Joe DALLESANDRO
 Acteur américain
Sex-symbol LGBT alors que le terme n’existait pas encore, égérie d’Andy Warhol et Paul Morrissey, Joe Dallesandro a marqué l’underground homoérotique des années soixante. La suite de sa carrière, entre sous-produits italiens et films d’auteurs faussement audacieux a montré ses limites d’acteurs.
Joseph Angelo D’Allesandro III voit le jour à Pensacola en Floride. D’un père Joseph Sr marin italo-américain et Thelma Testman, âgée de seize ans à sa naissance, il grandit dans un milieu difficile après le divorce de ses parents, élevé par son père auprès de son frère Robert. Joe est un adolescent agressif et fugueur et connaît plusieurs condamnations et des blessures lors de ses arrestations musclées par la police.
L'idole de Warhol et Morrissey
Joe Dallesandro se rend sur la côte ouest et tente sa chance dans le mannequinat. Il pose nu dans des revues gays. Il se marie à 18 ans avec Leslie, la fille de la nouvelle compagne de son père. Un fils, Michael, naît le 19 décembre 1968. Le mariage est dissous l’année suivante. Repéré par Andy Warhol, il incarne des marginaux dans des films underground comme Quatre Étoiles ou The Loves of Ondine. Paul Morrissey prend le relais du génie du pop-art pour la trilogie Flesh, Trash et Heat qui marque l’esprit de liberté et de provocation et font de l’acteur une icône de la libération sexuelle des années soixante. Il dira que grâce à Warhol et Morrissey, il a évité de finir sa vie en prison. Lou Reed, leader du Velvet Underground, immortalise celui que l’on surnomme Little Joe par sa chanson Walk on the Wild Side. La bande à Warhol se laisse tenter par l’exploitation commerciale du porno-soft en signant Chair pour Frankenstein et Du Sang pour Dracula que co-signent Paul Morrissey et Antonio Margheriti.
Le déclin dans le cinéma européen
Joe Dallesandro reçoit des propositions de l'Europe où il joue de son statut de figure culte du cinéma d’exploitation. Il tourne Black Moon de Louis Malle au climat désordonné, Je t’aime moi non plus de Serge Gainsbourg où le néo-réalisateur joue sur l’apparence androgyne de la serveuse de bar et du chauffeur routier. En dehors de ces produits un peu ambitieux, il se produit dans quelques nanars transalpins comme L’Orgasme dans le Placard avec Andréa Ferréol, La Bagarre du Samedi soir ou Les Furieux. La Marge de Walerian Borowczyk, film érotique qui scelle la rencontre entre Sylvia Kristel et Joe Dallesandro démontre les limites de ces icônes dans l’art dramatique. De plus, ses addictions à l’alcool et la drogue le met à l’écart du cinéma. Il choisit de paraître dans des films plus grand public avec Tapage nocturne de Catherine Breillat avec Dominique Laffin ou Merry-Go-Round de Jacques Rivette avec Maria Schneider.
Des petits rôles marquants
Dans les années 1980, Joe Dallesandro choisit de jouer des personnages marquants dans des films de prestige. Il est ainsi Lucky Luciano dans Cotton Club de Francis Ford Coppola, Dutch Kieffer dans Meurtre à Hollywood de Blake Edwards et s’amuse dans Toubib malgré lui de Michael Apted auprès de Richard Pryor, Private War de Frank De Palma en parachutiste, Cry-Baby de John Waters en père de Darren E. Burrows ou Le Démon des Armes de Tamra Davis en instructeur de Drew Barrymore. Il prend ses distances avec le cinéma à partir de 2009. Cette même année, il reçoit un hommage du Museum d’Art Moderne de New York avec une rétrospective de ses films. Il fait une dernière apparition hommage dans le rôle court de Charlie le photographe dans Babylon de Damien Chazelle.
Papa et mari bi
Bien qu’il ne s’est jamais caché sa bisexualité, Joe Dallesandro a été marié trois fois et a deux enfants. Déjà divorcé et père de Michael, il rencontre Theresa qu’il surnomme Terry et l’épouse en 1970. Un deuxième fils, Joseph A. Dallesandro voit le jour le 14 novembre 1970. Le couple divorce en 1978. L’acteur convole une dernière fois en 1987 avec Kimberly dite Kim. Deux fois grand-père grâce à Michael, il a également un petit-fils grâce à Joseph. L’acteur vit à Los Angeles et reçoit régulièrement des hommages pour l’esprit rebelle et anticonformiste qu’il incarne à merveille à défaut d’avoir été un grand acteur.


FILMOGRAPHIE :

Avec Paul Morrissey
1967 : Four Stars (****) d’Andy Warhol
1968 : The Loves of Ondine d’Andy Warhol et Paul Morrissey
1968 : Flesh (Flesh) de Paul Morrissey
1968 : San Diego Surf d’Andy Warhol
1969 : Lonesome Cowboys (Lonesome Cowboys) d’Andy Warhol
1970 : Trash (Trash) de Paul Morrissey
1972 : Heat (Heat) de Paul Morrissey
1974 : Chair pour Frankenstein (Flesh for Frankenstein) de Paul Morrissey et Antonio Margheriti
1974 : Du Sang pour Dracula (Blood for Dracula) de Paul Morrissey et Antonio Margheriti
1974 : The Gardener de James H. Kay
1974 : L'Orgasme dans le Placard (Donna è bello) de Sergio Bazzini
1975 : Black Moon (Black Moon) de Louis Malle
1975 : La Bagarre du Samedi soir (Il tempo degli assassini) de Marcello Andrei
1975 : Les Furieux (Fango bollente) de Vittorio Salerno
1975 : Calore in provincia de Roberto Bianchi Montero
1975 : L'Ambitieux (L'ambizioso) de Pasquale Squitieri
1976 : Je t'aime moi non plus de Serge Gainsbourg
1976 : La Marge de Walerian Borowczyk
1976 : L'ultima Volta (L’ultima volta) d’Aldo Lado
1977 : Contrat à Cherry Street (Contract on Cherry Street) de William A. Graham (tv)
1978 : Un Cœur simple (Un cuore semplice) de Giorgio Ferrara
1978 : Safari Rally (6 000 km di paura) de Bitto Albertini
1979 : La Petite Sœur du Diable (Suor Omicidi) de Giulio Berruti
1979 : Tapage nocturne de Catherine Breillat
1979 : Fred Brauner préfère la bière de Pierre Wallon (cm)
1980 : Vacanze per un massacro de Fernando Di Leo
1980 : Parano de Bernard Dubois
1981 : Merry-Go-Round de Jacques Rivette
1982 : Queen Lear de Mokhtar Chorfi
1984 : Cotton Club (The Cotton Club) de Francis Ford Coppola
1986 : Joey le Rocker (Joey) de Joseph Ellison
1987 : Toubib malgré lui (Critical Condition) de Michael Apted
1988 : Meurtre à Hollywood (Sunset) de Blake Edwards
1988 : Private War de Frank De Palma
1988 : Double Revenge d’Armand Mastroianni
1989 : The Hollywood Detective de Kevin Connor (tv)
1990 : Cry-Baby (Cry-Baby) de John Waters
1990 : Un Ange... ou presque (Almost an Angel) de John Cornell
1991 : Inside Out, « The Diaries » de Lizzie Borden et Adam Friedman
1991 : Blue, l’Orchidée sauvage 2 (Wild Orchid II: Two Shades of Blue) de Zalman King
1992 : Love Is Like That de Jill Goldman
1992 : Le Démon des Armes (Guncrazy) de Tamra Davis
1994 : Revocator (Sugar Hill) de Leon Ichaso
1995 : T-Rex (Theodore Rex) de Jonathan R. Betuel
1998 : I Love L.A. (L.A. Without a Map) de Mika Kaurismäki
1999 : L'Anglais (The Limey) de Steven Soderbergh
2002 : Pacino Is Missing d’Eric M. Galler
2008 : 3 Stories About Evil de Michael Frost (cm)
2015 : Citizens d’Alex Monty Canawati
2022 : Babylon (Babylon) de Damien Chazelle


Filmographie de Joe DALLESANDRO
 
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