| Anna KARINA | ||
| Actrice française d'origine danoise | ||
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Indissociable de son pygmalion, le cinéaste Jean-Luc Godard, Anna Karina est parvenue à devenir l'icône de la Nouvelle Vague et de s'en détacher brillamment. Artiste polymorphe, elle a mené à bien plusieurs carrières artistiques parallèles à un niveau d'exigence qui ne s'est jamais démenti. Anna Karina voit le jour le 22 septembre 1940, à Solbjerg au Danemark, sous le nom d'Hanne Karin Bayer. Pour fuir une mère défaillante et un beau-père violent, elle part pour Paris. Elle a 17 ans, peu de ressources et ne parle pas le français ! Mais elle est née sous une bonne étoile. Sa beauté ne passe pas inaperçue. Échouée dans un café, elle est repérée par la directrice d'une agence de mannequins qui lui propose de poser pour le magazine Elle. S'ensuit une double rencontre qui entérine son entrée dans l'univers artistique. Coco Chanel troque son nom pour celui, plus glamour d'Anna Karina, et Jean-Luc Godard, jette son dévolu sur cette joliesse au regard d'un bleu intense. Le rôle qu'il veut lui confier dans À bout de souffle exige qu'elle se déshabille. Anna refuse. Mais le cinéaste est tenace et amoureux. Pour Le petit soldat, sur fond de Guerre d'Algérie, il lui offre le rôle principal et. une bague au doigt! Si le film subit un temps la censure, il sonne pour Anna Karina le départ d'une riche carrière dans le cinéma. L'égérie de Godard Sept films les uniront jusqu'à la rupture de leur couple, avec quelques pépites, d'une Nouvelle Vague en plein essor. Dans Une femme est une femme, Anna Karina joue avec les sentiments de Jean-Claude Brialy et de Jean-Paul Belmondo pour assouvir son désir d'enfant. Une interprétation subtile, mélange de fragilité et d'effronterie, couronnée du prix de la meilleure actrice au festival de Berlin. Dans Vivre sa vie, elle se livre à la prostitution, puis se lance avec son amant, joué par Jean-Paul Belmondo, dans un périple semé d'embûches à travers la France dans Pierrot le fou. Elle séduit Lemmy Caution alias Eddie Constantine dans Alphaville. La même année, Anna Karina incarne une troublante Suzanne Simonin dans le film de Jacques Rivette, autre figure de la Nouvelle Vague, La religieuse, d'après le roman de Denis Diderot. Un drame jugé scandaleux à sa sortie et censuré par le Ministre de la culture André Malraux sur l'insistance du puissant Office catholique du cinéma. Pour Anna Karina l'un des plus beaux rôles de sa carrière. Lamiel de Jean Aurel achève de faire d'Anna l'égérie de la Nouvelle Vague française. D'autres grands réalisateurs la courtisent dans le monde entier. Luchino Visconti la choisit pour être Marie, l'amie amoureuse du héros Meursault, dans sa fidèle adaptation d'Albert Camus L'étranger. George Cukor lui confie un rôle secondaire dans Justine. Et Tony Richardson pour Chambre obscure ou encore Rainer Werner Fassbinder pour Roulette chinoise nimbent leurs héroïnes de son jeu très féminin. Elle tourne avec André Delvaux (Rendez-vous à Bray), Franco Brusati (Pain et Chocolat) et Marta Meszaros (Comme chez nous). Artiste multiforme Artiste inspirée et passionnée, Anna Karina s'attelle à un film dont elle écrit le scénario, la musique et qu'elle réalise et produit Vivre ensemble. Elle y est Julie, femme libre et fantasque, détournant de sa vie bien rangée un professeur d'histoire qui sombre peu à peu dans l'alcool et la drogue. Partenaire d'Ava Gardner et Anthony Quinn dans Regina Roma, elle retrouve en 1994 Jacques Rivette dans Haut bas fragile, histoire de trois jeunes femmes aux destins croisés, dont elle signe la musique. Entre cinéma, théâtre (Après la répétition de Bergman), télévision (La Dame des Dunes de Joyce Buñuel, Chloé avec Marion Cotillard), écriture de quatre romans (Vivre ensemble, Golden City, On n'achète pas le Soleil, Jusqu'au bout du hasard) et de chansons (Sous le soleil exactement écrite par Serge Gainsbourg et l'album Une Histoire d'Amour composé par Philippe Katerine), l'actrice déploie ses talents dans tous les registres et réitère la mise en scène avec Victoria en 2008. Après son idylle avec Jean-Luc Godard, assombrie par la perte d'un enfant mort-né, elle se remarie trois fois avec Pierre Fabre, Daniel Duval et Dennis Berry. Dans un documentaire intitulé Anna Karina, souviens-toi, Dennis Berry, son dernier mari, lui rend hommage et raconte une destinée de conte de fées. Décédée le 14 décembre 2019 à Paris, elle repose désormais sous les étoiles exactement... FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Jean-Luc Godard |
1959 : La fille avec des chaussures (Pigen og skoene) d'Ib Schmedes (cm) 1960 : Le petit soldat de Jean-Luc Godard 1960 : Ce soir ou jamais de Michel Deville 1961 : Une femme est une femme de Jean-Luc Godard 1961 : She'll have to go / Maid for murder de Robert Asher 1961 : Le soleil dans l'oil de Jacques Bourdon 1962 : Vivre sa vie de Jean-Luc Godard 1962 : Les quatre vérités , segment « Le corbeau et le renard » d'Hervé Bromberger 1962 : Shéhérazade de Pierre Gaspard-Huit 1963 : Dragées au poivre de Jacques Baratier 1963 : Un mari à prix fixe de Claude de Givray 1964 : Le voleur du Tibidabo (la vida es magnífíca) de Maurice Ronet 1964 : Bande à part de Jean-Luc Godard 1964 : La ronde de Roger Vadim 1964 : De l'amour de Jean Aurel 1964 : Alphaville de Jean-Luc Godard 1965 : Des filles pour l'armée (le soldatesse) de Valerio Zurlini 1965 : Pierrot le fou de Jean-Luc Godard 1965 : La religieuse de Denis Diderot de Jacques Rivette 1966 : Made in U.S.A. de Jean-Luc Godard 1966 : Tendres requins (tender sharks / zärtliche haie) de Michel Deville 1966 : Le plus vieux métier du monde, Segment « Anticipation » de Jean-Luc Godard 1967 : Lamiel de Jean Aurel 1967 : Anna de Pierre Koralnik (tv) 1967 : L'étranger (Lo straniero) de Luchino Visconti 1968 : Jeux pervers (The magus) de Guy Green 1968 : Avant que vienne l'hiver (Before winter comes) de Jack Lee Thompson 1968 : Michael Kohlhaas, le rebelle (Michael Kohlhaas, der rebell) de Volker Schlöndorff 1969 : Chambre obscure (Laughter in the dark) de Tony Richardson 1969 : Justine (Justine) de George Cukor 1969 : Le temps de mourir d'André Farwagi 1970 : L'alliance de Christian de Chalonge 1971 : Rendez-vous à Bray d'André Delvaux 1971 : Notre agent à Salzburg (the Salzburg connection) de Lee H. Katzin 1972 : Vivre ensemble d'Anna Karina 1973 : L'invention de Morel (L'invenzione di Morel) d'Emidio Greco 1973 : Pain et chocolat (Pane e cioccolata) de Franco Brusati 1975 : L'assassin musicien de Benoît Jacquot 1975 : Les œufs brouillés de Joël Santoni 1976 : Roulette chinoise (Chinesisches roulette) de Rainer Werner Fassbinder 1976 : Le Voyage à l'étranger de Philippe Ducrest (tv) 1976 : La Vie en pièce de Daniel Moosmann (tv) 1977 : L'affaire louche (Ausgerechnet bananen) d'Ulli Lommel 1977 : Also es war so de Karin Thome (tv) 1978 : Chaussette surprise de Jean-François Davy 1978 : Comme chez nous (Olyan mint ottho) de Márta Mészáros 1978 : L'histoire d'une mère (Historien om en moder) de Claus Weeke 1979 : L'Éblouissement de Jean-Paul Carrière (tv) 1980 : Charlotte, dis à ta mère que je l'aime d'Aly Borgini 1981 : Chambre 17 de Philippe Ducrest (tv) 1982 : Regina (Regina Roma) de Jean-Yves Prate 1983 : L'ami de Vincent de Pierre Granier-Deferre 1984 : Ave Maria de Jacques Richard 1985 : L'île au trésor (Treasure island) de Raoul Ruiz 1985 : La Dame des Dunes de Joyce Buñuel (tv) 1986 : Last song de Dennis Berry 1986 : Dernier été à Tanger d'Alexandre Arcady 1987 : Cayenne palace d'Alain Maline 1988 : L'Œuvre au noir d'André Delvaux 1989 : Moravagine de Philippe Pilard (tv) 1990 : L'homme qui voulait être coupable (Manden der ville være skyldig) d'Ole Roos 1994 : Haut bas fragile de Jacques Rivette 1996 : Chloé de Dennis Berry (tv) 2002 : La vérité sur Charlie (The truth about Charlie) de Jonathan Demme 2002 : Moi César, 10 ans ½, 1m39 de Richard Berry 2008 : Victoria d'Anna Karina Filmographie d'Anna KARINA | |
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