Joan FONTAINE
 Actrice américaine d'origine anglaise
Avec une silhouette gracile, un visage ingénu, un certain sourire et un regard qui hésite entre l’étonnement et la stupeur, Joan Fontaine n’est pas vraiment la beauté fatale qui triomphe à Hollywood dans les années 1930-1940. Mais l’actrice saura faire de sa fragilité sa force.
De son vrai nom Joan de Beauvoir de Havilland, et bien qu’Anglaise, elle est née à Tokyo en 1917, une folie de son père, avocat d’affaires et gentleman excentrique. Elle est la sœur cadette d’une autre actrice promise à la célébrité, Olivia de Havilland. Sans doute pour se distinguer, elle prend le pseudonyme de Joan Fontaine, du nom du deuxième mari de sa mère, Lilian Fontaine, honnête actrice qui jouera le rôle de la mère de Jane Wyman dans Le Poison de Billy Wilder.
Quand elle débute au théâtre, en Californie, au début des années 30, la jeune Joan choisit un autre pseudo, celui de Joan Burfield. Elle est vite remarquée et engagée à Hollywood, mais n’y joue pendant longtemps que dans des séries B. Alors que sa sœur triomphe déjà dans des films de légende avec Errol Flynn, dirigés par Michael Curtiz ou Raoul Walsh, elle apparaît dans la jolie comédie musicale de George Stevens Demoiselle en détresse et dans Femmes, parangon de misogynie amoureuse dirigé par George Cukor.
Rebecca et Soupçons
Adoptant le nom de Joan Fontaine et la nationalité américaine, en 1940, elle a la chance d’obtenir la confiance du producteur David O. Selznick puis d’Alfred Hitchcock, qui s’est pour l’occasion soumis au désir de son producteur pour son premier rôle marquant, celui de la seconde madame de Winter dans Rebecca, adaptation réussie du roman de Daphne Du Maurier. Joan Fontaine y est étonnante en victime désignée et volontaire, jeune épouse écrasée par l’admiration et l’amour qu’elle porte à son mari, Maxim (Laurence Olivier), vite tyrannisée par madame Danvers l’effrayante gouvernante de la maison (Judith Anderson). Personne ne croit en ses qualités artistiques, et donc à son avenir. Cela ne l’empêchera pas d’être nominée pour l’oscar de la meilleure actrice, sans remporter la récompense. L’année suivante, Hitchcock la réembauche dans Soupçons. Elle y est Luna, l’épouse godiche et la proie du séducteur Johnny Aysgarth (Cary Grant), homme léger et, au fond, très inquiétant. Elle s’y révèle fantastique en femme amoureuse, grugée, déprimée et dévorée par le doute. Cette fois, c’est la bonne, elle remporte l’Oscar et sa carrière est lancée.
Des rôles triés sur le volet
Joan Fontaine ne trouvera cependant plus de films de cette envergure, à l’exception de son interprétation de Jane Eyre dans le même registre, de quelques films noirs comme Les Amants traqués avec Burt Lancaster ou Le Lit de Roses avec Robert Ryan et le notable Lettre d’une inconnue, évocation mélancolique et légère de Vienne qu’elle tourne en 1948 sous la direction de Max Ophüls. On doit encore signaler son rôle de Lady Rowena dans Ivanhoé de Richard Thorpe même si elle y est éclipsée par Elizabeth Taylor. Elle joue aussi, en 1956, dans L’Invraisemblable Vérité, brillante variation intellectuelle de Fritz Lang contre la peine de mort où elle tente de sauver son fiancé (Dana Andrews), journaliste en mal de notoriété qui s’est imprudemment accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis.
Les deux sœurs ennemies
Au début des années 60, Joan Fontaine retrouve Alfred Hitchcock dans le vingtième épisode de la série télé The Alfred Hitchcock Hour. C’est le début d’une éclipse irréversible qu’elle compense en composant quelques rôles au théâtre. Elle publie en 1979 un livre de souvenirs dont le titre, No Bed of Roses, laisse entendre que sa vie ne fut pas un rêve hollywoodien et que la concurrence avec sa sœur Olivia ne fut pas non plus très tendre. Elle déclara un jour, prémonitoire : «Je me suis mariée avant Olivia, j’ai remporté l’oscar avant elle et si je meurs la première, elle sera sans doute furieuse que je l’aie battue.» Mission accomplie, si on peut dire, puisque Joan Fontaine décède chez elle à Carmel, en Californie, à l’âge de 96 ans, tandis qu’Olivia a fêté ses cent ans le 1er juillet 2016. Joan Fontaine restera principalement comme une des actrices majeures du malicieux Alfred Hitchcock qui lui disait pourtant : « personne ne te trouvera bonne et personne ne dira du bien de toi, excepté moi »


FILMOGRAPHIE :

Avec Sam Wood
1935 : La Femme de sa vie (No more ladies) d’Edward H. Griffith et George Cukor
1937 : A Million to One de Lynn Shores
1937 : Pour un baiser (Quality street), de George Stevens
1937 : Un homme qui se retrouve (The Man Who Found Homself) de Lew Landers
1937 : You Can't Beat Love de Christy Cabanne
1937 : Musique pour madame (Music for Madame) de John G. Blystone
1937 : Une demoiselle en détresse (A Damsel in Distress) de George Stevens
1938 : Mademoiselle a disparu (Maid's Night Out) de Ben Holmes
1938 : Blond Cheat de Joseph Santley
1938 : Les Géants du ciel (Sky Giant) de Lew Landers
1938 : The Duke of West Point d’Alfred E. Green
1939 : Gunga Din (Gunga Din) de George Stevens
1939 : Man of Conquest de George Nichols Jr.
1939 : Femmes (The Women) de George Cukor
1940 : Rebecca (Rebecca) d’Alfred Hitchcock
1941 : Soupçons (Suspicion) d’Alfred Hitchcock
1942 : Âmes rebelles (This Above All) d’Anatole Litvak
1943 : Tessa, la nymphe au cœur fidèle (The Constant Nymph) d’Edmund Goulding
1944 : Jane Eyre (Jane Eyre) de Robert Stevenson
1944 : L'aventure vient de la mer (Frenchman's Creek) de Mitchell Leisen
1945 : Les Caprices de Suzanne (The Affairs of Susan), de William A. Seiter
1946 : Mariage moderne (From This Day Forward) de John Berry
1947 : Le Crime de Madame Lexton (Ivy) de Sam Wood
1948 : Lettre d’une inconnue (Letter from an Unknown Woman) de Max Ophüls
1948 : La Valse de l'empereur (The Emperor Waltz) de Billy Wilder
1948 : L'Extravagante Mlle Dee (You Gotta Stay Happy) d’H.C. Potter
1948 : Les Amants traqués (Kiss the Blood Off My Hands) de Norman Foster
1950 : Le Lit de Roses (Born to Be Bad) de Nicholas Ray
1950 : Les Amants de Capri (September Affair) de William Dieterle
1951 : La Part du Jeu (Darling, How Could You) de Mitchell Leisen
1952 : L'Ivresse et l'amour (Something to Live For) de George Stevens
1952 : Ivanhoé (Ivanhoe) de Richard Thorpe
1952 : Othello (Othello) d’Orson Welles
1953 : Pages galantes de Boccace (Decameron Nights) d’Hugo Fregonese
1953 : Vol sur Tanger (Flight to Tangier) de Charles Marquis Warren
1953 : Le Bigame (The Bigamist) d’Ida Lupino
1954 : La Grande Nuit de Casanova (Casanova's Big Night) de Norman Z. McLeod
1956 : Serenade (Serenade) d’Anthony Mann
1956 : L'Invraisemblable Vérité (Beyond a Reasonable Doubt) de Fritz Lang
1957 : Une île au soleil (Island in the Sun) de Robert Rossen
1957 : Femmes coupables (Until They Sail) de Robert Wise
1958 : Un certain sourire (A Certain Smile) de Jean Negulesco
1961 : Le Sous-marin de l'apocalypse (Voyage to the Bottom of the Sea) d’Irwin Allen
1962 : Tendre est la nuit (Tender Is the Night) d’Henry King
1966 : Pacte avec le diable (The Witches/ The Devil's Own) de Cyril Frankel

Télévision :
1953 : The Girl on the Park Bench d’Hal Walker
1955 : Trudy de Roy Kellino
1955 : The Shadowy Third de Robert Stevenson
1956 : Your Other Love de James Neilson
1956 : Stranger in the Night de Lewis Allen
1961 : The Light that Failed de Marc Daniels
1961 : Échec et mat (Checkmate, Voyage into Fear) de Jules Bricken
1963 : The Paragon (The Alfred Hitchcock Hour : the Paragon) de Jack Smight
1978 : The Users de Joseph Hardy
1980 : Ryan's Hope de Lela Swift
1986 : Dark Mansions de Jerry London
1994 : Good King Wenceslas de Michael Tuchner


Filmographie de Joan FONTAINE
 
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