| Claudine DUPUIS | ||
| Actrice française | ||
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Fille d'un transporteur routier et d'une couturière, Andrée Esther Chaloum, voit le jour le 1er mai 1924, à Paris. La petite Andrée découvre la danse dès l'âge de 4 ans. Mieux qu'à l'école, elle s'implique si bien dans cette discipline qu'elle intègre, en 1933, la troupe des petits
rats du Théâtre du Châtelet. Au cours des dix années passées dans cette auguste enceinte, elle a l'occasion de monter sur les planches où se donnent quelques opérettes à grand spectacle comme Rose-Marie. Fraîchement échappée d'un court séjour au Conservatoire, et le temps venu de se faire un nom de scène, elle choisit celui d'un lointain ancêtre, José Dupuis, un célèbre ténor du XIXe siècle qui créa quelques-unes des plus célèbres pièces de Jacques Offenbach. Non dénuée de culot pour ses dix-sept printemps, c'est nantie de la recommandation de l'écrivain Alfred Machard qu'elle se présente au Théâtre du Grand-Guignol dont le directeur, Camille Choisy, condescent à l'engager en 1944. Cantonnée en un premier temps dans des rôles d'oies blanches comme Nounouche auxquels son physique de l'époque semble la désigner, elle finit néanmoins par connaître des situations davantage dramatiques, les yeux crevés, la poitrine tailladée, la chair coupée en lambeaux. Crimes dans la maison de fous et autres Suppliciées l'amènent néanmoins jusqu'au Théâtre Hébertot pour Des souris et des hommes, une pièce adaptée du roman de John Steinbeck où elle finit. étranglée ! Vamps et femmes légères Remarquée par un producteur à l'occasion d'une averse providentielle, Claudine Dupuis fait une discrète apparition au cinéma dans François Villon où, assise sur une pierre tombale, elle aguiche Serge Reggiani qu'elle entraîne dans ses filets de "professionnelle". La même année elle fait ses véritables débuts d'actrice en même temps qu'un fantaisiste destiné à devenir célèbre, Bourvil. Cette Ferme du pendu lui offre un rôle de garce davantage conséquent, qui va la cataloguer définitivement dans des personnages de femmes fatales, légères, voire de "mauvaise vie" destinées à satisfaire les appétits des bons vivants. Si le titre le plus célèbre de sa carrière demeure le Quai des orfèvres de Clouzot, c'est en costume de dame de petite vertu qu'elle s'y fait appréhender par les forces de l'ordre. Claudine et le grand orchestre d'Alfred Rode Au cours du tournage de Cargaison clandestine, Claudine Dupuis fait la rencontre amoureuse du réalisateur du film, Alfred Rode, qu'elle épouse en 1951. Chef d'un orchestre tzigane célèbre dans les années trente, celui-ci cumule les fonctions de musicien, metteur en scène et producteur, quand ce n'est pas acteur. Claudine et Alfred tourneront huit films ensemble parmi lesquels Boîte de nuit, Tourbillon, C'est la vie parisienne, La môme Pigalle et La Fille de Feu. Quant aux autres succès de la belle comme La maudite, La fille perdue, Adorales démons, tout est dans les titres. On ne sera donc pas surpris de la voir apparaître dans l'un des Sept péchés capitaux, fut-ce celui de La gourmandise cuisiné par Carlo Rim, tout en étant surpris qu'Henri Vidal lui préfére un fromage. Surfant sur la vague d'une polissonnerie bon enfant, Claudine Dupuis prend la succession de Viviane Romance et Ginette Leclerc atteintes par la limite d'âge. Succès transalpins et ibériques L'italie, faussement puritaine, fait également les yeux doux à notre jeune vedette, la plaçant successivement dans les bras de l'ombrageux Rossano Brazzi dans Plus fort que la haine et du ténébreux Raf Vallone dans Brigades volantes. Sans scrupule, Riccardo Freda la fait même entrer dans Le château des amants maudits où se déchirent Micheline Presle et Gino Cervi. Après un dernier tournage sous la direction de son époux, Le Dossier 1413, première apparition de Johnny Hallyday au cinéma, la brune incendiaire met involontairement un terme à son aventure cinématographique. Car, rattrapée par la même fatalité que Viviane ou Ginette, Claudine Dupuis accumule tout autant que celles-là le désavantage d'une incompatibilité de style avec les jeunes Rastignac de la Nouvelle Vague qui ne vont pas tarder à chambouler le paysage cinématographique national. Ne résistant pas à cette déferlante, Toujours associée à Alfred Rode, elle se retranchera dans les fonctions plus communes de restauratrice et d'hôtelière. C'est à Lisieux que Claudine Dupuis, ruinée et déchue de sa notoriété de naguère, vivra anonymement ses derniers jours avant de prendre le 26 mai 1991, à Lisieux, douze ans après son mari, ce Visa pour l'enfer qu'ils avaient pris ensemble. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Alfred Rode |
1945 : François Villon d'André Zwoboda 1945 : La ferme du pendu de Jean Dréville 1946 : La foire aux chimères de Pierre Chenal 1946 : Chemins sans loi de Guillaume Radot 1946 : Les atouts de monsieur Wens d'E.G. de Meyst 1947 : Quai des Orfèvres d'Henri-Georges Clouzot 1947 : Fort de la solitude de Robert Vernay 1947 : Cargaison clandestine d'Alfred Rode 1948 : La maudite (De verdoemde) d'E. G. de Meyst 1948 : Le crime des justes de Jean Gehret 1949 : La maison du printemps de Jacques Daroy 1950 : Plus fort que la haine (Gli inesorabili) de Camillo Mastrocinque 1950 : Brigades volantes (il bivio) de Fernando Cerchio 1951 : Boite de nuit d'Alfred Rode 1951 : Jep le traboucaire de Jean Faurez 1951 : Sergil chez les filles de Jacques Daroy 1952 : Les sept péchés capitaux , sketch La Gourmandise de Carlo Rim 1952 : Tourbillon d'Alfred Rode 1953 : La fille perdue de Jean Gourguet 1953 : Le bal des nations (Ball der nationen) de Karl Ritter 1954 : C'est la vie parisienne d'Alfred Rode 1954 : Les pépées font la loi de Raoul André 1955 : La môme Pigalle d'Alfred Rode 1955 : La mégère apprivoisée (La fierecilla domada) d'Antonio Román 1955 : Les pépées au service secret de Raoul André 1956 : Le château des amants maudits (Beatrice Cenci) de Riccardo Freda 1956 : Adorables démons de Maurice Cloche 1957 : Paris clandestin de Walter Kapps 1957 : Jeunesse romaine (I Dritti) de Mario Amendola 1957 : La fille de feu d'Alfred Rode 1958 : De l'or dans la vallée (Cuatro en la frontera) d'Antonio Santillán 1958 : Rue de la peur (Los cobardes) de Juan Carlos Thorry 1958 : Panique au music-hall (Cita imposible) d'Antonio Santillán 1959 : Visa pour l'enfer d'Alfred Rode 1960 : Dossier 1413 d'Alfred Rode Filmographie de Claudine DUPUIS | |
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