Claude NICOT
 Acteur et metteur en scène français
Claude Nicot n’avait pas son pareil pour jouer les fils de bonne famille timide, complexé et un peu ridicule. Avec sa silhouette malingre et son zézaiement reconnaissable, il a personnifié des seconds rôles attachants aussi bien au cinéma, à la télévision, au théâtre et à la radio.
Claude Nicot est né à Paris, le 12 février 1925. Il débute au théâtre à 17 ans et obtient son premier emploi remarqué grâce à Pierre Fresnay qui le choisit comme partenaire dans Si vous voulez de Paul Géraldy. Il occupe des rôles de jeunes premiers après-guerre notamment dans Savez-vous planter les choux ? de Marcel Achard et Une Femme libre d’Armand Salacrou. Élève de Charles Dullin, il entre dans la compagnie de Grenier/Hussenot.
Jeune premier timide et zozotant
Claude Nicot se montre surtout à l’aise dans le théâtre de boulevard dans l’univers d’André Roussin avec Lorsque l’Enfant paraît et Le Mari, la Femme et la Mort ou Sauvajon avec Treize à table. Il joue de petits rôles au cinéma comme Fifrelin dans deux aventures de Rouletabille incarné par Jean Piat, un photographe dans Monsieur Chasse, un page dans Monsieur Vincent, un assistant de réalisation dans Les Amants de Vérone, le futur gendre du juré Noël Roquevert dans Justice est faite, le petit ami de Micheline Gary dans Mammy ou l’assistant de Jean Tissier dans La Belle de Cadix. Hormis son rôle d’ébéniste éperdument amoureux d’une danseuse dans Les Filles Cardinal de Gilles Grangier, d’interne dans Un grand Patron avec Pierre Fresnay, du fils Duraton dans Les Duraton d’André Berthomieu et l’heureux amoureux d’Etchika Choureau dans le film musical Les Fruits de l’Été de Raymond Bernard, les rôles de Claude Nicot au cinéma sont assez discrets. Aussi, il s’oriente vers la télévision au début des années soixante. Il s’illustre dans un registre classique avec Les Maris de Léontine d’Alfred Capus avec Jean Piat, Le Serment d’Horace d’Henry Murger avec Jacques Dufilho, Le Médecin volant de Molière avec Lucien Baroux ou Les Aventures de Monsieur Pickwick de Dickens.
Une présence et une voix
Avec une grande palette de ressorts comiques, Claude Nicot joue les jeunes hommes efféminés dans Le Rouge est mis face à Jean Gabin. Il s’acclimate très bien de l’ambiance nouvelle vague de Michel Deville dans Adorable Menteuse ou du classicisme étouffant de Christian-Jaque dans Le Repas des Fauves jusqu’à la comédie à la française comme Faite sauter la Banque ou Clémentine chérie mais ses apparitions sur grand écran sont rares. Il intègre la troupe du TNP de Jean Vilar en 1959 et joue le premier rôle dans la création de Tueur sans gages d’Eugène Ionesco. On le retrouve dans La Mort de Danton et Le Songe d’une Nuit d’été. Il connaît une grande popularité grâce à ses participations à l’émission Au Théâtre ce soir dans J’y suis, j’y reste avec Anne-Marie Carrière, La Mariée était trop belle, Jean-Baptiste le mal aimé ou Mon Cœur balance qu’il met en scène. On entend sa voix reconnaissable dans le personnage de Théo Courant dans le feuilleton radiophonique Signé Furax pendant toutes les années cinquante, des doublages d’acteurs américains comme Robert Blake, Dom Del Luise aussi bien que des personnages animés comme Daffy Duke. Il participe à plusieurs feuilletons comme Les cinq dernières minutes, Les Enquêtes du commissaire Maigret, Marie Pervenche.
Un comédien discret mais brillant
Claude Nicot a été marié à l’actrice Barbara Sommers. Très investi dans son métier, il occupe pendant huit ans la présidence de la mutuelle des artistes dramatiques. Il crée la pièce Ne Réveillez pas Madame de Jean Anouilh avec en tête de distribution François Périer et Danièle Lebrun et fait une reprise de La Petite Hutte d’André Roussin. Il obtient en 1992 un Molière pour son rôle dans L’Antichambre de Brisville. Il fait une dernière apparition à l’écran dans la scène d’ouverture de Ça fait tilt d’André Hunebelle. La soixantaine passée, on retrouve le comédien auprès de Robert Lamoureux dans Diable d’Homme et Adelaïde 90. Il donne la réplique à Jacqueline Maillan dans La Facture de Françoise Dorin. Après une carrière discrète mais brillante, commencée tardivement selon les prévisions de son maître Charles Dullin qui lui disait : « Commence tard ta carrière , tu n’auras ta tête qu’à trente ans ! », Claude Nicot s’éteint le 19 décembre 1995 dans le treizième arrondissement de Paris, à l’âge de 71 ans.


FILMOGRAPHIE :

Avec Jacques Dufilho
1946 : Rouletabille contre la dame de pique de Christian Chamborant
1946 : Monsieur Chasse de Willy Rozier
1947 : Monsieur Vincent de Maurice Cloche
1947 : Rouletabille joue et gagne de Christian Chamborant
1949 : Un coup dur de Jean Loubignac (cm)
1949 : Une paire de gifles de Jean Loubignac (cm)
1949 : Les Amants de Vérone d’André Cayatte
1949 : Piège à hommes de Jean Loubignac
1950 : La Rue sans loi de Marcel Gibaud
1950 : Justice est faite d’André Cayatte
1950 : Minne, l'ingénue libertine de Jacqueline Audry
1951 : Le Passage de Vénus de Maurice Gleize
1951 : Mammy de Jean Stelli
1951 : Un grand patron d’Yves Ciampi
1951 : Les Petites Cardinal de Gilles Grangier
1952 : Foyer perdu de Jean Loubignac
1953 : La Belle de Cadix de Raymond Bernard
1953 : La Dame aux Camélias de Raymond Bernard
1954 : Huis clos de Jacqueline Audry
1955 : Treize à table d’André Hunebelle
1955 : Tant qu'il y aura des femmes d’Edmond T. Gréville
1955 : Les Fruits de l'été de Raymond Bernard
1956 : Les Duraton d’André Berthomieu
1957 : Le Rouge est mis de Gilles Grangier
1962 : Adorable Menteuse de Michel Deville
1963 : Clémentine chérie de Pierre Chevalier
1964 : Faites sauter la Banque de Raoul André
1964 : Le Repas des fauves de Christian-Jaque
1966 : Le Jardinier d'Argenteuil de Jean-Paul Le Chanois
1978 : Ça fait tilt d’André Hunebelle

Télévision :
1959 : Les Maris de Léontine d’André Leroux
1960 : Le Serment d’Horace de Stellio Lorenzi
1961 : On vous écrira de François Chatel
1961 : Le Médecin volant d’Ange Casta
1962 : Candide ou l’Optimisme de Pierre Cardinal
1962 : Le Fantôme de Canterville de Marcel Cravenne
1964 : Les Aventures de Monsieur Pickwick de René Lucot
1964 : Le Médecin malgré lui de François Gir
1964 : Blagapar, Les Grecs de Roger Iglesis
1966 : Anatole de Jean Valère
1966 : L'Homme qui a perdu son ombre de Marcel Cravenne
1969 : Le Comte Yoster a bien l’honneur, Les Mémoires d’un Gangster de Michael Braun
1970 : Les Six Jours d’Arlen Papazian
1972 : La Bonne Nouvelle de Jean-Paul Sassy
1973 : L’Espion dormant d’Agnès Delarive
1973 : En Scène pour le Un de Jean Pradinas
1974 : La Voleuse de Londres de Georges Neveux
1981 : Paris-Porto-Vecchio d’Anne Revel-Bertrand
1988 : Maigre et Le Chien jaune de Pierre Bureau


Filmographie de Claude NICOT
 
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