Véra NORMAN
 Actrice française
À sa belle époque, Vera Norman était annoncée comme la nouvelle Micheline Presle, abordant avec autant de facilité la fantaisie et l’émotion. Et puis après une quinzaine de films, elle a quitté inexplicablement le monde du spectacle. Il reste d’elle le souvenir d’un beau visage ingénu ou assuré et des tendres yeux bleus.
Fille unique d'émigrés russes, Vera Norman, de son vrai nom Marguerite Trediakowski voit le jour dans le 14e arrondissement de Paris, le 28 décembre 1924. Son père a été chanteur à la Scala de Milan. La jeune Marguerite effectue toutes ses études secondaires à Paris et trouve à 17 ans un emploi de secrétaire. Son patron, monsieur Vincent est propriétaire de plusieurs salles de cinéma.
L'ingénue de l'après-guerre
La future Vera Norman prend des cours d'art dramatique avec Renée Corciade, une ex-comédienne de l'Odéon qui a joué dans la création de Chantecler de Rostand. Elle s’inscrit à L’EPJD de Jean-Louis Barrault où elle rencontre Claude Laydu. Elle se présente à un concours en 1947 au Moulin de la Galette et participe comme figurante à Échec au Roy, Monsieur Vincent, Mission à Tanger ou Retour à la Vie en officier britannique du WAC. Elle occupe enfin le premier rôle féminin dans Le Grand Rendez-Vous de Jean Dréville qui se déroule en Algérie. Elle est très remarquée comme l’amusante Oseille, copine de Suzy Delair dans Lady Paname face au grand Jouvet mais le seul film réalisé par Henri Jeanson est un échec sans appel. Jouant les ingénues candides, elle est la fille de Pauline Carton et Frédéric Duvallès dans Le Tampon du Capiston, hôtesse de l’air dans Ma Pomme auprès de Maurice Chevalier, infirmière dans L’Homme de la Jamaïque auprès du trafiquant Pierre Brasseur et l’une des deux filles de Saturnin Fabre dans le fameux Les Petites Cardinal de Gilles Grangier, la douce et fraîche Miette dans Au Pays du Soleil avec Tino Rossi et la sympathique comtesse Paolina dans Un Caprice de Caroline Chérie avec Martine Carol.
Une courte carrière au cinéma
Vera Norman est en revanche écartée de Rendez-vous de Juillet en raison de sa trop grande ressemblance avec Brigitte Auber, choisie pour un des rôles principaux. En dehors du sombre La Neige était sale de Luis Saslavsky où elle est Moune auprès d’un Daniel Gélin à la dérive, le registre de Véra Norman reste dans un domaine très léger comme l’opérette Violette impériales avec Luis Mariano, le Lemmy Caution Cet Homme est dangereux avec Eddie Constantine, Les Corsaires du Bois de Boulogne en fille de l’industriel Jean Ozenne et son épouse Denise Grey. Elle tourne en 1954 le polar Une Balle suffit, production franco-espagnole de Juan Llado et Jean Sacha où elle interprète une tireuse d’élite aux côtés de Georges Ulmer. Après ce dernier gros échec, l’actrice préfère mettre fin à sa carrière cinématographique.
Une seconde carrière sur scène
Par chance Véra Norman trouve son bonheur au théâtre. Elle a créé en 1948 J’irai cracher sur vos tombes d’après Boris Vian. Elle revient avec Les Emmurés de Jean-Pierre Brisville, La Fessée de Jean de Letraz, Les Amants terrible de Noël Coward, Le Songe d’une Nuit d’été de Shakespeare au festival d’Alger, Demeure chaste et pure, adaptation du célèbre Sept Ans de Réflexion de Billy Wilder avec Marilyn Monroe. Fin 1957, elle participe avec Daniel Gélin et Claude Génia à la création de la pièce Le Grand Couteau de Clifford Odets, adapté en français par Jean Renoir.
Elle fait quelques tournées avec les Karsenty-Herbert et sert de grands auteurs sur les scènes parisiennes comme Jean Cocteau (Les Parents terribles), Marcel Aymé (La Mouche bleue), August Strindberg (Mademoiselle Julie), Jean Anouilh (L’Invitation au Château), Jacques Audiberti (La Logeuse avec Lila Kedrova) et Jean-Paul Sartre (Les Séquestrés d’Altona avec Serge Reggiani). Elle donne la réplique à Bernard Blier dans Le mari, la femme et la mort d'André Roussin pour l’émission Au Théâtre ce soir.
Un talent multiple
Dans les années soixante, les sollicitations scéniques se font plus rares. Aussi Véra Norman se reconvertit comme productrice et animatrice d’émissions enfantines. Elle conçoit des jeux télévisés avec son époux Pierre Henry, adapte des romans comme Le Mépris et Bonjour Tristesse pour la télévision avant de se retirer à Deauville avec son mari et sa mère. Passionnée de peinture, elle est toujours attirée par l’art et poursuit des activités d’antiquaire et de céramiste. Véra Norman s’éteint presque centenaire, le 19 mai 2023 à Saint-Arnoult dans le Calvados.


FILMOGRAPHIE :

Avec Jean Dréville
1945 : Échec au Roy de Jean-Paul Paulin
1946 : La Rose de la mer de Jacques de Baroncelli
1947 : Rouletabille joue et gagne de Christian Chamborant
1947 : Monsieur Vincent de Maurice Cloche
1948 : La Renégate de Jacques Séverac
1949 : Mission à Tanger d’ André Hunebelle
1949 : Retour à la vie, Le Retour d’Antoine de Georges Lampin
1950 : Le Grand Rendez-vous de Jean Dréville
1950 : Lady Paname d’ Henri Jeanson
1950 : Le Tampon du capiston de Maurice Labro
1950 : Ma pomme de Marc-Gilbert Sauvajon
1950 : L'Homme de la Jamaïque de Maurice de Canonge
1951 : Les Petites Cardinal de Gilles Grangier
1951 : Au pays du soleil de Maurice de Canonge
1952 : Un jour avec vous de Jean-René Legrand
1952 : Torticola contre Frankensberg de Paul Paviot
1952 : La neige était sale de Luis Saslavsky
1952 : Sérénade au bourreau de Jean Stelli
1952 : Violettes impériales de Richard Pottier
1952 : La Double Méprise de Jean Béranger (cm)
1953 : Un caprice de Caroline chérie de Jean-Devaivre
1953 : Cet homme est dangereux de Jean Sacha
1954 : Les Corsaires du bois de Boulogne de Norbert Carbonnaux
1954 : Une balle suffit (La canción del penal) de Juan Lladó et Jean Sacha


Filmographie de Véra NORMAN
 
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