| Marcel MOULOUDJI | ||
| Acteur et chanteur français | ||
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De son nom de naissance Marcel Roux, Marcel Mouloudji naît à Paris, le 16 septembre 1922. Sa mère est venue de sa Bretagne natale pour gagner sa vie comme bonne dans la capitale. Son père naturel, Saïd Mouloudji, originaire de Kabylie, est manœuvre. Marcel sera reconnu et légitimé par le mariage de ses parents en 1930. Marcel, traîne souvent dans la rue d'autant que sa mère souffrant de troubles psychiques fait des séjours de plus en plus fréquents en milieu hospitalier où elle décède prématurément au début des années quarante. C'est avec beaucoup d'affection que Mouloudji, devenu célèbre, évoquera sa famille quand il écrira ses mémoires. En attendant, il fréquente en pleine période du Front Populaire le groupe Octobre, compagnie théâtrale de sensibilité communiste. Il y rencontre Jacques Prévert qui le fait engager comme figurant par Marcel Carné pour le film Jenny avec Françoise Rosay en propriétaire de boîte de nuit. Un gosse de la rue Avec son naturel de gamin déluré encore emprunt de la naïveté de l'enfance, il conquiert très vite les réalisateurs dont Christian-Jaque qui le dirige dans l'adaptation mythique du roman de Pierre Véry Les disparus de Saint-Agil où trois collégiens rêvent de l'Amérique, entre un professeur de dessin joué par Michel Simon et un professeur d'anglais, Erich von Stroheim. Il retrouve le réalisateur pour la coproduction franco-allemande Le grand Élan et dans L'Enfer des Anges qui reconduit le trio des Disparus avec Serge Grave et Jean Claudio. Il joue un gamin frondeur dans Claudine à l'école, un cancre dans L'Entraîneuse et un petit gondolier dans À Venise une nuit. Des rôles marquants de délinquant Pendant l'occupation, Marcel Mouloudji est l'interprète de la fidèle adaptation par Henri Decoin du roman de Georges Simenon Les inconnus dans la maison. Aux côtés de Raimu, avocat déchu, il campe un jeune homme aux origines douteuses comme l'écrit l'auteur, Ephraïm Luscka, qui sera rebaptisé Amédée dans la version sortie après guerre pour laquelle Decoin est frappée de disgrace. L'année de ses vingt ans, l'acteur joue un jeune marin dans Les cadets de l'Océan de Jean Dréville et un ramoneur dans Adieu Léonard où il retrouve la bande des frères Prévert. Il chante aussi dans les cabarets et réussit à échapper au Service du Travail Obligatoire en Allemagne. À la libération, il est à l'affiche du Bataillon du ciel avec Pierre Blanchar, Raymond Bussières, et André Le Gall. Il est ensuite cantonné dans des rôles secondaires si l'on excepte le film d'André Cayatte Nous sommes tous des assassins où il impressionne dans le rôle d'un jeune traumatisé de guerre condamné à mort. De Prévert à Vian Intégré dans le Paris de Saint-Germain-des-Prés, il se lance dans la chanson, ne conservant que son patronyme. Il écrit et chante les complaintes de La Maison Bonnadieu, La Vie d'un honnête homme et surtout Un jour tu verras dans Secret d'alcôve. À la même époque, Mouloudji monte sur scène pour interpréter des œuvres qui font désormais partie des meilleures anthologies de la chanson française comme On m'a donné une âme, La complainte de la Butte, Barbara et bien d'autres. Il y a aussi Le déserteur de Boris Vian, interdit à l'antenne alors que le conflit indochinois se termine et que se profilent les événements de l'Algérie encore française. Pour donner un message plus universel, Mouloudji modifie quelques vers. L'auteur mécontent enregistrera lui-même la version originale. Mouloudji s'eloigne du cinéma mais tourne néanmoins dans l'Espagne de Franco Deux hommes sont arrivés avec Francisco Rabal. Artiste complet Après une dernière apparition à l'écran en 1961 dans La Planque de Raoul André, Marcel Mouloudji ne se consacre plus qu'à la chanson et tente de monter sa propre maison de disque sous forme coopérative. Il publie plusieurs romans (Enrico, La guerre buissonnière) et des pièces de théâtre (Quatre femmes, Les Sargasses) et conserve la peinture comme violon d'Ingres. Toujours fidèle à ses convictions de jeunesse, il s'enthousiasme pour les mouvements protestataires de Mai 1968 et s'insurge contre le coup d'état du général Pinochet. Il sait cependant garder une indépendance pleine de lucidité comme en témoignent ses chansons, Faut vivre, Que le temps passe vite ou Autoportrait (Athée, ô grâce à Dieu !). Dans les années quatre-vingts, il part en tournée dans toute la France. Puis il s'éloigne de la scène. Il s'éteint le 14 juin 1994 à Neuilly-sur-Seine en région parisienne. Marcel Mouloudji, artiste atypique, tendre et généreux, marié à Louise Fouquet, son agente artistique depuis 1943 et père de Grégory né en 1960 et d'Annabelle née en 1967, tient une place à part dans le cour de tous les Français qu'il a conquis pour toujours grâce à son immense talent. Un grand Monsieur, vraiment. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Boris Vian |
1936 : Jenny de Marcel Carné 1936 : La guerre des gosses de Jacques Daroy 1936 : Ménilmontant de René Guissart 1937 : Claudine à l'école de Serge de Poligny 1937 : Mirages d'Alexander Ryder 1937 : A Venise, une nuit de Christian-Jaque 1938 : Les gaietés de l'exposition d'Ernest Hajos 1938 : Les disparus de Saint-Agil de Christian-Jaque 1938 : L'entraîneuse d'Albert Valentin 1939 : Le grand élan de Christian-Jaque & Harry R. Sokal 1939 : L'enfer des anges de Christian-Jaque 1940 : Premier bal de Christian-Jaque 1941 : Les inconnus dans la maison d'Henri Decoin 1942 : Les cadets de l'océan de Jean Dréville 1942 : L'ange de la nuit d'André Berthomieu 1943 : Vautrin de Pierre Billon 1944 : Adieu Léonard de Pierre Prévert 1944 : Les Roquevillard de Jean Dréville 1946 : Boule de suif de Christian-Jaque 1946 : Le bataillon du ciel d'Alexandre Esway 1947 : Les jeux sont faits de Jean Delannoy 1947 : Les eaux troubles d'Henri Calef 1948 : Bagarres d'Henri Calef 1949 : La maternelle d'Henri Diamant-Berger 1949 : La souricière d'Henri Calef 1949 : Tête blonde de Maurice Cam 1950 : Justice est faite d'André Cayatte 1951 : La maison Bonnadieu de Carlo Rim 1951 : Gibier de potence de Roger Richebé 1952 : Nous sommes tous des assassins d'André Cayatte 1952 : La vie d'un honnête homme de Sacha Guitry 1952 : Trois femmes d'André Michel 1953 : Boum sur Paris de Maurice de Canonge 1954 : Tout chante autour de moi de Pierre Gout 1954 : Secrets d'alcôve, « Riviera-Express » de Ralph Habib 1955 : Les indiscrètes de Raoul André 1956 : Jusqu'au dernier de Pierre Billon 1956 : Rafles sur la ville de Pierre Chenal 1958 : Deux hommes sont arrivés (llegaron dos hombres) d'E Fernández Ardavín & A. Mattsson 1961 : La planque de Raoul André 1962 : Le livre muet de Gérard Dumont (tv) Filmographie de Marcel MOULOUDJI | |
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