| Albert FINNEY | ||
| Acteur et réalisateur britannique | ||
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Il est probablement un des acteurs les plus récompensés de sa génération, particulièrement pour ses prestations sur les planches, malgré le fait qu’il travaille sans agent ni manager. Car foncièrement indépendant, Albert Finney a toujours mené sa carrière selon ses envies, sans souci du box-office. Fils d’un bookmaker, Albert Finney est né à Salford, le 9 mai 1936. Il s’intéresse très tôt au théâtre et met en scène et interprète quinze pièces durant les cinq années qu’il passe au collège de Salford, sa ville natale. Il entre comme boursier à l’Académie Royale d’Art Dramatique (ARAD) de Londres, où il a Alan Bates et Peter O’Toole comme condisciples, et se fait remarquer notamment dans La Nuit des rois de William Shakespeare. Acteur shakespearien En 1956, il débute sur une scène professionnelle à Birmingham. Il joue Jules César, Macbeth, Antoine et Cléopâtre, Hamlet et Henri V de Shakespeare. Puis le monstre sacré Charles Laughton le fait débuter à Londres dans la pièce The Party. Ils se retrouvent en 1959 à l’occasion du centième anniversaire du Shakespeare Memorial Theatre à Stratford-upon-Avon dans Le Songe d’une nuit d’été, et, au cours de la même saison, il remplace Laurence Olivier, malade, dans Coriolan. Il a un petit rôle l’année suivante dans Le Cabotin, où Olivier tient le rôle principal dans une production de Tony Richardson, d’après la pièce de John Osborne. Laurence Olivier le proposera comme son successeur à la tête du National Theatre en 1972, prétextant une continuité filiale entre eux dans le but de barrer le chemin à Peter Hall, mais Finney déclinera. Une vedette indépendante Toujours en 1960, Albert est sacré meilleur acteur de l’année pour son rôle dans Samedi soir et dimanche matin réalisé par Karel Reisz, film manifeste du Free Cinema, l’équivalent britannique de la Nouvelle Vague française en plus engagé. Finney travaille dans le même temps pour le Royal Court, épicentre de l’avant-garde théâtrale. En 1961, l’acteur hors normes refuse le rôle de Laurence d’Arabie et un cachet de 100 000 dollars pour diriger une troupe théâtrale à Glasgow pour un salaire modique de vingt dollars par semaine... Immédiatement, Finney renâcle devant sa voie de star toute tracée. En 1962, il tourne Tom Jones, entre l’alcôve et la potence, comédie picaresque dirigée par Richardson sur un scénario d’Osborne. Ce personnage de mauvais garçon sympathique créé par le romancier Henry Fielding le sacre star et lui vaut sa première nomination à l’Oscar. Il tourne dans la foulée Les Vainqueurs, film de guerre international à la distribution pléthorique et dans le thriller La Force des ténèbres mis en scène par Reisz, d’après une pièce d’Emlyn Williams. Figure du Swinging London, Albert Finney réalise Charlie Bubbles, autoportrait distancé et parodique, où figure la débutante Liza Minnelli. Il est aussi la covedette avec Audrey Hepburn (et une toute jeune Jacqueline Bisset) du magnifique Voyage à deux de Stanley Donen, radiographie cruelle d’un couple presque ordinaire. Les intermittences d’un prodige Alert Finney est également à cette époque un des fondateurs de la compagnie de production Memorial Enterprises dont sortiront les classiques If... et O Lucky Man ! de Lindsay Anderson avec Malcolm McDowell. La compagnie contribue aussi à lancer des cinéastes prometteurs comme Stephen Frears, Mike Leigh, Tony et Ridley Scott. Fatalement, cette boulimie d’activités éloigne passablement Albert Finney du grand écran, du moins comme acteur. Il revient cependant en force dans Le Crime de l’Orient-Express. Vieilli et grossi, sa composition en Hercule Poirot, le détective belge imaginé par Agatha Christie, lui vaut l’unanimité des critiques et une nouvelle nomination à l’Oscar. Le comédien refuse pourtant, selon une ligne de conduite cohérente, de reprendre ce rôle dans Mort sur le Nil, film dans lequel Peter Ustinov lui succède avec succès. Finney s’illustre les années suivantes dans Les Duellistes, adaptation de Joseph Conrad filmée par Ridley Scott pour une caisse de champagne comme salaire. À l’opposé, son rôle chantant dans Annie de John Huston, lui rapporte un million de dollars. Après L’Usure du temps, chronique amère du mariage dirigée par Alan Parker, avec pour covedette Diane Keaton, l’horrifique Wolfen et la science-fiction Looker écrite et mise en scène par Michael Crichton, Albert retrouve le grand Huston et Jacqueline Bisset (cette fois dans le rôle de sa femme) pour une adaptation du noir roman de Malcolm Lowry Au-dessous du volcan puis a pour partenaire principal Tom Courtenay dans L’Habilleur de Peter Yates. Son rôle dans L’Habilleur n’est pas sans évoquer celui de Laurence Olivier dans Le Cabotin vingt trois ans plus tôt. Un prestige intact À la télévision, son prestige est pareillement immense puisqu’il est successivement Ernest Hemingway, Winston Churchill, le pape Jean-Paul II et Mon oncle Silas, le héros de Sheridan Le Fanu. Il coréalise le téléfilm The Biko Inquest. Sa composition de cocu pathétique dans Les Leçons de la vie de Mike Figgis, d’après la pièce de Terence Rattigan, précède la réussite d'Un homme sans importance, ce rôle d’homosexuel, digne et héroïque, qui lui rapporte une cinquième nomination à l’Oscar. Par la suite, il collabore avec Steven Soderbergh sur Erin Brockovich formidable succès avec Julia Roberts et savoureuse composition d'avocat malicieux, Traffic et Ocean’s Twelve, avec Tim Burton pour Big Fish, avec le vétéran Sidney Lumet pour 7h58 ce samedi-là. Avec un embonpoint non dissimulé, il tourne La Vengeance dans la peau de Paul Greengrass, A Good Year de Ridley Scott et Amazing Grace de Michael Apted. Les intermittences d’un séducteur Après un premier mariage avec Jane Wendham de 1957 à 1961, dont son fils Simon est issu, Albert Finney a connu une brève liaison avec Audrey Hepburn sur le tournage de Voyage à deux. Il a ensuite été marié avec Anouk Aimée de 1970 à 1978. Depuis, Albert Finney s’est remarié avec Jane Wenham, belle actrice de télévision qui donne la vie à son second enfant. Le couple est installé à Londres jusqu'au décès de son épouse le 15 novembre 2018. Albert Finney décède quelques mois plus tard, le 7 février 2019 à l'âge de 82 ans dans le Royal Marsden Hospital de Londres. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Sidney Lumet |
1959 : Le cabotin (The Entertainer) de Tony Richardson 1960 : Samedi soir, dimanche matin (Saturday Night and Sunday Morning) de Karel Reisz 1962 : Tom Jones, entre l’alcôve et la potence (Tom Jones) de Tony Richardson 1963 : Les vainqueurs (The Victors) de Carl Foreman 1964 : La force des ténèbres (Night must fall) de Karel Reisz 1966 : Voyage à deux (Two for the Road) de Stanley Donen 1967 : Charlie Bubbles (Charlie Bubbles) d’Albert Finney 1968 : Picasso summer (The Picasso Summer) de Serge Bourguignon & R Sallin 1970 : Scrooge (Scrooge) de Ronald Neame 1971 : Gumshoe (Gumshoe) de Stephen Frears 1974 : Le crime de l’Orient Express (Murder on the Orient Express) de Sidney Lumet 1974 : La loi et la pagaille (Law and Disorder) d’Ivan Passer 1976 : Duellistes (The Duellists) de Ridley Scott 1979 : Wolfen (Wolfen) de Michael Wadleigh 1980 : Dangereuse enquête (Loophole) de John Quested 1981 : Looker (Looker) de Michael Crichton 1981 : L’usure du temps (Shoot the Moon) d'Alan Parker 1982 : Annie (Annie) de John Huston 1983 : L’habilleur (The Dresser) de Peter Yates 1984 : Au-dessous du volcan (Under the Volcano) de John Huston 1990 : Miller’s crossing (Miller’s Crossing) de Joel Coen 1991 : Les Playboys (The Playboys) de Gillies MacKinnon 1992 : L’amour en trop (Rich in Love) de Bruce Beresford 1993 : Les Leçons de la vie (The Browning Version) de Mike Figgis 1994 : Un homme sans importance (A Man of no importance) de Suri Krishnamma 1995 : The Run of the Country de Peter Yates 1997 : Washington Square (Washington Square) d’Agnieszka Holland 1998 : Breakfast of champions (Breakfast of Champions) d’Alan Rudolph 1999 : Simpatico (Simpatico) de Matthew Warchus 1999 : Erin Brockovich, seule contre tous (Erin Brockovich) de Steven Soderbergh 1999 : Traffic (Traffic) de Steven Soderbergh 2000 : Hemingway, the Hunter of Death de Sergio Dow 2000 : Le Cadeau de la vie (Delivering Milo) de Nick Castle 2003 : Big fish, la légende du gros poisson (Big Fish) de Tim Burton 2004 : Ocean’s twelve (Ocean’s twelve) de Steven Soderberg 2005 : Aspect of love de Gale Edwards 2005 : Une grande année (A Good Year) de Ridley Scott 2006 : Amazing Grace (Amazing Grace) de Michael Apted 2006 : 7 h 58 ce Samedi-là (Before the Devil knows you’re dead) de Sidney Lumet 2007 : La Vengeance dans la Peau (The Bourne Ultimatum) de Paul Greengrass 2011 : Jason Bourne, L’héritage (the Bourne Legacy) de Tony Gilroy 2012 : Skyfall (Skyfall) de Sam Mendes Télévision : 1956 : She Stoops to Conquer de Dennis Monger 1957 : The Claverdon Road Job de Peter Dews 1958 : View Friendship and Marriage de Michael Elliott 1959 : Le Songe d’une Nuit d’été (A Midsummer Night's Dream) de Peter Hall 1974 : Alpha Beta (Alpha Beta) d’Anthony Page 1975 : Forget-Me-Not-Lane d’Alan Bridges 1984 : Jean-Paul II (Pope John Paul II) d'Herbert Wise 1984 : The Biko Inquest d’Albert Finney et Graham Evans 1987 : A Simple Man (A Simple Man) de Moira Shearer 1990 : The Endless Game (The Endless Game) de Bryan Forbes 1990 : Cas de conscience (The Image) de Peter Werner 1996 : Karaoké (Karaoke) de Renny Rye 1996 : Cold Lazarus (Cold Lazarus) de Renny Rye 1996 : Nostromo (Nostromo) d’Alastair Reid 1998 : Un couple peu ordinaire (A Rather English Marriage) de Paul Seed 2002 : La Tempête qui se prépare (The Gathering Storm) de Richard Loncraine 2003 : Mon Oncle Silas (My Uncle Silas) de Tom Clegg Filmographie d'Albert FINNEY |
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