Claude LAYDU
 Acteur et producteur français d'origine belge
Avec son beau visage tourmenté et son jeu maladif, Claude Laydu n’encourageait pas à la rigolade. Immortalisé par Robert Bresson dans Le Journal d’un Curé de Campagne, il a illustré un cinéma d’un autre temps auprès de Pierre Fresnay, Viviane Romance ou Pierre Brasseur avant de faire fortune comme créateur et producteur de l’émission pour enfants, Bonne Nuit les Petits.
Claude Laydu est né en Belgique, le 10 mars 1927 à Etterbeek. D’origine suisse et installé à Bruxelles, il est le fils de René Laydu et Clara Meronod. Il a deux frères, Louis, patron d’un club de jazz nommé La Rose Noire à Bruxelles et Jean-Jacques, trompettiste réputé. Lui s’oriente plutôt vers le théâtre et se rend à Paris en 1947.
Le curé de campagne pour Bresson
Claude Laydu prend des cours de comédie au Conservatoire national supérieur d'art dramatique et rejoint la compagnie Renaud-Barrault. Il tient le petit rôle d’un employé d’armurerie dans Entre Onze Heures et Minuit d’Henri Decoin et se produit dans Beau Sang de Jules Roy mis en scène par le jeune metteur en scène Raymond Hermantier. Son aspect malingre et taciturne lui permet d’être choisi par Robert Bresson pour incarner le jeune curé d’Ambricourt, héros malheureux de Bernanos qui se meurt d’un cancer. Il devient la vedette de films à contre-courant comme Le Voyage en Amérique et La Route Napoléon avec Pierre Fresnay, Au Cœur de la Casbah avec Viviane Romance, Le Chemin de Damas, seule réalisation saint-sulpicienne de Max Glass, Le Bon Dieu sans confession avec Danielle Darrieux et Raspoutine avec Pierre Brasseur. Il est le jeune avocat du délinquant Marcel Mouloudji, condamné à mort dans Nous sommes tous des Assassins d’André Cayatte.
Une carrière européenne
Claude Laydu poursuit sa carrière en Espagne dans Hommes en Détresse de Rafael Gil puis en Italie où il incarne l’empereur Valentinien dans Attila, fléau de Dieu de Pietro Francisci et le compositeur Franz Schubert dans Symphonie inachevée de Glaudo Pellegrini. Pendant le tournage de Caprice à l’italienne en 1961, il rencontre la jeune actrice Christine Bailli qu’il épouse. Le couple a deux enfants, un fils Jean-Baptiste et une fille Dominique. Pendant ce même tournage tourné en partie en Allemagne de l’Est, il découvre une émission enfantine qui lui inspire un programme pour la télévision française. Cela devient Bonne Nuit les Petits, une véritable entreprise familiale. Créateur et producteur de ce programme court fait de saynètes amusantes, il prend la voix du marchand de sable, Christine crée la marionnette de Nounours et leurs enfants testent l’efficacité des émissions, Dominique inspirant le thème du générique au pipeau. Au départ à la fin de 1961, les enfants se nomment Petit-Louis et Mirabelle puis pour des besoins d’internationalisation ils sont baptisés Nicolas et Pimprenelle. Le succès de cette émission est phénoménal dans toute l’Europe et engendre de nombreux produits dérivés. D’abord en noir et blanc sur une chaîne unique, la série est colorisée à partir de la fin des années soixante.
Le père de Bonne Nuit les Petits
Fort de son occupation à plein temps, Claude Laydu met sa carrière au cinéma en stand-by après une dernière apparition dans le film italien Mafia alla sbarra d’Oreste Palella. Il revient au théâtre dans Les Trois Sœurs de Tchekhov et en 1978 dans Hôtel particulier de Raymond Rouleau qu’il retrouve l’année suivante pour le téléfilm Le Destin de Priscilla Davies. Bonne Nuit les Petits est diffusé tous les soirs en 1962 et 1973 et reprend de 1994 à 1997. Il donne même naissance à un jeu vidéo dans les années 2000. Retiré dans leur maison de Morigny-Champigny dans l’Essonne, Claude Laydu succombe à une attaque cardiaque, le 29 juillet 2011 à l’hôpital de Massy, à l’âge de 84 ans. Son épouse Christine Laydu le rejoint le 7 juillet 2025.


FILMOGRAPHIE :

Avec Robert Bresson
1948 : Entre Onze Heures et Minuit d’Henri Decoin
1951 : Le Voyage en Amérique d’Henri Lavorel
1951 : Journal d'un curé de campagne de Robert Bresson
1952 : Au cœur de la Casbah de Pierre Cardinal
1952 : Nous sommes tous des assassins d’André Cayatte
1952 : Le Chemin de Damas de Max Glass
1953 : Le Bon Dieu sans confession de Claude Autant-Lara
1953 : La Route Napoléon de Jean Delannoy
1953 : Hommes en détresse (La guerra de Dios) de Rafael Gil
1954 : Raspoutine de Georges Combret
1954 : Attila, fléau de Dieu (Attila, il flagello di Dio) de Pietro Francisci
1954 : Interdit de séjour de Maurice de Canonge
1955 : Symphonie inachevée (Sinfonia d’amore) de Glauco Pellegrini
1956 : Beau Sang de Maurice Cazeneuve (tv)
1957 : La Roue d’André Haguet et Maurice Delbez
1958 : Un combat singulier ou l'Affaire Beauvallon de Jean Prat (tv)
1960 : Le Dialogue des carmélites de Philippe Agostini et Raymond Leopold Bruckberger
1961 : Italienisches capriccio de Glauco Pellegrini
1963 : Mafia alla sbarra d’Oreste Palella
1979 : Le Destin de Priscilla Davies de Raymond Rouleau (tv)


Filmographie de Claude LAYDU
 
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