Yolande LAFFON
 Actrice française
Grande actrice de théâtre, Yolande Laffon a incarné tardivement au cinéma des mères bourgeoises, des femmes du monde et des aristocrates que lui autorisaient son allure altière et sa grande élégance. Elle a tourné ainsi une trentaine de films en 25 ans de carrière.
Yolande Chamoux est née dans le 18e arrondissement de Paris le 24 août 1895. Fille de Charlotte Lamy et de père non dénommé, comme indiquée sur son acte de naissance, elle est adoptée par Maurice Chamoux, le nouveau conjoint de sa mère en 1909. Elle prend des cours de dance et débute à huit ans comme petit rat de l’Opéra de Paris. Elle entre au Conservatoire National d’Art Dramatique dont elle ressort avec un premier prix de tragédie.
Sur scène avec Sacha Guitry et Louis Jouvet
Yolande qui a adopté le pseudonyme de Laffon est engagée à l’Odéon. Elle débute dans On naît esclave de Tristan Bernard en 1912. Elle quitte l’Odéon pour le Boulevard où son élégance et sa distinction l’orientent vers des emplois d’aristocrates, de femmes du monde et de bourgeoises. Remarquée par Lucien Guitry, elle est recommandée à son fils Sacha qui l’engage auprès de lui dans Le Comédien. Elle connaît de grands succès dans des pièces souvent mises en scène par Louis Jouvet de Marcel Achard (Malborough s’en va-t-en guerre), Maurice Donnay (Un homme léger) ou Jules Romains (Le Dictateur).
Auprès de Raymond Rouleau
Le parlant arrive à point pour que Yolande Laffon fasse ses premiers pas au cinéma sous la direction de Robert Florey dans L’Amour chante où elle joue une femme adultère auprès de Pierre Bertin et le débutant Fernand Gravey. Tout en poursuivant sa carrière théâtre dans la troupe de Raymond Rouleau, elle donne la réplique au jeune acteur, metteur en scène et bientôt réalisateur dans Suzanne ou Une Vie perdue. Grand second rôle, elle est l’archiduchesse Stéphanie dans Mayerling d’Anatole Litvak, la comtesse Guicciardi dans Un grand Amour de Beethoven d’Abel Gance et la comtesse Colette de Chambreuil dans La Fessée de Pierre Caron en épouse d’Armand Bernard. Elle inaugure ainsi les rôles de mères hautaines et empruntées qui feront sa renommée.
Des personnages de mondaines hautaines
La carrière de Yolande Laffon culmine pendant l’Occupation où dominent des comédies mondaines et des reconstitutions historiques. Elle est ainsi l’épouse doloriste de Charles Vanel dans Les Roquevillard de Jean Dréville, la mère de Renée Faure, opposée à sa vocation de novice dans Les Anges du Péché de Robert Bresson, la comtesse Sarah, aventurière distinguée dans Les Mystères de Paris de Jacques de Baroncelli et la grande bourgeoise de La Vie de Plaisir d’Albert Valentin. Elle est l’interprète idéale de Jacqueline Audry dans Les Malheurs de Sophie, Gigi et Minne l’ingénue libertine. Après la guerre, elle endosse des compositions de femmes monstrueuses comme la veuve joyeuse de Souvenirs perdus, la mère castratrice de Bernard Blier dans Agence Matrimoniale et celle au cœur sec de Dany Robin dans Une Histoire d’Amour où elle retrouve pour une dernière fois Louis Jouvet. Elle est également une marâtre insupportable dans Les Aristocrates de Denys de La Patellière et la femme de l’associé du fils Cardinaud campé par Gabin dans son dernier film, Le Sang à la Tête de Gilles Grangier.
Théâtre avec Marcel Herrand
Tout en faisant des apparitions au cinéma, Yolande Laffon poursuit une brillante carrière au théâtre. Elle a participé à plusieurs créations de pièces de Giraudoux comme Amphitryon 38, Tessa la nymphe au cœur fidèle mises en scène par Jouvet puis sous la direction de Marcel Herrand, Tartuffe de Molière, Primavera de Claude Spaak, L’Empereur de Chine de Jean-Pierre Aumont. Elle fait sensation en incarnant Madame dans Les Bonnes de Jean Genet, mise en scène par Louis Jouvet au théâtre de L’Athénée en 1947. Yolanda Laffon a épousé en 1917 l’ancien directeur du Figaro Pierre Brisson. En 1918, le couple a un fils Jean-François Brisson qui suivra les traces de son père dans le journalisme (athlète sportif de haut niveau, il sera journaliste sportif au Figaro). Pierre Brisson la laisse veuve en 1964. Yolande Laffon meurt à Louveciennes, le 15 décembre 1992, à l'âge de 97 ans.


FILMOGRAPHIE :

Avec Monique Mélinand
et Yvette Étiévant
dans Les Bonnes
1930 : L'Amour chante – de Robert Florey
1932 : Suzanne de Raymond Rouleau et Léo Joannon
1933 : Une Vie perdue de Raymond Rouleau et Alexander Esway
1933 : Le Voleur de Maurice Tourneur
1936 : Mayerling d’Anatole Litvak
1936 : Un grand Amour de Beethoven d’Abel Gance
1937 : La Fessée de Pierre Caron
1938 : La Cité des lumières de Jean de Limur
1943 : Les Anges du Péché de Robert Bresson
1943 : Les Mystères de Paris de Jacques de Baroncelli
1943 : Les Roquevillard de Jean Dréville
1943 : La Vie de Plaisir d’Albert Valentin
1945 : Les Malheurs de Sophie de Jacqueline Audry
1948 : Gigi de Jacqueline Audry
1948 : L’Impasse des Deux-Anges de Maurice Tourneur
1950 : Minne, l'Ingénue libertine de Jacqueline Audry
1950 : Souvenirs perdus, « Une couronne mortuaire » de Christian-Jaque, sketch
1951 : Agence matrimoniale de Jean-Paul Le Chanois
1951 : Deux Sous de Violettes de Jean Anouilh
1951 : Une Histoire d'Amour de Guy Lefranc
1951 : Nez de cuir d’Yves Allégret
1951 : Les sept Péchés capitaux, « L'orgueil » de Claude Autant-Lara
1952 : La Putain respectueuse de Charles Brabant et Marcel Pagliero
1953 : Zoé de Charles Brabant
1954 : Papa, maman, la bonne et moi de Jean-Paul Le Chanois
1955 : Les Aristocrates de Denys de La Patellière
1956 : Le Sang à la Tête de Gilles Grangier


Filmographie de Yolande LAFFON
 
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