| Claude GÉNIA | ||
| Actrice française | ||
![]() |
Actrice d’une grande beauté et d’une touchante sensibilité, Claude Génia n’a tourné qu’une quinzaine de films et une demi-douzaine de téléfilms. Mais elle a laissé son empreinte sur des personnages d’élégantes passionnées à l’écran et sur la scène. D’origine juive russe, Claude Génia voit le jour le 4 mars 1913 sous le nom d’Evgenia Aranovitch dans le petit village de Vetluga près de Nijni Novgorod. Sa famille s’installe en France après la révolution d’octobre 1917. Elle passe son enfance dans la région parisienne et s’inscrit au Conservatoire d’Art Dramatique où elle remporte à 19 ans un premier prix de comédie. La charmante ingénue Claude Génia débute à l’Odéon dans L'Affaire des poisons de Victorien Sardou. Elle joue les ingénues dans Le Malade imaginaire de Molière, Les Borgia, famille étrange d’André Josset ou La Familiale de Jean de Letraz qu’elle joue au théâtre de la Michodière. C’est là qu’elle est remarquée par Marcel L’Herbier qui lui confie le rôle de Gisèle Morland dans L’Honorable Catherine auprès de Raymond Rouleau, Edwige Feuillère et André Luguet. Elle est l’improbable amie d’enfance du même Raymond Rouleau dans Monsieur des Lourdines de Pierre de Hérain, le beau-fils du maréchal Pétain d’après Alphonse de Châteaubriant. Elle enchaîne avec le premier rôle dans La Vie de Plaisir d’Albert Valentin aux côtés d’Albert Préjean et accompagne Gaby Morlay dans le mélodrame L’Enfant de l’Amour de Jean Stelli, auteur du mémorable Voile bleu. Elle accède au statut de star avec sa composition larmoyante de Delphine dans Le Père Goriot de Robert Vernay d’après Balzac. Des personnages plus adultes Délestée de ses personnages d'oies blanches un peu encombrantes, Claude Génia endosse des rôles plus adultes et profonds dans Les Parents terribles de Jean Cocteau et L’Immaculée de Philippe Hériat au théâtre et dans l’étrange La Fille aux yeux gris de Jean Faurez où elle tombe amoureuse d'un jeune médecin de campagne, Jean Paqui. Élégante, elle s’affiche dans des films d’époque comme Le Capitan de Robert Vernay d’après Michel Zévaco ou Les Beaux Jours du Roi Murat où elle est la reine Geneviève. Modèle de douceur, elle surprend avec le personnage de meurtrière froide de sa mère et de son beau-père dans La Louve de Guillaume Radot. La même année, elle incarne Hermine, témoin de l’assassinat du journaliste Paul-Louis Courier interprété par Jacques Dumesnil et victime de la jalousie de son mari (Georges Grey) dans La Ferme des sept péchés de Jean Devaivre. Privilégiant le théâtre, elle ne tourne que quelques films dans les années cinquante comme La Vérité sur Bébé Donge d’Henri Decoin où elle est la sœur de Danielle Darrieux et l’épouse du frère de Jean Gabin. Elle est la Carconte, mariée à Caderousse (Daniel Ivernel) dans Le Comte de Monte-Cristo de Robert Vernay avec Jean Marais et madame Bariset dans Escapade de Ralph Habib. À la tête du théâtre Édouard VII Claude Genia est mariée depuis 1948 avec le neurologue Jacques Le Beau, fils de Georges Le Beau, gouverneur général de l'Algérie. S’ils restent unis, l’actrice a une liaison pendant des années avec le journaliste Pierre Lazareff qui lui confie la direction du théâtre Édouard VII qu’il vient d’acquérir. Dans cette belle institution jusqu’en 1966, l’actrice fait confiance à de jeunes auteurs comme Miguel Mihura pour Carlotta, Robert Thomas pour Huit Femmes, Georges Conchon pour Pourquoi pas Vamos. Après avoir quitté la tête du Édouard VII, elle reprend les chemins des studios avec J’ai tué Raspoutine de Robert Hossein aux côtés de Geraldine Chaplin et Gert Froebe, Ballade pour un Chien de Gérard Vergez avec Charles Vanel, L’Astragale dans le rôle court de la mère d’Horst Buchholz, Manon 70 en mondaine frivole, Maldonne en visiteuse de la demeure de Pierre Vaneck. Elle tourne quelques séries pour la télévision et des adaptations théâtrales dont Huit Femmes, filmée au Marigny pour les besoins d’Au Théâtre ce soir. Sur scène, elle joue Sophocle (Électre), Ionesco (La jeune fille à marier, Mêlées et démélées, Jeux de Massacre), Pirandello (Chacun sa Vérité) et Tennessee Williams (Le Train de l’Aube). Elle termine sa carrière avec le rôle de Marguerite dans Dracula père et fils auprès de Christopher Lee. Atteinte d’un cancer, Claude Génia s’éteint le 18 mai 1979 à Tours, à l’âge de 66 ans. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Jean Renoir et Daniel Gélin |
1942 : L'Honorable Catherine de Marcel L'Herbier 1943 : Monsieur des Lourdines de Pierre de Hérain 1943 : La Vie de plaisir d’Albert Valentin 1944 : L'Enfant de l'amour de Jean Stelli 1945 : Le Père Goriot de Robert Vernay 1945 : La Fille aux yeux gris de Jean Faurez 1946 : Le Capitan de Robert Vernay 1947 : Les Beaux Jours du roi Murat de Théophile Pathé 1948 : Carrefour du crime de Jean Sacha 1949 : La Louve de Guillaume Radot 1949 : La Ferme des sept péchés de Jean Devaivre 1951 : La Vérité sur Bébé Donge d’Henri Decoin 1954 : Le Comte de Monte-Cristo de Robert Vernay 1957 : Escapade de Ralph Habib 1963 : Et jusqu’à Bethanie de Raymond Rouleau (tv) 1965 : Le Train bleu s’arrête 13 fois de Michel Drach (tv) 1967 : J'ai tué Raspoutine de Robert Hossein 1967 : Ballade pour un chien de Gérard Vergez 1968 : L'Astragale de Guy Casaril 1968 : Manon 70 de Jean Aurel 1969 : Maldonne de Sergio Gobbi 1969 : L’Eau des Filabres de Jean-Paul Sassy (tv) 1972 : Absences répétées de Guy Gilles 1973 : Roméo et Juliette de Claude Barma (tv) 1974 : Un curé de choc de Philippe Arnal (tv) 1975 : Les Rosenberg ne doivent pas mourir de Stellio Lorenzi (tv) 1976 : Dracula père et fils d’Édouard Molinaro 1980 : Orient-Express, « Jane » de Marcel Moussy (tv) Filmographie de Claude GÉNIA | |
| Sommaire Acteurs > Sommaire Acteurs G > Contact | ||