Joseph CALLEIA
 Acteur américain d'origine maltaise
Avec son visage allongé barré d’une fine moustache, Joseph Calleia a excellé dans des rôles de méchants mais auxquels il glissait une touche d’humour et de mystère. Plus qu’un second rôle, il a brillé dans une soixantaine de films parmi lesquels de nombreux classiques de l’âge d’or hollywoodien.
Joseph Alexander Caesar Herstall Vincent Calleja voit le jour le 4 août 1897 dans l’île de Malte. Son père Pasquale Calleja est architecte. Il hérite de sa mère Eleonor d'un don pour le chant lyrique. Il se produit dès l’âge de douze ans dans des spectacles dans son île. Il sillonne le monde dans la marine britannique et se fixe aux États-Unis en 1917.
Une grande carrière à Broadway
Au lendemain de la première guerre mondiale, Joseph Calleia tente de percer dans le vaudeville et exerce parallèlement des petits boulots. Il se produit comme choriste dans la comédie musicale Have a Heart de Jerome Kern et obtient son premier succès à Broadway dans Pietro d’Otis Skinner. De 1926 à 1935, il est présent dans sept pièces parfois en vedette. Il est notamment le chauffeur de taxi de Grand Hôtel, le journaliste de The Front Page, le meurtrier de The Last Mile. Il devient une star de la scène new-yorkaise avec Small Miracle en 1934, un mélodrame dans lequel il campe à nouveau un meurtrier séduisant. Ses yeux aux paupières lourdes et son teint basané lui donnent une allure à la fois exotique et inquiétante. Hollywood s’intéresse à lui et le fait débuter dans My Sin de George Abbott aux côtés de Tallulah Bankhead. Il enchaîne avec Sa Femme auprès de Gary Cooper et The Divorce Racket. En 1932, il est crédité comme co-producteur de Grand Hôtel pour la version cinématographique de son gros succès mais n’assure aucun rôle. Il signe pour la MGM et après son triomphe scénique dans Small Miracle devient un des méchants les plus emblématiques du cinéma de cette époque.
Des personnages patibulaires
En 1935, Joseph Colleia endosse le rôle du chef de la pègre Sonny Black dans Les Hommes traqués et accompagne des stars comme Robert Taylor et Barbara Stanwyck dans La Fièvre des Tropiques, Spencer Tracy et Jean Harlow dans La Loi du plus Fort, William Powell et Myrna Loy dans Nick, gentleman détective, Jackie Cooper et Rintintin dans Le Défenseur silencieux, Wallace Beery dans Arizona Bill. Il est tout aussi mystérieux quand il incarne un policier fédéral, l'inspecteur Slimane dans Casbah, en prêtre dans Full Confession ou le criminel Vasquez dans Quels seront les Cinq ? Rusé et narquois, son physique oriental évolue dans les années 40. Il campe un grand nombre d’hispaniques comme El Sordo dans Pour qui sonne le Glas, Rodriguez dans La Croix de Lorraine, Buldeo dans Le Livre de la Jungle ou le détective Obregon dans Gilda qui va lancer définitivement Rita Hayworth comme la star la plus flamboyante de l’après-guerre. Joseph Calleia prend la nationalité américaine en novembre 1941 mais dirige l’organisation des secours à Malte. La maison de sa naissance est détruite n 1942 et sa famille a du se refugier dans des catacombes pendant les bombardements de l’île par les forces de l’Axe.
Retraité maltais
À la fin des hostilités, Joseph Colleia donne des galas entre Dakar et Casablanca avant de se rendre à Malte dans un programme d’échanges entre américains et britanniques. Il reprend le chemin des studios en retrouvant Lucille Ball dans Des Filles disparaissent de Douglas Sirk, Alan Ladd dans Le Dénonciateur, Marqué au Fer et La Maîtresse de Fer. Il passe du film d’aventure Les Boucaniers de la Jamaïque au drame exotique Miracle à Tunis et de la comédie Amours, délices et golf avec le tandem Jerry Lewis-Dean Martin à la production kitch L’Ardente Gitane avec Jane Russell. Il trouve son dernier grand rôle en shérif fatigué dans La Soif du Mal d’Orson Welles, le légendaire réalisateur ne tarissant pas d’éloge sur la prestation de Calleia. Il campe un Indien dans Lueur dans la Forêt des studios Disney et fait une dernière apparition remarquée dans Alamo de John Wayne. Il choisit la retraite en 1963 et s’éloigne d’Hollywood. Il retourne à Malte pour y couler des jours tranquilles. Son épouse Eleanor Vassallo Calleia décède en 1967 après 38 ans d’union sans ombre. Après le décès de Joseph Calleia survenu à 78 ans, le 31 octobre 1975 à St. Julian, sa maison à Malte est transformée en musée et deux timbres sont édités à son effigie.


FILMOGRAPHIE :

Avec Jean Harlow
1931 : My Sin de George Abbott
1931 : Sa Femme (His Woman) d’Edward Sloman
1932 : The Divorce Racket d’Aubrey Scotto
1935 : Les Hommes traqués (Public Hero n°1) de J. Walter Ruben
1936 : La Loi du plus fort (Riffraff) de J. Walter Ruben
1936 : Une Enquête sensationnelle (Exclusive Story) de George B. Seitz
1936 : Le Défenseur silencieux (Tough guy) de Chester M. Franklin
1936 : Sworn Enemy d’Edwin L. Marin
1936 : La Fièvre des Tropiques (His Brother's Wife) de W. S. Van Dyke
1936 : À la Lanterne verte (Sinner take all) d’Errol Taggart
1936 : Nick, Gentleman Détective (After the Thin Man) de W. S. Van Dyke
1937 : Man of the People d’Edwin L. Marin
1937 : Arizona Bill (The Bad Man from Brimstone) de J. Walter Ruben
1938 : Marie-Antoinette (Marie-Antoinette) de W. S. Van Dyke
1938 : Casbah (Algiers) de John Cromwell
1939 : Juarez (Juarez) de William Dieterle
1939 : Quels seront les Cinq ? (Five Came Back) de John Farrow
1939 : L'Esclave aux Mains d'Or (Golden Boy) de Rouben Mamoulian
1939 : Le Gorille (The Gorilla) d’Allan Dwan
1939 : Sa dernière Défaite (Full Confession) de John Farrow
1940 : Mon petit Poussin Chéri (My Little Chickadee) d’Edward F. Cline
1940 : Wyoming (Wyoming) de Richard Thorpe
1941 : Le Singe Justicier (The Monster and the Girl) de Stuart Heisler
1941 : Crépuscule (Sundow) d’Henry Hathaway
1942 : La Clé de Verre (The Glass Key) de Stuart Heisler
1942 : Le Livre de la Jungle (Jungle Book) de Zoltan Korda
1943 : Pour qui sonne le Glas (For whom the Bell tolls) de Sam Wood
1943 : La Croix de Lorraine (The Cross of Lorraine) de Tay Garnett
1944 : Les Conspirateurs (The Conspirators) de Jean Negulesco
1946 : Gilda (Gilda) de Charles Vidor
1946 : Une Nuit mouvementée (Deadline at Dawn) d’Harold Clurman
1947 : Au Carrefour du Siècle (The Beginning of the End) de Norman Taurog
1947 : Des Filles disparaissent (Lured) de Douglas Sirk
1948 : 36 Heures à vivre (The Noose Hangs High) de Charles Barton
1948 : Le Destin du Fugitif ou 3000 $ Mort ou Vif (Four Faces West) d’Alfred E. Green
1948 : Noose (The Silk Noose) d’Edmond T. Gréville
1949 : Le Dénonciateur (Captain Carey, U.S.A.) de Mitchell Leisen
1950 : The Palomino de Ray Nazarro
1950 : Marqué au Fer (Branded) de Rudolph Maté
1950 : Vengeance Corse (Vendetta) de Mel Ferrer
1951 : Rudolph Valentino, le Grand Séducteur (Valentino) de Lewis Allen
1951 : Night Over Taos de Mab Maynard (tv)
1952 : Miracle à Tunis (The Light Touch) de Richard Brooks
1952 : Aventure à Rome (When in Rome) de Clarence Brown
1952 : Les Boucaniers de la Jamaïque (Yankee Buccaneer) de Frederick De Cordova
1952 : La Maîtresse de Fer (The Iron Mistress) de Gordon Douglas
1953 : Amours, Délices… et Golf (The Caddy) de Norman Taurog
1955 : La Vénus des Mers Chaudes (Underwater !) de John Sturges
1955 : La Revanche de Pablito (The Littlest Outlaw) de Roberto Gavaldón
1955 : Le Trésor de Pancho Villa (The Treasure of Pancho Villa) de George Sherman
1956 : L'Ardente Gitane (Hot Blood) de Nicholas Ray
1956 : Sérénade (Serenade) d’Anthony Mann
1957 : Car sauvage est le Vent (Wild is the Wind) de George Cukor
1958 : La Soif du Mal (Touch of Evil) d’Orson Welles
1958 : Lueur dans la Forêt (The Light in the Forest) d’Herschel Daugherty
1959 : La Fin d’un Voyou (Cry Tough) de Paul Stanley
1960 : Alamo (The Alamo) de John Wayne
1963 : La Revanche du Sicilien (Johnny Cool) de William Asher


Filmographie de Joseph CALLEIA
 
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