| Roger DUCHESNE | ||
| Acteur français | ||
![]() |
Vedette adulée des années trente, Roger Duchesne a été un jeune premier au physique irrésistible pour ces dames. Mais sa trop grande proximité avec les collaborationnistes et les occupants lui vaudront une disgrâce dont il ne se remettra pas. Il reste le partenaire privilégié de partenaires aussi frappées d’indignité comme Viviane Romance, Corinne Luchaire ou Mireille Balin. Roger André Charles Jordens est né le 26 juillet 1906, à Luxeuil-les-Bains en Haute-Saône. Sa mère artiste s’installe à Nogent-le-Phaye dans l’Eure-et-Loir. Élevé dans un milieu d’artistes, il fait ses débuts en 1934 dans Vers l’Abîme de Serge Véber, version allemande du film d’Hans Steinhoff. Il connaît rapidement le succès, la notoriété, l’argent facile et côtoie les stars de l’époque. Aventurier viril des années trente Sous le nom de Roger Duchesne, il tourne dans le ghetto juif de Prague Le Golem de Julien Duvivier avec Harry Baur en démiurge Rodolphe II. Il joue surtout Abramitch dans le divertissant Le Roman d’un Tricheur de Sacha Guitry. Il retrouve Harry Baur qui interprète son père Tarass Boulba puis se glisse dans la peau du capitaine Benoît dans Les Loups entre eux de Léon Mathot. Il obtient son premier gros succès personnel en incarnant un faux traître infiltré pour démasquer un réseau de terroriste dans Gibraltar de Fédor Ozep auprès de Viviane Romance. Comédien sportif et attirant, il se retrouve auprès des plus belles femmes du cinéma français. Il est le jeune architecte accompagnée de la blonde stylée Claude May dans les versions françaises de Richard Eichberg, Le Tigre du Bengale et Le Tombeau Hindou, adaptées des romans de Thea von Harbou. Il séduit la prisonnière Corinne Luchaire dans Prison sans Barreaux de Léonide Moguy, la rebelle Mireille Perrey dans Nadia, la femme traquée de Claude Orval et l’amant de Mireille Balin, mariée au diplomate Erich von Stroheim dans Rappel immédiat de Léon Mathot. Le vedettariat et la disgrâce Roger Duchesne s’inscrit dans le cinéma exotique et romanesque de l’époque dans des mélodrames flamboyants et surannés. Il est l’horloger qui console la jeune veuve Yvette Lebon et reconnaît son enfant dans Le Moussaillon de Jean Gourguet. Il tombe le gardian amoureux fou de la gitane Cartacalha interprétée par Viviane Romane dans le grand mélodrame de Léon Mathot, l’officier confondu avec un bandit dans L’Auberge de l’Abîme de Willy Rozier et le jeune ingénieur du Périgord amoureux de l’aristocrate Jeannou, incarnée par Michèle Alfa dans le film de Léon Poirier. On est en 1943 et Roger Duchesne prend ses distances avec le cinéma pour ouvrir le restaurant Le Poulet de Bresse à Paris, puis grâce à une grosse somme empruntée à Henri Lafont, le patron de la Gestapo française de la rue Lauriston, le cabaret de Pigalle L’Heure bleue. C’est cette dernière transaction qui sera à l’origine de sa disgrâce à la Libération. Accusé de collaboration (il prétendra que sa présumée appartenance à la Gestapo est due à une homonymie), il est arrêté sans jamais vraiment être condamné. Plus question pour lui de se produire ni au cinéma ni ailleurs. Son spectacle théâtral La Femme perdue est boycotté à Perpignan et son étiquette de Collabo le poursuit partout. Le retour du banni Pour se faire oublier, Roger Duchesne est tenancier de cabaret, publie des romans de gare, érotiques sur fond policier comme Gentleman Jo, La Morgue… Terminus ou Plus un Poil de Sec mais passe rapidement dans la pile des invendus. En 1949, il se rend complice d’un braquage et passe deux ans en prison malgré le soutien d’artistes comme François Périer et Renée Saint-Cyr. Il connaît une véritable résurrection grâce à Jean-Pierre Melville en 1955. Malgré son passé de résistant, le cinéaste a toujours été fasciné par des destins contraires comme José Giovanni et retrouve l’ancienne vedette exerçant comme garagiste Porte Saint-Ouen. Melville lui confie le rôle principal d’un ancien truand qui prépare un hold-up dans un casino de Deauville dans Bob le Flambeur. Avec ses cheveux blancs et son allure de dur, il trouve ici son meilleur rôle. Dans la foulée en 1957, il campe un trafiquant de drogue impliqué dans la traite des blanches dans Marchands de filles de Maurice Cloche. Il retombe ensuite dans l’anonymat. Roger Duchesne meurt au centre hospitalier de Meulan dans les Yvelines, le 25 décembre 1996 à l'âge de 90 ans. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Viviane Romance |
1934 : Vers l'abîme d’Hans Steinhoff et Serge Veber 1935 : Fanfare d'amour de Richard Pottier 1935 : Le Mystère de la maison blanche de Robert Péguy (cm) 1935 : Mon curé fait des miracles d’Albert Depondt (cm) 1936 : Le Roman d'un tricheur de Sacha Guitry 1936 : Le Golem de Julien Duvivier 1936 : Sept hommes, une femme d’Yves Mirande 1936 : Tarass Boulba d’Alexis Granowsky 1936 : Les Loups entre eux de Léon Mathot 1936 : L'Ange du foyer de Léon Mathot 1936 : Messieurs les-ronds-de-cuir d’Yves Mirande 1937 : Le Tigre du Bengale de Richard Eichberg 1937 : Le Tombeau hindou de Richard Eichberg 1938 : Conflit de Léonide Moguy 1938 : Gibraltar de Fedor Ozep 1938 : Prison sans barreaux de Léonide Moguy 1938 : Tempête sur l'Asie de Richard Oswald 1938 : La Brigade sauvage de Jean Dréville 1939 : Rappel immédiat de Léon Mathot 1939 : Le monde tremblera de Richard Pottier 1939 : Nadia la femme traquée de Claude Orval 1941 : Cartacalha, reine des gitans de Léon Mathot 1941 : Montmartre-sur-Seine de Georges Lacombe 1941 : Le Moussaillon de Jean Gourguet 1942 : La Femme perdue de Jean Choux 1942 : L'Ange gardien de Jacques de Casembroot 1943 : Le Mistral de Jacques Houssin 1943 : L'Auberge de l'abîme de Willy Rozier 1943 : Adrien de Fernandel 1943 : Jeannou de Léon Poirier 1955 : Bob le flambeur de Jean-Pierre Melville 1957 : Marchands de filles de Maurice Cloche Filmographie de Roger DUCHESNE | |
| Sommaire Acteurs > Sommaire Acteurs D > Contact | ||