Valerie HOBSON
 Actrice britannique
Ses bonnes manières et son maintien aristocratique ont fait de Valerie Hobson l'un des fleurons du cinéma britannique. Il était difficile d'imaginer que cette femme élégante et grande actrice de théâtre et de cinéma puisse être au cœur du plus grand scandale que l’Angleterre puritaine ait pu connaître.
Fille d’un officier de marine de Sa Gracieuse Majesté, la jeune Valerie voit le jour à Larne en Irlande, le 14 avril 1917. Elle dirige ses tous premiers pas vers la danse classique. Mais le théâtre a raison de ses jeunes ambitions, lui permettant en outre d’attirer l’attention d’un talent scout de la Universal et de décrocher, à 16 ans un contrat inespéré.
L'aventure hollywoodienne
Ses premières apparitions sur les écrans nationaux, en vedette dès son troisième film Badger’s Green, sont suffisamment convaincantes pour que la compagnie l’envoie en Amérique rejoindre quelques uns de ses compatriotes l’y ayant précédée. C’est ainsi qu’à 17 ans, notre jouvencelle débarque à Hollywood, vivant un conte de fées à faire pâlir nombre de demoiselles jusque de nos jours ! Hélas, sa première contribution au cinéma dans Great Expectations est coupée au montage. C’est à La Universal spécialisée dans les films mystérieux et fantastiques que notre demoiselle ne tarde pourtant pas à se faire remarquer. Ainsi elle subit les vilénies de Claude Rains dans Mystery of Edwin Drood puis la jolie Valerie se voit offrir l’opportunité de remplacer Mae Clarke, dans le deuxième volet consacré au monstre imaginé par Mary Shelley La fiancée de Frankenstein. On la retrouve peu après entre les pattes du loup-garou dans Le monstre de Londres. S’ensuivirent quelques travaux de moindre importance comme Chinatown Squad ou Tugboat Princess qui font surgir en elle le désir de retourner sous les cieux plus certains, bien que davantage embrumés, de la mère patrie. C’est pour mieux y retomber sous la direction d’un Yankee déjà bien reconnu, Raoul Walsh, qui, de passage à Londres, la fait accuser de meurtre dans Les deux Aventuriers.
Vedette chez Korda
À 19 ans, Valerie Hobson devient alors l’une des actrices en vogue du cinéma britannique appauvri il est vrai par l’appel de l’Oncle Sam que les meilleurs réalisateurs sauront utiliser à bon escient. Zoltan Korda en fait la partenaire du jeune Sabu dans Alerte aux Indes. Michael Powell laisse croire à ce méchant teuton de Conrad Veidt, alias L’espion noir que la belle roule pour la Germanie, avant d’inverser leurs rôles dans Espionne à bord. La guerre venue, partisane tchèque, elle seconde L’irrésistible Tartu dans ses actions de sabotage. Devenue l’épouse du producteur Anthon Havelock-Allan en 1939, Valerie Hobson interrompt sa carrière pour s’occuper de leur premier enfant, Simon, né en 1944 et affecté du syndrome de Down (mongolisme). Après la naissance de leur second fils, Mark en 1951, le couple devait finir par divorcer en 1952. L’actrice réapparaît sur les écrans en 1946 dans une œuvre purement britannique de Compton Bennet, The Years Between, l’histoire d’une jeune veuve s’apprêtant à convoler en secondes noces avant que son défunt époux ne fasse sa réapparition. Peu après, David Lean lui propose d’incarner l’Estella adulte des Grandes espérances, rôle qui devait constituer son titre de gloire. Mystérieuse, troublante, élancée, le port aristocratique, Valerie Hobson illumine de toute la hauteur de son regard majestueux ce fleuron de l’humour noir britannique que constitue Noblesse oblige en veuve de l’une des huit victimes campées par Alec Guinness.
L’affaire Profumo
Après avoir donné dans le drame passionnel sous le masque de Blanche Fury de Marc Allégret, l’actrice tourne son dernier film avec un autre français, René Clément, devenant une des victimes de Gérard Philipe, bourreau des cœurs au visage faussement angélique dans Monsieur Ripois. En 1954, Valerie Hobson met un terme à sa carrière cinématographique pour épouser un membre du parlement britannique, John Profumo, dont elle aura un fils, David en 1955. On reparlera d’elle en 1963 lorsque son conjoint sera placé au centre d’un scandale aux parfums d’espionnage et d’adultère, partageant sa maîtresse, Christine Keeler, avec un attaché de l’ambassade soviétique en poste dans la capitale. L’épouse bafouée n’en soutiendra pas moins son mari volage jusqu’à ce que mort s’ensuive, ce qui adviendra à Londres, le 13 septembre 1998, lorque son cœur si souvent chahuté ne résistera pas à une dernière crise.


FILMOGRAPHIE :

Avec Noel Coward
1932 : His Lordeship de Michael Powell
1933 : For Love of you de Carmine Gallone
1933 : Eyes of Fate d’Ivar Campbell
1933 : The Path of Glory de Dallas Bower
1934 : Deux cœurs, une valse (Two Hearts in Waltz Time) de Carmine Gallone & Joe May
1934 : Badger’s Green d’Adrian Brunel
1934 : Une famille collante (Strange Wives) de Richard Thorpe
1934 : Life returns d’Eugene Frenke & James P. Hogan
1934 : Le mystère d’Edwin Drood (The Mystery of Edwin Drood) de Stuart Walker
1934 : Rendezvous at Midnight de Christy Cabanne
1934 : Oh ! what a night ! de Frank Richardson
1935 : La Fiancée de Frankenstein (Bride of Frankenstein) de James Whale
1935 : Le Loup-garou de Londres (Werewolf of London) de Stuart Walker
1935 : Quartier Chinois (Chinatown Squad) de Murray Roth
1935 : The great Impersonation d’Alan Crosland
1935 : August Weekend de Charles Lamont
1936 : Le Secret de Stamboul (Secret of Stamboul) d’Andrew Marton
1936 : Tugboat Princess de David Selman
1936 : No Escape de Norman Lee
1936 : Les deux Aventuriers (Jump for Glory) de Raoul Walsh
1937 : Alerte aux Indes (The Drum) de Zoltan Korda
1938 : This Man in News de David MacDonald
1938 : This Man in Paris de David MacDonald
1938 : Armes secrètes (Q Planes) de Tim Whelan & Arthur B. Woods
1938 : La Bataille silencieuse (The Silent Battle) d’Herbert Mason
1939 : L’espion noir (The Spy in black / U boat 29) de Michael Powell
1939 : Espionne à bord (Contraband) de Michael Powell
1940 : Atlantic Ferry de Walter Forde
1941 : Unpublished story d’Harold French
1943 : L’irrésistible Tartu (Adventures of Tartu) d’Harold S. Bucquet
1946 : The Years Between de Compton Bennett
1946 : Les grandes Espérances (Great Expectations) de David Lean
1947 : Jusqu’à ce que Mort s’en suive (Blanche Fury) de Marc Allégret
1948 : Heures d’angoisse (The Small Voice) de Burgess & Fergus McDonnell
1948 : Noblesse oblige (Kind, Hearts and Coronets) de Robert Hamer
1949 : Train du Destin (Train of Events) de Charles Crichton
1949 : The Rocking Horse Winner d’Anthony Pelissier
1949 : Voyage interrompu (The Interrupted Journey) de Daniel Birt
1951 : Trois Dames et un as (The Card) de Ronald Neame
1952 : The Passionate Sentry d’Anthony Kimmins
1952 : Meet me tonight d’Anthony Pelissier
1952 : The Voice of Merrill de John Gilling
1953 : Background de Daniel Birt
1954 : Monsieur Ripois de René Clément


Filmographie de Valerie HOBSON
 
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