| Jean MURAT | ||
| Acteur français | ||
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Avec sa prunelle verte et le visage sombre, Jean Murat compta parmi les plus grands séducteurs virils de l'écran entre les années 20 et 30. La voix sourde et légèrement voilée, il ne s'est jamais déparé de son élégance racée et de son charme sportif. Jean Robert Édouard Murat voit le jour le 13 juillet 1888, à Périgueux. D'un père négociant, il poursuit ses études dans sa ville natale, puis à Rennes, et enfin en Indochine, où il passe une partie de sa jeunesse. En 1913, Jean Murat débute une carrière de journaliste et il devient correspondant à Berlin pour le quotidien parisien Le Matin. Quand la Première Guerre Mondiale éclate, il est fait prisonnier, mais parvient à s'évader en 1914. Il s'illustre alors dans l'aviation, et sera même blessé lors d'un combat aérien. Débuts aux USA En 1918, il est chargé d'une mission militaire officielle à New York. C'est là que Jean approche par hasard, le milieu cinématographique. Il suit un ami dans un studio, où le réalisateur Edward José cherche un acteur pour un petit rôle d'aviateur dans son film Mothers of men. Le metteur en scène aperçoit Jean Murat en costume et l'engage aussitôt. C'est donc aux États-Unis que Jean Murat entame sa carrière d'acteur au cinéma. Après un autre film américain, Expiaton de Fred Niblo, il rencontre le réalisateur Roger Lion en 1922, avec lequel il tourne plusieurs films, dont La sirène de pierre et Les yeux de l'âme au Portugal. Jeune premier, Jean Murat peut aussi tenir des rôles plus antipathiques, comme dans La galerie des monstres. Plusieurs grands réalisateurs s'intéressent à lui. Il apparaît ainsi dans Le stigmate de Louis Feuillade, et Jacques Feyder le fait jouer dans son Carmen auprès de Raquel Meller. On le voit même dans quelques films allemands, comme L'avocat du cour avec Lil Dagover, ou encore Échappé de l'Enfer avec Fritz Alberti. En 1929, il connaît le succès avec La nuit est à nous aux côtés de Marie Bell. Séducteur viril et distingué L'arrivée du cinéma parlant ne compromet en rien sa carrière, bien au contraire. Le public peut enfin découvrir sa belle voix ténébreuse. Jean Murat incarne alors l'archétype du héros sportif du cinéma des années trente. Solide, viril et distingué, arborant une fine moustache, il personnifie le séducteur, le gentleman, l'homme d'honneur, droit et carré. Parfait dans les rôles de capitaines, de militaires et d'aristocrates, il promène son élégante silhouette dans de nombreuses productions. Dans des versions françaises d'Hans Albers, il est Le capitaine Craddock en 1931, aux côtés de Käthe von Nagy, l'aviateur Droste dans la version française de I.F.1 ne répond plus, la même année, avec un autre grand séducteur, Charles Boyer. Il est aussi le duc d'Olivarès dans La kermesse héroïque de Jacques Feyder, l'un de ses films les plus marquants. Avec Annabella Il épouse l'actrice Annabella en octobre 1934, avec laquelle il interprète L'équipage et Anne-Marie. Leur couple, adulé par le public d'alors, ne dure que quatre ans, Annabella divorçant après être tombée amoureuse de Tyrone Power, lors d'un tournage aux États-Unis. Jean perpétue son personnage d'homme pur et dur dans Le capitaine Benoît. Par la suite, l'acteur, vieilli, se retrouve de plus en plus relégué à des rôles secondaires. Mais on le retrouve à nouveau dans un emploi de séducteur dans L'éternel retour ou de colonel dans Bethsabée, son élégance naturelle et sa noble prestance restant intactes. Il enchaîne les rôles de vieux colonel en retraite ou de bourgeois, y compris dans des productions étrangères comme Sur la Riviera avec Danny Kaye. En 1952, il interprète Louvois dans Si Versailles m'était conté de Sacha Guitry. Durant les années cinquante, sa carrière, sans être interrompue, perd un peu en qualité, malgré quelques compositions intéressantes, notamment un sempiternel rôle de général, dans Les grandes familles. Éternelle élégance Marié avec une certaine Monique Brandt en 1942, de cette union éphémère lui est resté une fille, Martine et une grande fierté de cette paternité tardive. En 1963, il tourne en Italie son dernier film Le Pont des Soupirs. La mise toujours élégante, le regard pétillant mais le poil blanchi, il s'éloigne du devant de la scène dans une maisonnette d'Aix-en-Provence. C'est là qu'un infarctus vient le cueillir sans bruit et sans tapage le 4 janvier 1968. Jean Murat qui ne s'était jamais aliéné de ce lien privilégié qu'il avait noué avec les femmes s'était effacé de l'actualité du cinéma mais non de sa mémoire. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Annabella |
1919 : Mothers of men d'Edward José 1920 : Expiation (sex) de Fred Niblo 1922 : La sirène de pierre (A sereia de pedra) de Roger Lion 1923 : Les yeux de l'âme (Os olhos da alma) de Roger Lion 1923 : Souvent femme varie de Jean Legrand 1924 : L'autre aile d'Henri Andreani 1924 : La galerie des monstres de Jaque-Catelain & Marcel L'Herbier 1924 : La fontaine des amours de Roger Lion 1924 : Le stigmate de Louis Feuillade 1925 : Le roi de la pédale de Maurice Champreux 1925 : Les fiançailles rouges de Roger Lion 1926 : Carmen de Jacques Feyder 1926 : Valencia (Valencia du schönste aller rosen ...) de Jaap Speyer 1926 : La proie du vent de René Clair 1926 : L'avocat du cour (der anwalt des herzens) de Wilhelm Thiele 1927 : Le duel de Jacques de Baroncelli 1927 : Nostalgie (Heimweh) de Gennaro Righelli 1927 : Le looping de la mort d'Arthur Robison 1927 : L'équipage de Maurice Tourneur 1927 : Échappé de l'enfer (Flucht aus der hölle) de Georg Asagaroff 1928 : La grande épreuve d'Alexander Ryder, R. Duges & Joë Hamman 1928 : L'eau du Nil de Marcel Vandal 1928 : L'évadée / Le secret de Délia d'Henri Menessier 1928 : Le carrousel de la mort (Das Karussell des Todes) d'Heinz Paul 1928 : La divine croisière de Julien Duvivier 1929 : La nuit est à nous de Roger Lion 1929 : Nuit d'angoisse (Masken) de Rudolf Meinert 1929 : Vénus (Venus) de Louis Mercanton 1929 : La tentation de René Leprince & René Barberis 1930 : La femme d'une nuit de Marcel L'Herbier 1930 : La folle aventure d'André-Paul Antoine & Carl Froelich 1930 : 77 rue Chalgrin d'Albert de Courville 1930 : Un trou dans le mur de René Barberis 1930 : Le marché de l'amour (Der Liebesmarkt) d'Heinz Paul 1931 : Barcarolle d'amour de Carl Froelich & Henry Roussell 1931 : Dactylo de Wilhelm Thiele 1931 : I.F.1 ne répond plus de Karl Hartl 1931 : Le capitaine Craddock d'Hans Schwartz & Max de Vaucorbeil 1931 : Paris-Méditerranée de Joe May 1932 : L'homme à l'Hispano de Jean Epstein 1932 : Le dernier choc de Jacques de Baroncelli 1932 : Le vainqueur d'Hans Hinrich & André Daven 1932 : Stupéfiants de Kurt Gerron & Roger Le Bon 1933 : Un certain monsieur Grant de Gerhardt Lamprecht & Roger Le Bon 1933 : Mademoiselle Josette, ma femme d'André Berthomieu 1933 : La châtelaine du Liban de Jean Epstein 1933 : Toi que j'adore de Géza von Bolváry & Albert Valentin 1934 : Le secret des Woronzeff d'Arthur Robison & André Beucler 1934 : Dactylo se marie de Joe May & René Pujol 1935 : L'équipage d'Anatole Litvak 1935 : La sonnette d'alarme de Christian-Jaque 1935 : La kermesse héroïque de Jacques Feyder 1935 : Deuxième bureau de Pierre Billon 1935 : Les mutinés de l'Elseneur de Pierre Chenal 1936 : Anne-Marie de Raymond Bernard 1936 : La guerre des gosses de Jacques Daroy 1936 : L'homme à abattre de Léon Mathot 1937 : Troïka sur la piste blanche de Jean Dréville 1937 : Aloha, le chant des îles de Léon Mathot 1938 : Nuits de prince de Vladimir Strijewski 1938 : J'étais une aventurière de Raymond Bernard 1938 : Le capitaine Benoît de Maurice de Canonge 1939 : Le père Lebonnard de Jean de Limur 1941 : Les hommes sans peur d'Yvan Noé 1941 : Six petites filles en blanc d'Yvan Noé 1942 : La chèvre d'or de René Barberis 1942 : Mademoiselle Swing de Richard Pottier 1942 : L'appel du bled de Maurice Gleize 1942 : La femme perdue de Jean Choux 1943 : L'éternel retour de Jean Delannoy 1945 : Christine se marie de René Le Hénaff 1946 : Chemins sans loi de Gaston Radot 1947 : Bethsabée de Léonide Moguy 1948 : Bagarres d'Henri Calef 1950 : Les aventuriers de l'air de René Jayet 1951 : Riche, jeune et jolie (Rich, young and pretty) de Norman Taurog 1951 : Sur la Riviera (On the Riviera) de Walter Lang 1952 : Si Versailles m'était conté de Sacha Guitry 1952 : La nuit est à nous de Jean Stelli 1953 : Le guérisseur d'Yves Ciampi 1953 : Le grand pavois de Jacques Pinoteau 1953 : Alerte au sud de Jean Devaivre 1954 : Opération tonnerre de Gérard Sandoz 1954 : Huis clos de Jacqueline Audry 1955 : Les révoltés (Il mantello rosso) de Giuseppe Maria Scotese 1955 : L'amant de Lady Chatterley de Marc Allégret 1956 : Trois de la marine de Maurice de Canonge 1956 : Mission diabolique (Der Fuchs von Paris) de Paul May 1956 : À Paris tous des deux (Paris holiday) de Gerd Oswald 1957 : Les misérables de Jean-Paul Le Chanois 1957 : Paris clandestin de Walter Kapps 1958 : Ces dames préfèrent le mambo de Bernard Borderie 1958 : Les grandes familles de Denys de La Patellière 1958 : Le vent se lève d'Yves Ciampi 1959 : Résurrection (Aufertehung) de Rolf Hansen 1960 : Les plaisirs du samedi soir (I piaceri del sabato notte) de Daniele d'Anza 1961 : Les sept péchés capitaux, « L'envie » d'Edouard Molinaro 1962 : It happened in Athens d'Andrew Marton 1963 : Le pont des Soupirs (il ponte des Sospiri) de Piero Pierotti & Carlo Campogalliani Filmographie de Jean MURAT | |
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