| Jean-Louis TRINTIGNANT | ||
| Acteur et réalisateur français | ||
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Neveu du pilote automobile Maurice Trintignant, fils d’un industriel maire de Pont Saint-Esprit pendant et après l’occupation, Jean-Louis Trintignant voit le jour à Piolenc, une petite ville à proximité d’Orange dans le Vaucluse. Très jeune, il se passionne pour la poésie apprenant par cœur des poèmes de Prévert, Appollinaire ou Aragon. Pendant son séjour à la faculté de droit d’Aix-en-Provence, il assiste a une représentation de L’Avare mis en scène par Charles Dullin. Il abandonne ses études pour suivre les cours de comédie de Charles Dullin et de Tania Balachova à Paris. Il dira que ça lui a permis de vaincre sa profonde timidité.
En 1951, il débute au théâtre dans la compagnie de Raymond Hermantier. Le jeune homme scandaleux Puis il suit les cours de réalisateur de l’IDHEC. Il épouse le 18 novembre 1954 à Vincennes, l’actrice Stéphane Audran de qui il divorce en 1956. Cette année 1956, il débute au cinéma dans un petit rôle de Si tous les gars du monde de Christian-Jaque et connaît la célébrité internationale en même temps que Brigitte Bardot avec le film mythique à scandale Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim où il joue le jeune époux fou amoureux de Juliette, une jeune femme à la beauté diabolique qui ne pense qu’à s’amuser et à aimer les hommes dans une communauté de Saint-Tropez traditionnellement attachée aux bonnes mœurs. Sa liaison avec Brigitte Bardot, mariée à Roger Vadim fait alors couler beaucoup d’encre. Il disparaît totalement durant son service militaire en Allemagne, puis en Algérie pendant trois longues années qui vont le marquer profondément et stopper sa carrière. Chabadabada Revenu à la vie civile, il redevient populaire en jouant de façon magistrale Hamlet de William Shakespeare au théâtre et renoue avec le cinéma en 1959 grâce à Roger Vadim, peu rancunier qui lui offre un rôle important dans Les Liaisons dangereuses 1960 avec Gérard Philipe et Jeanne Moreau. Trintignant connait le succès en Italie avec Le Fanfaron de Dino Risi avec Vittorio Gassman, film emblématique de la comédie à l’italienne des années 1960. Puis c’est le triomphe international d’Un homme et une femme de Claude Lelouch récompensé par la Palme d’or à Cannes 1966 et l’Oscar du meilleur film étranger et du meilleur scénario original à Hollywood. Mais l’acteur ne se laisse pas griser, imposant son jeu minimaliste, sa voix métallique monocorde et son physique très photogénique. Artiste engagé Même s’il ne s’engage pas en politique, il prouve son attachement de gauche et tourne plusieurs films politiquement incorrects comme Le Combat dans l’île d’Alain Cavalier, Z de Costa-Gavras, L’Attentat d’Yves Boisset, Il pleut sur Santiago de Helvio Soto. Il enchaîne une impressionnante carrière entre cinéma d’auteur, films grand public et théâtre où il prend souvent des rôles d’antihéros au charisme envoûtant et à la voix de velours tourmentée et sarcastique. Récompensé à Berlin pour L’Homme qui ment, il s’impose dans le littéraire Ma Nuit chez Maud d’Éric Rohmer, incarne Marcello Clerici dans Le Conformiste, le film que Bernardo Bertolucci adapte d’un roman d’Alberto Moravia. Il obtient enfin le prix d’interprétation à Cannes pour Z, alors que son rôle est assez court. L’acteur n’y voit qu’une façon de récompenser l’ensemble de la distribution et le courage de son cinéaste. Pendant les années qui suivent, Trintignant tourne beaucoup mais dans des registres si différents qu’il prend soin de ne pas lasser le public. Il passe à la réalisation avec deux films singuliers nappés d'humour noir. C'est Une journée bien remplie avec Jacques Dufilho et Le Maitre-nageur avec Guy Marchand. À côté des commerciaux Le Voyou de Claude Lelouch, La Course du lièvre à travers les champs de René Clément, Sans mobile apparent de Philippe Labro, Les Violons du Bal de Michel Drach, Le Secret de Robert Enrico ou Flic Story de Jacques Deray face à Delon, il reste fidèle à des auteurs comme Ettore Scola, Alain Robbe-Grillet, François Truffaut ou sa nouvelle épouse Nadine Marquand. Signant ses films Nadine Trintignant, elle met au monde la future comédienne Marie, née en 1962 et disparue tragiquement en 2003, Pauline dont le décès inspirera le film Ça n’arrive qu’aux Autres et Vincent né en 1973. Une vie bien remplie Quand il atteint l’âge de 50 ans, il se retire dans sa maison d’Uzès dans le Gard pour vivre en harmonie avec la nature. Il se dit lassé par le cinéma, refuse plusieurs projets et se fait plus rare. Il suit des cours de pilotage automobile, épouse la pilote de rallye Marianne Hoepfner en 2000. Ses apparitions au cinéma sont marquées par des personnages misanthropes et cyniques, murés dans leur solitude comme dans Trois couleurs : Rouge de Krzysztof Kieslowski ou Regarde les hommes tomber de Jacques Audiard. Il apparaît également dans Fiesta de Pierre Boutron, qui évoque l’endurcissement des jeunes combattants franquistes durant la guerre d’Espagne. En 2005, en hommage à sa fille Marie, tuée deux ans auparavant, il présente son spectacle Jean-Louis Trintignant lit Apollinaire, créé avec elle, au Festival d’Avignon. Après 10 ans d’absence au cinéma, il revient en 2012 sur le grand écran, au côté d’Emmanuelle Riva, dans Amour de Michael Haneke, drame intimiste et universel sur la maladie, la vieillesse et la mort récompensé par la Palme d’or à Cannes, le César du meilleur film et l’Oscar du meilleur film étranger. Comme une apothéose. Jean-Louis Trintignant s'éteint chez lui à Collias dans le Gard, le 17 juin 2022 à l'âge de 91 ans. Conformément à ses dernières volontés, ses obsèques ont lieu dans l'intimité. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Michael Haneke et Emmanuelle Riva |
1956 : Si tous les gars du monde de Christian-Jaque 1956 : La Loi des rues de Ralph Habib 1956 : Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim 1956 : Club de femmes de Ralph Habib 1959 : Été violent (Estate violenta) de Valerio Zurlini 1959 : Les Liaisons dangereuses 1960 de Roger Vadim 1960 : Parfois le dimanche d’Ado Kyrou et Raoul Sangla (cm) 1960 : Austerlitz d’Abel Gance 1960 : La Millième Fenêtre de Robert Ménégoz 1961 : Pleins feux sur l'assassin de Georges Franju 1961 : Le Cœur battant de Jacques Doniol-Valcroze 1961 : Le Puits aux trois vérités de François Villiers (simple apparition) 1961 : Le Jeu de la vérité de Robert Hossein 1961 : L'Atlantide (Antinea, l'amante della citta sepolta) d’Edgar G. Ulmer et Giuseppe Martini 1962 : Les Sept Péchés capitaux « La luxure » de Jacques Demy 1962 : Horace 62 d’André Versini 1962 : Le Fanfaron (Il sorpasso) de Dino Risi 1962 : Le Combat dans l'île d’Alain Cavalier 1963 : Il successo de Mauro Morassi 1963 : Château en Suède de Roger Vadim 1964 : Les Pas perdus de Jacques Robin 1964 : Avatar de Lazare Iglésis (tv) 1964 : Un jour à Paris de Serge Korber (cm) 1964 : Les Siffleurs (Viheltäjât) de Eino Ruutsalo (fi) 1964 : Mata Hari, agent H 21 de Jean-Louis Richard 1965 : La Bonne Occase de Michel Drach 1965 : Meurtre à l'italienne (Io uccido, tu uccidi) de Gianni Puccini 1965 : Merveilleuse Angélique de Bernard Borderie 1965 : Fragilité, ton homme est femme de Nadine Trintignant (cm) 1965 : Compartiment tueurs de Costa-Gavras 1966 : Le Dix-septième ciel de Serge Korber 1966 : La Longue Marche d’Alexandre Astruc 1966 : Paris brûle-t-il ? de René Clément 1966 : Un homme et une femme de Claude Lelouch 1966 : Safari diamants de Michel Drach 1967 : Trans-Europ-Express d’Alain Robbe-Grillet 1967 : En cinquième vitesse (Col cuore in gola) de Tinto Brass 1967 : Un homme à abattre de Philippe Condroyer 1968 : Les Biches de Claude Chabrol 1968 : Mon amour, mon amour de Nadine Trintignant 1968 : L'Homme qui ment d’Alain Robbe-Grillet 1968 : La Mort a pondu un œuf (La morte ha fatto l'uovo) de Giulio Questi 1968 : Le Grand Silence (Il grande silenzio) de Sergio Corbucci 1968 : L'Amour à cheval (La matriaca) de Pasquale Festa Campanile 1969 : Z de Costa-Gavras 1969 : Le Voleur de crimes de Nadine Trintignant 1969 : Disons, un soir à dîner (Metti, una sera a cena) de Giuseppe Patroni Griffi 1969 : Ma nuit chez Maud d’Éric Rohmer 1969 : L'Américain de Marcel Bozzuffi 1969 : Si douces, si perverses (Cosi dolce... Cosi perversa) d’Umberto Lenzi 1970 : Le Conformiste de Bernardo Bertolucci 1970 : Le Voyou de Claude Lelouch 1970 : Las Secretas intenciones (en) de Antonio Eceiza 1971 : Remparts d’argile de Jean-Louis Bertuccelli 1971 : L'Opium et le Bâton de Ahmed Rachedi 1971 : Sans mobile apparent de Philippe Labro 1972 : La Course du lièvre à travers les champs de René Clément 1972 : L'Attentat de Yves Boisset 1972 : Un homme est mort de Jacques Deray 1973 : Une journée bien remplie de Jean-Louis Trintignant 1973 : Défense de savoir de Nadine Trintignant 1973 : Le Train de Pierre Granier-Deferre 1974 : Le Secret de Robert Enrico 1974 : Le Mouton enragé de Michel Deville 1974 : L'Escapade de Michel Soutter 1974 : Glissements progressifs du plaisir de Alain Robbe-Grillet 1974 : Les Violons du bal de Michel Drach 1975 : Le Jeu avec le feu d’Alain Robbe-Grillet 1975 : L'Agression de Gérard Pirès 1975 : Flic Story de Jacques Deray 1975 : La Femme du dimanche (La donna della domenica) de Luigi Comencini 1976 : Il pleut sur Santiago de Helvio Soto 1976 : Le Voyage de noces de Nadine Trintignant 1976 : Le Désert des Tartares (Il deserto dei Tartari) de Valerio Zurlini 1976 : L'Ordinateur des pompes funèbres de Gérard Pirès 1977 : Repérages de Michel Soutter 1977 : Les Passagers de Serge Leroy 1978 : L'Argent des autres de Christian de Chalonge 1979 : Le Maître-nageur de Jean-Louis Trintignant 1979 : Melancoly Baby de Clarisse Gabus 1980 : La Banquière de Francis Girod 1980 : Je vous aime de Claude Berri 1980 : La Terrasse (La terrazza) d’Ettore Scola 1981 : Un assassin qui passe de Michel Vianey 1981 : Une affaire d’hommes de Nicolas Ribowski 1981 : Malevil de Christian de Chalonge 1981 : Eaux profondes de Michel Deville 1981 : Passion d’amour (Passione d’amore) d’Ettore Scola 1982 : La Nuit de Varennes d’Ettore Scola 1982 : Boulevard des assassins de Boramy Tioulong 1982 : Le Grand Pardon de Alexandre Arcady 1983 : Droit au coeur (Colpire al cuore) de Gianni Amelio 1983 : Vivement dimanche ! de François Truffaut 1983 : Under Fire de Roger Spottiswoode 1983 : Credo de Jacques Deray (tv) 1983 : La Crime de Philippe Labro 1984 : Femmes de personne de Christopher Frank 1984 : Viva la vie de Claude Lelouch 1984 : Le Bon Plaisir de Francis Girod 1985 : L'Homme aux yeux d’argent de Pierre Granier-Deferre 1985 : Partir, revenir de Claude Lelouch 1985 : Rendez-vous de André Téchiné 1985 : L'Été prochain de Nadine Trintignant 1985 : David, Thomas et les autres de László Szabó 1986 : Quinze août de Nicole Garcia (cm) 1986 : Un homme et une femme vingt ans déjà de Claude Lelouch 1986 : La Femme de ma vie de Régis Wargnier 1987 : Le Moustachu de Dominique Chaussois 1987 : La Vallée fantôme d’Alain Tanner 1989 : Bunker Palace Hôtel d’Enki Bilal 1990 : Pour un oui ou pour un non de Jacques Doillon et Nathalie Sarraute (tv) 1990 : Julie de Carneilhan de Christopher Frank (tv) 1991 : Merci la vie de Bertrand Blier 1992 : La controverse de Valladolid de Jean-Daniel Verhaeghe (tv) 1993 : L’interdiction de Jean-Daniel Verhaeghe (tv) 1993 : L'Instinct de l'ange de Richard Dembo 1993 : L'Œil écarlate de Dominique Roulet 1994 : Trois Couleurs Rouge de Krzysztof Kieslowski 1994 : Regarde les hommes tomber de Jacques Audiard 1995 : Fiesta de Pierre Boutron 1996 : C'est jamais loin d’Alain Centonze 1996 : L’insoumise de Nadine Trintignant (tv) 1996 : Un héros très discret de Jacques Audiard 1996 : Tykho Moon d’Enki Bilal 1998 : Ceux qui m'aiment prendront le train de Patrice Chéreau 2002 : Janis et John de Samuel Benchetrit 2004 : Immortel, ad vitam de Enki Bilal 2012 : Amour de Michael Haneke 2017 : Happy End de Michael Haneke 2019 : Les plus belles années d’une vie de Claude Lelouch Filmographie de Jean-Louis TRINTIGNANT | |
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