Wo ist Herr Belling?) d’Erich Engel (inachevé) Filmographie d'Emil JANNINGS | |
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