Jean TEMERSON
 Acteur français
Une rondeur d’homme satisfait de sa situation et fier de son embonpoint. Avec ses yeux globuleux et son sourire condescendant, Jean Temerson a campé le plus souvent des domestiques et des hommes de loi pleins de rectitude qui peuvent se montrer antipathique à force d’autosuffisance.
De son vrai nom Lucien Jean Temersohn, Jean Temerson est né le 12 juin 1898 à Paris. Fils d’un juif polonais qui fabrique des chapeaux dans la rue des Rosiers, il est réquisitionné en avril 1917 dans l’aviation. Rendu à la vie civile pour un dérèglement thyroïdien, il apprend le métier de tourneur dans l’atelier de son père.
Le domestique ou le bon copain
Jean Temerson ouvre un négoce de draps et de tissus et une boutique de chemiserie. Il s’essaie au théâtre dans la troupe de France Darget. Tout en rondeur sympathique, il s’illustre dans La Poncella de Francia de Lope de Vega, Les Polichinelles d’Henry Becque, Andromaque et Iphigénie de Racine et L’Habitude ou Vingt ans de Captivité d’André Paysan. Il tourne tardivement son premier film à 37 ans dans L’Amant de Madame Vidal d’André Berthomieu où il occupe son rôle habituel de domestique. Il reprend ce type de rôle de serviteur zélé ou de maître d’hôtel dans Avec le Sourire, Rendez-vous Champs-Élysées, Le Messager, La Chaste Suzanne ou Les deux Combinards. Il est l’ami de Charles Granval dans Pépé le Moko, d’Albert Préjean dans L’Alibi ou de René Dary dans Le Révolté. Il accompagne Fernandel dans plusieurs films en maître d’hôtel dans Barnabé, en pianiste virtuose Tartinovitch dans Les Cinq Sous de Lavarède, en Firmin dans Barnabé, en monsieur Chromo dans Raphaël le Tatoué, Donnadieu dans Berlingot et compagnie et en baron Grondin dans Monsieur Hector.
Interdit de travail sous Pétain
Souvent débonnaire, Jean Temerson peut aussi devenir sournois et antipathique comme le notaire Voltore qui spécule sur la mort de Volpone, alias Harry Baur. Sa trogne flasque en fait l’interprète idéal d’inspecteur, de commissaire, de majordome ou de médecin. Il se met au service de pointures comme Robert Siodmak dans Pièges, Jean Dréville dans Le Président Haudecœur face à Harry Baur ou Jacques de Baroncelli dans Soyez les Bienvenus. En raison des lois antijuives promulguées par le régime de Pétain, il interrompt ses activités pendant la seconde guerre mondiale. Déclaré apatride, il quitte Paris pour se réfugier en zone libre et entre en clandestinité en novembre 1942. Il réapparaît au cinéma en 1945 dans Les Malheurs de Sophie de Jacqueline Audry et Une Femme coupée en morceaux d’Yvan Noé. Il retrouve Fernandel dans Cœur de Coq de Maurice Cloche.
Clouzot et les autres
Jean Temerson incarne le président du Consortium du Marché Noir dans Fantômas contre Fantômas de Robert Vernay. Il devient le portier du Magic, piégeant Michel Auclair dans Manon d’Henri-Georges Clouzot. Ce dernier, devenu son ami l’engage à nouveau en comédien Saint-Giron dans Miquette et sa Mère avec Louis Jouvet et en employé d’hôtel dans Les Diaboliques, son dernier film. Avec l’âge, il occupe des rôles de notables comme le notaire dans Véronique, le docteur dans Le Cap de l’Espérance, le client de l’avocat Jean-Claude Pascal dans Le grand Jeu pour finir en Louis XVIII dédaigneux à souhait dans Le Comte de Monte-Cristo de Robert Vernay après avoir été aubergiste dans La Reine Margot de Jean Dréville. Sans jamais occuper la tête d’affiche, l’acteur a su se rendre inoubliable grâce à sa bonhomie, sa voix traînante si caractéristique, son imposant physique et ses compositions pittoresques.
Retour au théâtre
Malgré une carrière d’une soixantaine de films, Jean Temerson n’a jamais quitté le théâtre. Il participe à la pièce Peter Schlemihl pour la radio, la création de Bobosse d’André Roussin, l’adaptation Demeure chaste et pure, tiré du scénario de George Axelrod de Sept Ans de Malheur et Le Troisième Jour de Ladislas Fodor, mis en scène par Victor Francen. Il est toujours resté célibataire. Il succombe à une intervention chirurgicale à l’Hôpital Tenon à Paris, le 9 août 1956, à Paris. Il est inhumé au cimetière parisien de Bagneux.


FILMOGRAPHIE :

Avec Louis Jouvet
1936 : L'Amant de Madame Vidal d’André Berthomieu
1936 : Avec le sourire de Maurice Tourneur
1936 : Blanchette de Pierre Caron
1936 : Le Revenant d’ ? (cm)
1937 : L'Alibi de Pierre Chenal
1937 : Boulot aviateur de Maurice de Canonge
1937 : Le Messager de Raymond Rouleau
1937 : Pépé le Moko de Julien Duvivier
1937 : Ramuntcho de René Barberis
1937 : Rendez-vous Champs-Élysées de Jacques Houssin
1937 : La Chaste Suzanne d’André Berthomieu
1937 : Prince de mon Cœur de Jacques Daniel-Norman
1937 : Le Gagnant d’Yves Allégret (mm)
1938 : Les Deux Combinards de Jacques Houssin
1938 : Le Révolté de Léon Mathot et Robert Bibal
1938 : Le Danube bleu d’Emile-Edwin Reinert
1938 : Alerte en Méditerranée de Léo Joannon
1938 : Le Capitaine Benoît de Maurice de Canonge
1938 : Mon oncle et mon curé de Pierre Caron
1938 : Quand le Cœur chante de Bernard Roland (cm)
1938 : Les Cinq Sous de Lavarède de Maurice Cammage
1938 : La Piste du Sud de Pierre Billon
1938 : Barnabé d’Alexandre Esway
1938 : Éducation de Prince d’Alexandre Esway
1938 : Le Joueur d'Échecs de Jean Dréville
1939 : Monsieur Brotonneau d’Alexandre Esway
1939 : Le Bois sacré de Léon Mathot
1939 : Pièges de Robert Siodmak
1939 : Raphaël le Tatoué de Christian-Jaque
1939 : Berlingot et Compagnie de Fernand Rivers
1939 : Les Gangsters du Château d'If de René Pujol
1940 : Monsieur Hector de Maurice Cammage
1940 : Le Président Haudecœur de Jean Dréville
1940 : Soyez les Bienvenus de Jacques de Baroncelli
1941 : Volpone de Maurice Tourneur
1945 : Les Malheurs de Sophie de Jacqueline Audry
1945 : Une Femme coupée en morceaux d’Yvan Noé
1946 : L'Ennemi sans Visage de Maurice Cammage et Robert-Paul Dagan
1946 : On ne meurt pas comme ça de Jean Boyer
1947 : Cœur de coq de Maurice Cloche
1947 : Cargaison clandestine d’Alfred Rode
1947 : Si Jeunesse savait – d’André Cerf
1947 : Une Mort sans importance d’Yvan Noé
1948 : L'Armoire volante de Carlo Rim
1948 : Manon d’Henri-Georges Clouzot
1949 : Fantômas contre Fantômas de Robert Vernay
1949 : Miquette et sa mère d’Henri-Georges Clouzot
1949 : L'Atomique Monsieur Placido de Robert Hennion
1949 : Tête blonde de Maurice Cam
1950 : Véronique de Robert Vernay
1950 : Sans Tambour ni Trompette de Roger Blanc
1950 : Le Gang des Tractions-arrière de Jean Loubignac
1950 : La Belle que voilà de Jean-Paul Le Chanois
1950 : Dominique d’Yvan Noé
1950 : Coq en pâte de Carlo Felice Tavano
1951 : Le Cap de l'espérance de Raymond Bernard
1952 : Bacchus mène la danse de Jacques Houssin (inachevé)
1954 : Le Grand Jeu de Robert Siodmak
1954 : La Reine Margot de Jean Dréville
1954 : Le Comte de Monte-Cristo de Robert Vernay
1955 : Les Diaboliques d’Henri-Georges Clouzot


Filmographie de Jean TEMERSON
 
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