| Philippe HÉRIAT | ||
| Acteur, scénariste et écrivain français | ||
![]() |
Avec son regard étrange et son élégance raffinée, Philippe Hériat s’est surtout illustré dans l’avant-garde du cinéma muet auprès de Marcel L’Herbier et Abel Gance. Il se signale également comme un romancier important, immortalisé par La Famille Boussardel. Fils de Georges Payelle, président de la cour des comptes et de Madeleine Carraud, petite fille de Zulma Carraud, amie de Balzac et romancière, Philippe Hériat, de son vrai nom Raymond Gérard Payelle est né à Paris, le 15 septembre 1898. Né dans une famille de magistrats, il a deux frères aînés, Robert et Jean. Avec Marcel L'Herbier Le jeune Raymond grandit dans le Berry puis revient à Paris pour entamer des études de lettres à la Sorbonne mais doit interrompre ses études après l’obtention de sa licence. Il s’engage à 18 ans dans l’artillerie lourde en Lorraine et en Flandre. Il en découle dans ses futurs romans une profonde empathie pour l’homme en souffrance. À sa libération, il côtoie les milieux artistiques et fait la connaissance de Marcel L’Herbier qui l’engage pour un petit rôle dans Le Carnaval des Vérités. Il choisit le pseudonyme de Philippe Hériat inspiré d’un personnage de roman d’Henry-Marx. Assistant et interprète de L’Homme du Large de Marcel L’Herbier, il incarne pour le cinéaste des personnages caricaturaux, des crapules lourdement grimées. Il est ainsi le malfaisant bouffon dans El Dorado, Wagner, l’âme damnée de Faust dans Don Juan et Faust, le cruel maharadjah de L’Inhumaine. Il devient secrétaire en chef de Cinégraphic, une société de production créée par L’Herbier. Il y développe des scénarios et poursuit son parcours avec le pêcheur alcoolique dans Le Marchand de Plaisir de Jaque-Catelain et la fausse géante de La Galerie des Montres du même réalisateur et partenaire. À la recherche du naturel Bien ancré dans l’avant-garde muette française, Philippe Hériat devient confondant de naturel dans L’Inondation de Louis Delluc où il incarne un fermier taciturne, Tristan L’Hermite dans Le Miracle des Loups de Raymond Bernard, une silhouette saugrenue dans Feu Mathias Pascal de L’Herbier et des personnages réalistes dans trois œuvres formidables d’Alberto Cavalcanti, Rien que les Heures, En Rade et La Jalousie de Barbouillé où il démontre toute sa sensibilité de grand acteur. Il fait revivre Antonio Salicetti dans Napoléon d’Abel Gance dont il donnera sa voix en 1934 et dans des scènes additionnelles de 1974. Il est aussi Gilles de Rais dans La Merveilleuse Vie de Jeanne d’Arc de Marco de Gastyne, dernière grosse production du cinéma muet. En 1929, Philippe Hériat tourne ses derniers films muets, Détresse de Jean Durand (sonorisé en 1932), L’Appel de la Chair de Roger Lion et Napoléon à Saint-Hélène de Lupu-Pick. Reconversion dans l'écriture À l’avènement du parlant, Philippe Hériat se met en retrait du cinéma pour se lancer dans l’écriture. Romancier des dynasties bourgeoises et des grands propriétaires, il connaît le succès avec Les Grilles d’Or, Les Enfants gâtés et La Famille Boussardel. Il obtient le prix Renaudot pour L’Innocent. Il est le premier écrivain à cumuler le prix Renaudot et le Goncourt. Il compose des poèmes dans la petite revue La Presqu’île sous le pseudonyme de Gilbert Landes puis de Gilbert Ganne qu’il adopte au final. Il écrit sa première pièce, L’Immaculée en 1947 et verra Les Noces de Deuil créée à la Comédie-Française et Les Joies de la Famille à la Comédie des Champs-Élysées. Il est élu en 1949 à l’Académie Goncourt, un siège qu’il conservera jusqu’à la fin de ses jours. Il fait encore quelques apparitions dans le cinéma parlant, notamment Le Sexe faible de Robert Siodmak en frère aîné de Pierre Brasseur, Divine de Max Ophüls avec Simone Berriau et Lucrèce Borgia d’Abel Gance, en sculpteur amant de la princesse. Romancier, dialoguiste et scénariste On ne connaît pas de madame Payelle et l’acteur n’a pas non plus eu d’enfants. La réédition de La Famille Boussardel reparaît en cinq volumes, La Bruyère du Cap, Les Noces de Bronze, Les Enfants gâtés, Les Grilles d’Or et Le Temps d’aimer. Il publie son autobiographie Retour sur mes Pas en 1959 et son dernier roman, Duel en 1974. Il a été scénariste pour Le Secret de Mayerling de Jean Delannoy, Les Fruits de l’été de Raymond Bernard et Les Riches Familles de David Lowell Rich. On lui doit également les dialogues de La Rabouilleuse de Louis Daquin et Vénus Impériale de Delannoy. Un peu oublié, Philippe Hériat s’éteint le 10 octobre 1971 dans son appartement du 17e arrondissement de Paris à l’âge de 73 ans. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Yvette Andréyor et Alberto Cavalcanti |
1920 : Le Carnaval des vérités de Marcel L'Herbier 1920 : L'Homme du large de Marcel L'Herbier 1921 : El Dorado de Marcel L'Herbier 1921 : Prométhée... banquier de Marcel L'Herbier 1922 : Don Juan et Faust de Marcel L'Herbier 1924 : La Galerie des monstres de Jaque-Catelain 1924 : Le Miracle des loups de Raymond Bernard 1924 : L'Inhumaine de Marcel L'Herbier 1924 : L'Inondation de Louis Delluc 1924 : Le Marchand de plaisirs de Jaque-Catelain 1925 : La Chaussée des géants de Robert Boudrioz et Jean Durand 1926 : Feu Mathias Pascal de Marcel L'Herbier 1926 : Rien que les heures d’Alberto Cavalcanti 1927 : Napoléon d’Abel Gance 1927 : En rade d’Alberto Cavalcanti 1928 : Mon cœur au ralenti de Marco de Gastyne 1929 : La Merveilleuse Vie de Jeanne d'Arc de Marco de Gastyne 1929 : Sainte-Hélène (Napoleon auf St. Helena) de Lupu Pick 1929 : La Jalousie du Barbouillé d’Alberto Cavalcanti 1929 : L’Appel de la chair de Roger Lion 1929 : Amour de louve de Roger Lion (cm) 1930 : Détresse de Jean Durand 1930 : Dans une île perdue d’Alberto Cavalcanti 1933 : Le Sexe faible de Robert Siodmak 1934 : Un Nom qui rapporte (Rothchild) de Marco de Gastyne 1934 : Napoléon d’Abel Gance (version sonorisée) 1935 : Divine de Max Ophüls 1935 : Lucrèce Borgia d’Abel Gance 1971 : Bonaparte et la Révolution d’Abel Gance Filmographie de Philippe HÉRIAT | |
| Sommaire Acteurs > Sommaire Acteurs H > Contact | ||