| René LEFÈVRE | ||
| Acteur et écrivain français | ||
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De jeune premier un peu gauche et timide au patriarche bonhomme et goguenard, René Lefèvre a déroulé sur cinq décennies une carrière prolifique. René Paul Louis Lefèvre naît le 6 mars 1898 à Nice. Ses parents le poussent à devenir marin, mais René a le mal de mer et de toute façon sa vocation est tout autre. Il veut être comédien. En attendant de percer dans cet univers sélectif, il ne boude aucun petit boulot. En 1916, il s'engage dans l'infanterie et devient l'ami de Joseph Kessel. Puis il a la chance de devenir l'assistant du réalisateur Julien Duvivier et fait ses premières armes au théâtre des Champs-Élysées à Paris. Il y apprend son métier avec un maître d'exception, Louis Jouvet, et rencontre le succès en jouant dans Knock de Jules Romains. C'est avec un film muet, adapté de cette pièce, Knock ou le triomphe de la médecine de René Hervil, que le néophyte se lance sur grand écran, auprès de Fernand Fabre dans le rôle du docteur Knock. Un candide attachant Dès lors, le cinéma lui ouvre grand ses portes. Les rôles qu'on lui confie s'inspirent autant de son visage débonnaire que de son oil narquois. Fiancé maladroit dans Le mariage de mademoiselle Beulemans de Julien Duvivier, il se mue en paysan matois dans Pas si bête d'André Berthomieu, avec Madeleine Carroll, ou encore en précepteur timoré dans Ces dames aux chapeaux verts du même réalisateur. Pour la comédie musicale de René Clair Le Million en 1930, il campe avec drôlerie un artiste peintre fauché qui se lance à la poursuite de l'escroc détenteur de son billet de loterie gagnant. Jean de la Lune, dans le film éponyme de Jean Choux, le révèle en poète rêveur et candide, bienveillant, amoureux confiant de son épouse volage Marceline, jouée par Madeleine Renaud. Un registre qui imprègne nombre de petites comédies dans lesquelles l'acteur se commet au début des années 1930, comme L'âne de Buridan d'Alexandre Ryder ou La femme idéale d'André Berthomieu. L'année 1934 marque une rupture dans la carrière de René Lefèvre. Passionné par les chevaux, il chute de son cheval au cours d'une course hippique et se brise le nez. Dès lors l'acteur renonce aux rôles de jeune premier pour se diriger vers des interprétations plus denses. Jean Renoir le convertit avec panache en employé justicier face à un éditeur véreux, sous les traits de Jules Berry, pour Le crime de monsieur Lange. Dans Gueule d'amour de Jean Grémillon, il personnifie l'ami fidèle de Jean Gabin. Pour la radio, René Lefèvre anime l'émission Le Bar des Vedettes, une fonction d'animateur qu'il reprendra après la guerre notamment dans les années cinquante pour les jeunes radios périphériques. Virage vers l'écriture Pendant l'Occupation, René Lefèvre se fait plus rare au cinéma pour entrer dans la Résistance dans la région d'Antibes et de Nice, épopée qu'il narre non sans humour dans son autobiographie Le film de ma vie parue en 1973. Après la guerre l'acteur tourne moins, mais doué pour l'écriture, il concocte des scénarios et des romans dans la veine populiste comme Le Rescapé de la chimère, L'inventeur ou Le Train du Far West. Deux d'entre eux sont adaptés au cinéma, Les musiciens du ciel de Georges Lacombe, dont il est le héros auprès de Michèle Morgan, et Rue des Prairies réalisé par Denys de La Patellière, avec Jean Gabin. Il est un formidable ingénieur des mines dans Le Point du Jour de Louis Daquin. De grands noms font encore appel à lui, Jules Dassin pour Celui qui doit mourir, Jean-Pierre Melville pour Le Doulos, Costa-Gavras pour Un homme de trop ou Henri Verneuil pour Le corps de mon ennemi. Séries télévisées, comme Vive la vie, Café du Square ou La Cravache d'or, créations radiophoniques et scénarios pour le cinéma comme Sous les Toits de Paris de Duvivier ou Douze Heures d'Horloge sont quelques autres cordes à son arc. Le vieux turfiste Entouré de sa femme Pierrette qu'il surnomme la Bougnate, de sa fille Jeanine qui a découvert grâce à lui la passion équestre et a épousé l'entraîneur Robert Winkfield, et de ses chevaux, René Lefèvre se retire dans son petit pavillon d'Orgeval et s'éloigne des projecteurs. Il décède le 23 mai 1991 à Poissy en Île de France. Trop peu de rôles phare n'ont pas réussi à le hisser à une notoriété pourtant méritée. Mais par sa gouaille et son patronyme, il laisse l'image d'un Monsieur Sans Gêne du cinéma français... FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Jean Gabin |
1925 : Knock ou le triomphe de la médecine de René Hervil 1926 : Le mariage de mademoiselle Beulemans de Julien Duvivier 1927 : Pas si bête d'André Berthomieu 1927 : Le tourbillon de Paris de Julien Duvivier 1927 : Le sous-marin de cristal de Marcel Vandal 1927 : Fleur d'amour / Fleurette de Marcel Vandal 1928 : Le ruisseau de René Hervil 1928 : L'eau du Nil de Marcel Vandal 1929 : Rapacité d'André Berthomieu 1929 : Ces dames aux chapeaux verts d'André Berthomieu 1929 : Un soir au Cocktail's Bar de Roger Lion 1929 : Pivoine d'Albert Sauvage(cm) 1930 : Mon ami Victor d'André Berthomieu 1930 : Le chemin du paradis de Wilhelm Thiele & Max de Vaucorbeil 1930 : Le million de René Clair 1930 : Les deux mondes d'Ewald André Dupont 1931 : Un chien qui rapporte de Jean Choux 1931 : Jean de la lune de Jean Choux 1931 : Les cinq gentlemen maudits de Julien Duvivier 1932 : L'âne de Buridan d'Alexandre Ryder 1932 : Sa meilleure cliente de Pierre Colombier 1932 : Monsieur, madame et Bibi de Jean Boyer & Max Neufeld 1932 : La fleur d'oranger d'Henry Roussell 1933 : Paprika de Jean de Limur 1933 : La femme idéale d'André Berthomieu 1933 : Les deux canards d'Eric Schmidt 1933 : La paix chez soi d'André Hugon (cm) 1934 : L'amour en cage de Carl Lamac & Jean de Limur 1935 : Vogue, mon cour de Jacques Daroy 1935 : Le crime de monsieur Lange de Jean Renoir 1935 : Le coup de trois de Jean de Limur 1935 : Les époux scandaleux de Georges Lacombe 1936 : Mes tantes et moi de Yvan Noé 1936 : Trois.six.neuf. de Raymond Rouleau 1936 : Feu la mère de madame de Germain Fried (cm) 1936 : Le pigeon d'Albert Riéra (cm) 1936 : Ça n'a pas d'importance de Gaston Vidié (cm) 1937 : Gueule d'amour de Jean Grémillon 1937 : Le choc en retour de Georges Monca & Maurice Kéroul 1937 : Nuits de princes de Vladimir Strizhevsky 1937 : Le gagnant de Yves Allégret (cm) 1938 : Sommes-nous défendus ? de Jean Loubignac 1938 : Place de la Concorde de Carl Lamac 1938 : La piste du sud de Pierre Billon 1938 : Petite peste de Jean de Limur 1938 : Feux de joie de Jacques Houssin 1938 : À nous la jeunesse (cm) d'Eugene Deslaw 1939 : Les musiciens du ciel de Georges Lacombe 1941 : À la belle frégate d'Albert Valentin 1941 : Opéra-Musette de René Lefèvre & Claude Renoir 1942 : La femme que j'ai le plus aimée de Robert Vernay 1943 : La boîte aux rêves de Yves Allégret & Jean Choux 1943 : Arlette et l'amour de Robert Vernay 1945 : Son dernier rôle de Jean Gourguet 1946 : Le bataillon du ciel d'Alexandre Esway 1948 : L'escadron blanc de René Chanas 1948 : Le point du jour de Louis Daquin 1951 : Trois femmes d'André Michel 1951 : Seuls au monde de René Chanas 1952 : Fille dangereuse (Bufere) de Guido Brignone 1954 : Bel Ami de Louis Daquin 1956 : Celui qui doit mourir de Jules Dassin 1957 : La garçonne de Jacqueline Audry 1957 : Sois belle et tais-toi de Marc Allégret & Henri Verneuil 1957 : Liberté surveillée d'Henri Aisner & Vladimir Volchek 1958 : C'est la faute d'Adam de Jacqueline Audry 1958 : Le gorille vous salue bien de Bernard Borderie 1959 : Le secret du chevalier d'Eon de Jacqueline Audry 1960 : Comme un poisson dans l'eau d'André Michel 1961 : Le doulos de Jean-Pierre Melville 1961 : Miss Shumway jette un sort de Jean Jabely 1962 : La foire aux cancres de Louis Daquin 1963 : Un gosse de la butte / Rue des Cascades de Maurice Delbez 1965 : Angélique et le roy de Bernard Borderie 1966 : Un homme de trop de Costa-Gavras 1976 : Le corps de mon ennemi d'Henri Verneuil 1977 : Un oursin dans la poche de Pascal Thomas Télévision : 1959 : Gaslight de Lazare Iglésis 1961 : Un Miracle ou deux de François Gir 1964 : Le Mystère de Choisy de Stellio Lorenzi 1964 : L'Amour médecin de Monique Chapelle 1966 : Rouletabille d'Yves Boisset 1967 : La Bonne peinture, de Philippe Agostini 1968 : L'Homme de l'ombre de Guy Jorre 1968 : Les Compagnons de Baal de Pierre Prévert 1969 : La Cravache d'or d'André Michel 1969 : Café du square de Louis Daquin 1972 : Légion de Philippe Joulia 1973 : Les Mohicans de Paris de Gilles Grangier 1975 : La Simple Histoire d'un merveilleux poste de télévision d'Armand Ridel 1976 : Bergeval père et fils d'Henri Colpi 1980 : Les Incorrigibles d'Abder Isker 1982 : Bonnes Gens de Jean-Pierre Marchand 1982 : L'Esprit de Famille de Jean-Pierre Blanc Filmographie de René LEFÈVRE | |
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