Roger LEGRIS
 Acteur français
Trublion insolite à la crinière frisée et au regard éberlué, Roger Legris n’a fait le plus souvent que de courtes apparitions au cinéma mais avec les plus grands réalisateurs des années trente. On retient de son parcours unique les rôles décalés que lui a confiés Jean-Pierre Mocky dans presque tous ses films entre 1960 et 1970.
Jean Roger Legris est né à Malakoff, le 3 juillet 1898. Acteur de vaudeville, il entre à 30 ans dans la compagnie de Gaston Baty qu’il quitte en 1934 pour créer la compagnie Prémices, proche dans l’esprit au groupe Octobre de Jacques Prévert. Fidèle à la scène, il interprète le mélo d’Adolphe d’Ennery et Eugène Comon, Les Deux Orphelines en 1941 auprès de Blanchette Brunoy.
Des apparitions courtes mais remarquées
Roger Legris joue un cambrioleur nommé Moutarde dans Dans les Rues de Victor Trivas en 1933. Il apparaît à contre-courant de l’intrigue comme un pierrot lunaire dans une multitude de chefs-d’œuvre des années trente, signé de grands noms comme Max Ophüls dans La Tendre Ennemie, Jacques Feyder dans La Kermesse héroïque, Marc Allégret dans Sous les Yeux de l’Occident, Julien Duvivier dans Pépé le Moko en truand et La Belle Équipe en garçon d’hôtel et Un Carnet de Bal en petite frappe, Pierre Billon dans Courrier Sud d’après Saint-Exupéry, Marcel L’Herbier dans Nuits de Feu, Robert Siodmak dans Mollenard en opérateur de radio, Marcel Carné dans Le Quai des Brumes et Christian-Jaque dans Raphael Le Tatoué. Il accompagne Jean Gabin dans Le Récif de Corail, Pierre Richard-Willm dans Le Roman de Werther, Michèle Morgan dans L’Entraîneuse, Jean-Pierre Aumont dans Le Déserteur et Rellys dans Narcisse.
Collaborateur banni
Pendant la guerre, Roger Legris tourne deux films incroyablement niais sous la direction de Pierre Caron, Pension Jonas où il se contente de dormir, fidèle à son sobriquet La Marmotte et Ne Bougez plus avec Paul Meurisse et Saturnin Fabre. Il avait déjà tourné avec Pierre Caron, le sympathique mais peu élevé Bécassine avec Paulette Dubost. On le retrouve en photographe pour une courte scène de Le Dernier des Six, le légionnaire Lebon dans Patrouille Blanche et le paysan Millette dans L’Auberge de l’Abîme de Willy Rozier auprès de Roger Duchesne. Ce dernier film marque la fin des deux acteurs, convaincus de collaboration. Roger Legris choisit l’exil et ne réapparaîtra que dans un rôle non crédité dans Le Chacutier de Machonville de Vicky Ivernel en 1946. C’est Sacha Guitry qui lui remet le pied à l’étrier en lui confiant un rôle mémorable d’idiot du village dans Le Trésor de Cantenac. Ses participations en pointillé dans les années 50 ne brillent pas par leur originalité. Raoul André l’autorise à quelques facéties auprès de son épouse Louise Carletti dans L’Assassin est à l’écoute, Une Fille à croquer, Les Pépées au service secret ou Les Indiscrètes. Dans ce domaine du cinéma du samedi soir, il tourne avec Maurice Cloche dans Rayés des Vivants, Guy Lefranc dans Capitaine Pantoufle ou René Jolivet dans Un certain monsieur Jo dans lequel il est aveugle. Il fait une première apparition auprès de Jean-Pierre Mocky dans La Tête contre les murs de Georges Franju dans lequel il est le chauffeur de Pierre Brasseur.
Come-back grâce à Mocky
Roger Legris devient un habitué des films de Mocky, passé à la réalisation. Il faut reconnaître qu’il a parfaitement le profil du bestiaire du cinéaste iconoclaste. Il est Nicolas Grimon qui shampooine le crâne dégarni de Fred Pasquali dans Snobs, le sacristain qui salue le pilleur de troncs dans Un Drôle de Paroissien, pharmacien dans La Grande Frousse avec Bourvil comme dans La Bourse et la Vie avec Fernandel, président de tribunal dans Les Compagnons de la Marguerite, le père Loupioc, géniteur de Francis Blanche dans La grande Lessive pour finir président de l’Assemblée Nationale dans L’Étalon, son dernier film, la brouille avec Mocky (au sujet de son anticléricalisme selon le cinéaste) ayant marqué la fin de sa carrière. La fin de vie de l’acteur reste assez obscure. Retiré de la vie publique et banni d’une partie de la profession, il décède le 22 mai 1981 au Kremlin-Bicêtre dans un total anonymat à l’âge de 83 ans.


FILMOGRAPHIE :

Avec Paulette Dubost
1932 : Dans les Rues de Victor Trivas
1933 : Adémaï aviateur de Jean Tarride
1934 : Les Nuits moscovites d’Alexis Granowski
1934 : Le Diable en bouteille de Heinz Hilpert et Reinhart Steinbicker
1934 : L'Amour en cage de Karel Lamac et Jean de Limur
1934 : La Maison dans la dune de Pierre Billon
1935 : Barcarolle de Gerhard Lamprecht et Roger Le Bon
1935 : La Tendre Ennemie de Max Ophüls
1935 : La Kermesse héroïque de Jacques Feyder
1935 : Une bonne affaire de Victor de Fast (cm)
1936 : Sous les yeux d'occident de Marc Allégret
1936 : Pépé le Moko de Julien Duvivier
1936 : Un mauvais garçon de Jean Boyer
1936 : La Belle Équipe de Julien Duvivier
1936 : Puits en flammes de Victor Tourjansky
1936 : Vous n'avez rien à déclarer ? de Léo Joannon
1936 : Courrier sud de Pierre Billon
1936 : Le Grand Refrain d'Yves Mirande
1936 : Nuits de feu de Marcel L'Herbier
1937 : L'Occident d'Henri Fescourt
1937 : Un carnet de bal de Julien Duvivier
1937 : Miarka, la fille à l'ourse de Jean Choux
1937 : Feu ! de Jacques de Baroncelli
1937 : L'Affaire Lafarge de Pierre Chenal
1937 : La Dame de pique de Fedor Ozep
1937 : Mollenard de Robert Siodmak
1937 : Le Mensonge de Nina Petrovna de Victor Tourjansky
1937 : Le Cantinier de la coloniale d'Henry Wulschleger
1938 : Le Quai des brumes de Marcel Carné
1938 : Le Cœur ébloui de Jean Vallée
1938 : Le Révolté de Léon Mathot et Robert Bibal
1938 : Raphaël le tatoué de Christian-Jaque
1938 : Le Récif de corail de Maurice Gleize
1938 : Le Roman de Werther de Max Ophüls
1938 : L'Entraîneuse d'Albert Valentin
1938 : Deuxième Bureau contre Kommandantur de René Jayet et Robert Bibal
1938 : Bécassine de Pierre Caron
1939 : Vidocq de Jacques Daroy
1939 : Le Déserteur (ou Je t'attendrai) de Léonide Moguy
1939 : L'Or du Cristobal de Jean Stelli et Jacques Becker
1939 : Grey contre X de Pierre Maudru et Alfred Gragnon
1939 : Moulin rouge d'André Hugon
1940 : Narcisse d’Ayres d'Aguiar
1941 : Ne bougez plus de Pierre Caron
1941 : Pension Jonas de Pierre Caron
1941 : Le Dernier des six de Georges Lacombe
1941 : Patrouille blanche de Christian Chamborant
1942 : L'Auberge de l'abîme de Willy Rozier
1946 : Le Charcutier de Machonville de Vicky Ivernel
1948 : L'assassin est à l'écoute de Raoul André
1949 : Le Trésor de Cantenac de Sacha Guitry
1950 : Fait divers à Paris de Dimitri Kirsanoff
1950 : Une fille à croquer de Raoul André
1950 : Atoll K de Léo Joannon
1950 : Sucre et sécurité de G. Damas (cm)
1951 : Le Gantelet vert (The green Glove) de Rudolph Maté
1952 : Rayés des vivants de Maurice Cloche
1953 : Capitaine Pantoufle de Guy Lefranc
1955 : Les Indiscrètes de Raoul André
1955 : Les Pépées au service secret de Raoul André
1957 : Un certain monsieur Jo de René Jolivet
1958 : Sois belle et tais-toi de Marc Allégret
1958 : La Tête contre les murs de Georges Franju
1959 : Le Fric de Maurice Cloche
1959 : Les Affreux de Marc Allégret
1961 : Snobs ! de Jean-Pierre Mocky
1963 : Un drôle de paroissien de Jean-Pierre Mocky
1964 : La Cité de l'indicible peur ou La Grande Frousse de Jean-Pierre Mocky
1965 : La Bourse et la Vie de Jean-Pierre Mocky
1967 : Les Compagnons de la Marguerite de Jean-Pierre Mocky
1968 : La Grande Lessive (!) de Jean-Pierre Mocky
1969 : L'Étalon de Jean-Pierre Mocky


Filmographie de Roger LEGRIS
 
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