John HUSTON
 Acteur, scénariste et réalisateur américain
À la fois aventurier, joueur, peintre, scénariste, collectionneur d’art, écrivain, boxeur, militaire, réalisateur et acteur, John Huston a eu cent vies pendant ses quatre-vingt un ans d’existence. Cinéaste de légende, il s’est amusé à faire l’acteur dans les dernières années de sa vie avec une belle présence et une grande autorité.
John Marcellus Huston, né à Nevada dans le Missouri, le 5 août 1906, est l'enfant unique du comédien Walter Huston et de la journaliste Rhea Gore. À 12 ans le jeune John est diagnostiqué comme étant atteint de la maladie de Bright, et souffrant d'une hypertrophie cardiaque. Envoyé dans un sanatorium, il parvient à vaincre miraculeusement sa maladie après avoir plongé dans un fleuve glacé.
Débuts comme scénariste
John Huston intègre une école militaire puis apprend la boxe à l’école Lincoln Heights à Los Angeles. Il quitte l’école à 15 ans. Boxeur amateur dans la catégorie des poids légers, il fait de la figuration dans deux films de William Wyler et écrit le scénario de Law and Order d’Edward L. Cahn en 1930. En 1933, il fauche la femme d’un acteur brésilien avec sa voiture qu’il conduit en état d’ivresse. Grâce à son père, il évite la prison mais s’exile en Europe. Il revient à Hollywood et signe les scénarios d’une dizaine de films de William Wyler, William Dieterle et Howard Hawks. Il se lie d’amitié avec Humphrey Bogart sur La Grande Évasion de Raoul Walsh.
Passage à la réalisation
En 1941, John Huston passe à la réalisation avec la troisième adaptation du roman de Dashiell Hammett, Le Faucon maltais, un des sommets du film noir. C’est le début d’une liste d'une quarantaine d’œuvres importantes qui font de Huston un des géants d’Hollywood. Outre les cinq chefs-d’œuvre avec Humphrey Bogart, il s’illustre dans le film de guerre (Les Insurgés), le western (La Charge Victorieuse, Le Vent de la Plaine, Les Désaxés), l’aventure exotique (African Queen, Les Racines du Ciel, La Nuit de l’Iguane, L’Homme qui voulut être roi), des drames psychologiques (Reflets dans un œil d’or, Promenade avec l’amour et la mort) et des polars (Le Piège, L’Honneur des Prizzi). Ses thématiques abordent toujours la théorie de l’échec du héros mais exalte l’esprit d’aventure, le seul à valoir d’être vécu. Ses sources d’inspirations vont d’Hemingway à Herman Melville.
Le patriarche à la grande gueule
Présent dans des rôles secondaires dans ses propres films comme l’Américain au costume blanc dans Le Trésor de la Sierra Madre, Noé dans La Bible, M dans Casino Royale, l’amiral dans La Lettre du Kremlin ou le grand-père dans Le Malin, il démarre véritablement une carrière d’acteur en 1963 avec le rôle du cardinal Glennon dans Le Cardinal d’Otto Preminger. Avec sa barbe bien fournie, il incarne des personnages pittoresques comme l’abbé de Sade dans Le Divin Marquis de Sade, l’oncle à héritage Buck Loner de la transexuelle Raquel Welch dans l’extravagant Myra Breckinridge de Michael Sarne, le capitaine Henry dans Le Convoi Sauvage, Noah Cross, le père de Faye Dunaway dans Chinatown, le secrétaire d’État John Hay dans Le Lion et le Vent et Jerzy Colsowicz dans le film d’horreur italo-américain Le Visiteur maléfique de Giulio Paradisi. Il tient le rôle principal de De l’autre côté du vent qu’Orson Welles mettra vingt ans à réaliser et qui ne sera projeté qu’en 2018.
Une fin de carrière en dents de scie
Dans les années suivantes, John Huston se plaît à interpréter des films de séries B sans grande valeur comme Le Mystère du Triangle des Bermudes ou Tentacules. Ses réalisations sont également mineures comme le démontrent Phobie, un thriller avec Paul-Michael Glaeser, À nous la Victoire avec Sylvester Stallone et Pelé ou Annie, sa seule comédie musicale. Il retrouve un ton plus personnel avec l’adaptatoin d’Au-dessous du Volcan de Malcolm Lowry avec Albert Finney, L’Honneur des Prizzi, thriller satirique avec Jack Nicholson et Kathleen Turner et le dernier film, l’intimiste Les Gens de Dublin, adapté d’une nouvelle de James Joyce qui rend hommage à sa terre d’origine, l’Irlande dans laquelle il a vécu pendant les années cinquante. Àgé de plus de 80 ans, il est atteint d’emphysème et termine le film peu avant son décès sous assistance respiratoire. L’acteur-cinéaste a eu quatre enfants avec différentes femmes. Il n’eut pas d’enfants de ses deux premiers mariages avec Dorothy Harvey de 1926 à 1933 et Edith Black de 1937 à 1945. Pendant sa brève union avec Evelyn Keyes entre 1946 et 1950, il adopte un enfant mexicain, Pablo. Avec Enrica Soma, il a eu Tony Huston en 1950 et Anjelica Huston, actrice et réalisatrice en 1951. Avec l’actrice Zoe Sallis, il a eu Danny Huston en 1962. La fille de Rickie Soma, Allegra née en 1964 se produit sous le nom d’Allegra Huston. John Huston est décédé d’une pneumonie, le 28 août 1987 à Middletown dans le Rhode Island.


FILMOGRAPHIE :

Avec Anjelica Huston
1929 : L’École du Courage (The Shakedown) de William Wyler
1929 : Far West (Hell’s Heroes) de William Wyler
1948 : Le Trésor de la Sierra Madre (The Treasure of the Sierra Madre) de John Huston
1949 : Les Insurgés (We were Strangers) de John Huston
1951 : La Charges victorieuse (The Red Badge of Courage) de John Huston
1963 : Le Dernier de la Liste (The List of Adrian Messenger) de John Huston
1963 : Le Cardinal (The Cardinal) d'Otto Preminger
1966 : La Bible (The Bible) de John Huston
1967 : Casino Royale (Casino Royale) de John Huston
1968 : Candy (Candy) de Christian Marquand
1969 : Promenade avec l'amour et la mort (A Walk with Love and Death) de John Huston
1969 : Le Divin Marquis de Sade (De Sade) de Cy Endfield
1970 : La Lettre du Kremlin (The Kremlin Letter) de John Huston
1970 : Myra Breckinridge (Myra Breckinridge) de Michael Sarne
1970 : De l'autre côté du vent (The other side of the wind) d'Orson Welles
1970 : Les Dynamiteros (The Deserter) de Burt Kennedy
1971 : Le Convoi sauvage (Man In The Wilderness) de Richard C. Sarafian
1971 : Le Pont dans la Jungle (The Bridge in the Jungle) de Pancho Kohner
1972 : Juge et Hors-la-loi (The Life and Times of Judge Roy Bean) de John Huston
1973 : La Bataille de la planète des singes (Battle for the Planets of the Apes) J. Lee Thompson
1974 : Chinatown (Chinatown) de Roman Polanski
1975 : L’Évadé (Breakout) de Tom Gries
1975 : Le Lion et le Vent (The Wind and the Lion) de John Milius
1976 : Sherlock Holmes à New York (Sherlock Holmes in New York) de Boris Sagal (tv)
1977 : Tentacules (Tentacles) d’Ovidio G. Assonitis
1978 : La grande Bataille (Il grande attacco) d’Umberto Lenzi
1978 : Le Mystère du Triangle des Bermudes (The Bermuda Triangle) de René Cardona Jr.
1978 : Angela (Angela) de Boris Sagal
1979 : Qui a tué le président ? (Winter Kills) de William Richert
1979 : Le Visiteur maléfique (Stridulum) de Giulio Paradisi
1979 : Le Malin (Wise Blood) de John Huston
1979 : Nom de code : Jaguar (Jaguar Lives !) d’Ernest Pintoff
1980 : Fatale Attraction (Head On) de Michael Grant
1982 : Annie (Annie) de John Huston
1983 : Lovesick (Lovesick) de Marshall Brickman
1985 : A Minor Miracle de Terrell Tannen
1986 : Momo (Momo) de Johannes Schaaf
1987 : Mister Corbett’s Ghost de Danny Huston (tv)


Filmographie de John HUSTON
 
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