| Jean-Pierre MOCKY | ||
| Acteur, scénariste et réalisateur français | ||
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Anar et iconoclaste, Jean-Pierre Mocky portait en lui cette audace libertaire unique dans l'histoire du cinéma de l'après-guerre. Ses coups de gueule, ses propos provocateurs, ses tournages marquées par une hystérie de la création dans l’urgence, ses dénonciations foutraques des plaies de la société en ont fait un symbole d’un cinéma fauché mais en liberté. L’acteur était à l’image du créateur, insolent, narquois mais toujours d’une sincérité confondante. Jean-Pierre Mocky, de son vrai nom Jean-Paul Adam Mokiejewski est né le 6 juillet 1929 à Nice d'un père juif polonais et d'une mère catholique convertie au judaïsme. Il commence sa carrière artistique en faisant de la figuration dans Vive la liberté! de Jeff Musso qui dénonce les profiteurs de guerre. Le film tourné en 1944 ne sort qu’après la Libération. Il exerce divers boulots comme maître nageur et poursuit dans des petits rôles d’ados dans Macadam de Jacques Feyder, Les Casse-pieds de Jean Dréville et Le Paradis des pilotes perdus aux côtés de Daniel Gélin et Henri Vidal. Il fait une apparition dans Orphée de Jean Cocteau et joue les aspirants dans Le Grand Pavois de Jack Pinoteau. Cet engagement dans le théâtre et le cinéma ne l’empêche de faire de brillantes études, étant le plus jeune bachelier de France. Jeune premier en France et en Italie Jean-Pierre Mocky mène une existence atypique. Secrétaire d’Erich von Stroheim, acteur pour Antonioni dans Les Vaincus, assistant de Federico Fellini sur La Strada et Luchino Visconti sur Senso, il fait aussi du mannequinat en Italie avec son copain Clint Eastwood. Il donne la réplique à Jean Marais dans Le comte de Monte Cristo de Robert Vernay, à Jean Gabin dans Le Rouge est mis et à Lino Ventura et Charles Vanel dans Le Gorille vous salue bien. En 1958, il écrit le scénario de La tête contre les murs, adapté du roman d’Hervé Bazin mais jugé trop jeune pour le mettre en scène, la réalisation est confiée à Georges Franju, Mocky devant se contenter d’interpréter François, interné dans un hôpital psychiatrique qui rêve d’évasion. Auprès d’Anouk Aimée et Charles Aznavour, le film lui apporte la célébrité. Réalisateur iconoclaste Dans la foulée, Jean-Pierre Mocky réalise son premier film Les Dragueurs. Ses premiers films témoignent de l’état d’esprit de la jeunesse contestataire et fustige les élites du pouvoir, bourgeois, prêtres, militaires. En 1963, il engage Bourvil dans Un drôle de paroissien, pamphlet anticlérical qui met en scène un aristocrate fauché pilleur de troncs. Il retrouve Bourvil pour trois autres satires sociales dans lesquelles il n’apparaît pas comme acteur. C’est La grande Frousse, La Grande Lessive et L’Étalon. Pour ne pas être en reste, il dirige Fernandel dans La Bourse et la Vie mais la complicité est moindre. Dans les années 70, le réalisateur se met en scène dans des polars sombres à l’humour corrosif comme Solo avec Anne Deleuze, L’Albatros avec Marion Game, L’Ombre d’une Chance, Un Linceul n’a pas de poches avec Michael Lonsdale, Le Piège à cons ou L’Ibis rouge auprès de Michel Simon et Michel Serrault. Jean-Pierre Mocky reste le plus souvent lui-même dans ses personnages souvent inspirés du film noir américain avec feutre, écharpe et imperméable. Le soutien de stars payées au rabais Dans les années 1980, il poursuit son œuvre de destruction, pamphlétaire et incisive avec À mort l'arbitre sur les débordements de supporters de football, Le Miraculé sur les pèlerins de Lourdes. Des stars acceptent de paraître dans ses films pour un cachet revu à la baisse comme Catherine Deneuve dans Agent Trouble, une belle brochette de stars dans Une Nuit à l’assemblée générale ou Y a-t-il un Français dans la salle, Jeanne Moreau dans Le Miraculé, Charles Vanel et Denise Grey dans Les Saisons du Plaisir ou la bande de copains (Philippe Léotard, Tom Novembre, Eddy Mitchell) dans Ville à vendre. Il reste surtout attiré par des acteurs possédant une vraie gueule de cinéma comme Dominique Zardi, Philippe Castelli ou Jean Saudray. La frénésie du tournage Si ses films rencontrent un succès moindre à partir de 1996, le cinéaste conserve son enthousiasme et son pouvoir d’indignation pour enchaîner une trentaine de films et une soixantaine de téléfilms tournés avec un préambule à la Hitchcock. Jean-Pierre Mocky prétendait avoir eu des jumeaux, Frédéric et Marc avec une jeune fille Monique Bodin alors qu’il avait 13 ans (en réalité 18) mais le mariage ne dure que quelques mois. Il se remarie avec l’actrice Véronique Nordey en 1967 et de cette union était né Stanislas en 1966, futur metteur en scène. Il a une autre fille Olivia Mokiejewski avec le mannequin Marisa Muxen et partage depuis 2000 la vie de son actrice fétiche Patricia Barzyk. Personnage imprévisible et attachant, Jean-Pierre Mocky décède le 8 août 2019 à son domicile parisien. Quelques jours avant sa mort, il était encore à pied d’œuvre pour son dernier film Tous flics qui ne sortira qu’en 2020. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Bourvil |
1942 : Les visiteurs du soir de Marcel Carné 1943 : Les petites du quai aux fleurs de Marc Allégret 1944 : Les enfants du paradis de Marcel Carné 1944 : Vive la liberté ! de Jeff Musso 1945 : L’affaire du collier de la reine de Marcel L’Herbier 1946 : Macadam de Jacques Feyder & Marcel Blistène 1946 : Rêves d’amour de Christian Stengel 1946 : L’homme au chapeau rond de Pierre Billon 1946 : La cabane aux souvenirs de Jean Stelli 1948 : Le paradis des pilotes perdus de Georges Lampin 1948 : Les casse-pieds de Jean Dréville 1948 : Portrait d’un assassin de Bernard-Roland 1948 : Cartouche, roi de Paris de Guillaume Radot 1948 : Docteur Laënnec de Maurice Cloche 1949 : Nuit de noces de René Jayet 1949 : Orphée de Jean Cocteau 1949 : Occupe-toi d’Amélie de Claude Autant-Lara 1949 : Au grand balcon de Henri Decoin 1950 : Dieu a besoin des hommes de Jean Delannoy 1950 : Bibi Fricotin de Marcel Blistène 1951 : Les joyeux pèlerins de Fred Pasquali 1951 : Deux sous de violettes de Jean Anouilh 1951 : Eternel espoir de Max Joly 1952 : La neige était sale de Luis Saslavsky 1952 : Les vaincus (I Vinti) de Michelangelo Antonioni 1952 : Chansons du demi-siècle (Canzoni di mezzo secolo) de Domenico Paolella 1953 : Maternité clandestine de Jean Gourguet 1953 : Le grand pavois de Jacques Pinoteau 1954 : Senso (Senso) de Luchino Visconti 1953 : Graziella (Graziella) de Giorgio Bianchi 1953 : Le comte de Monte-Cristo de Robert Vernay 1955 : Les égarés (Gli sbandati) de Francesco Maselli 1956 : Le rouge est mis de Gilles Grangier 1957 : Le gorille vous salue bien de Bernard Borderie 1958 : La tête contre les murs de Georges Franju 1959 : Un couple de Jean-Pierre Mocky 1961 : Snobs ! de Jean-Pierre Mocky 1963 : Un drôle de paroissien de Jean-Pierre Mocky 1966 : Les compagnons de la marguerite de Jean-Pierre Mocky 1968 : Solo de Jean-Pierre Mocky 1971 : L’albatros de Jean-Pierre Mocky 1971 : Le sourire vertical de Robert Lapoujade 1973 : L’ombre d’une chance de Jean-Pierre Mocky 1974 : Un linceul n’a pas de poches de Jean-Pierre Mocky 1979 : Le piège à cons de Jean-Pierre Mocky 1981 : Litan de Jean-Pierre Mocky 1982 : Prénom : Carmen de Jean-Luc Godard 1983 : À mort l’arbitre ! de Jean-Pierre Mocky 1985 : La machine à découdre de Jean-Pierre Mocky 1986 : Le miraculé de Jean-Pierre Mocky 1986 : Le bridge de Gilles Dagneau (cm) 1987 : Agent trouble de Jean-Pierre Mocky 1989 : Divine enfant de Jean-Pierre Mocky 1989 : Il gèle en enfer de Jean-Pierre Mocky 1990 : Mocky story de Jean-Pierre Mocky 1992 : Le mari de Léon de Jean-Pierre Mocky 1992 : Ville à vendre de Jean-Pierre Mocky 1993 : Ralph, la course du Phoenix de François Raych 1997 : Robin des mers de Jean-Pierre Mocky 1998 : Vidange de Jean-Pierre Mocky 1999 : Tout est calme de Jean-Pierre Mocky 1999 : La candide madame Duff de Jean-Pierre Mocky 2000 : Le glandeur de Jean-Pierre Mocky 2000 : La bête de miséricorde de Jean-Pierre Mocky 2001 : Les araignées de la nuit de Jean-Pierre Mocky 2003 : Touristes ? Oh yes ! de Jean-Pierre Mocky 2006 : Le bénévole de Jean-Pierre Mocky 2006 : Tous les hommes sont des romans de Renan Pollès & Alain Riou 2007 : Les ballets écarlates de Jean-Pierre Mocky 2007 : Myster Mocky présente de Jean-Pierre Mocky (tv), 59 épisodes 2010 : Les insomniaques de Jean-Pierre Mocky 2010 : Dossier Toroto de Jean-Pierre Mocky 2011 : Le mentor de Jean-Pierre Mocky 2011 : Americano de Mathieu Demy 2012 : À votre bon cœur Mesdames de Jean-Pierre Mocky 2012 : Catilina ou le venin de l’amour de Orest Romero 2012 : Chapeau de Jean-Pierre Mocky (cm) 2012 : Putain de lune de Lou Bohringer (cm) 2012 : La traversée de Paris, Baby d’Arnaud Baumann (cm) 2013 : Calomnies de Jean-Pierre Mocky 2013 : Le mystère des jonquilles de Jean-Pierre Mocky 2014 : Tu es si jolie ce soir de Jean-Pierre Mocky 2014 : Les compagnons de la Pomponette de Jean-Pierre Mocky 2014 : Marlowe de Sarah Barzyk (cm) 2015 : Monsieur Cauchemar de Jean-Pierre Mocky 2015 : Dolorès de Sarah Barzyk (cm) 2016 : Vénéneuses de Jean-Pierre Mocky 2016 : Le Redoutable de Michel Hazanavicius 2017 : Votez pour moi! de Jean-Pierre Mocky 2018 : L’amour dévoué de Timmy D’Arnay 2019 : Tous flics! de Jean-Pierre Mocky Filmographie de Jean-Pierre MOCKY | |
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