| Gabrielle DORZIAT | ||
| Actrice française | ||
![]() |
Femmes méchantes, aïeules peu aimables, créatures despotiques, Gabrielle Dorziat a endossé ces rôles avec une précision remarquable et un talent rompu à la technique théâtrale. Sachant avec lucidité jusqu'où il lui est permis d'aller, elle imprime à ses compositions un mouvement vigoureux et triomphe d'un physique à priori peu photogénique. Gabrielle Dorziat naît Marie-Odile Léonie Gabrielle Sigrist, le 25 janvier 1880, à Épernay. Fille d'un négociant en vins et champagne, elle commence une carrière théâtrale au tout début du vingtième siècle. La qualité de son jeu de scène, alliée à sa distinction naturelle, en fait très vite une comédienne renommée des scènes parisiennes, qui donne la réplique à Lucien Guitry et Louis Jouvet. Elle apparaît, en 1921, dans un film muet d'Henry Houry L'infante à la rose avec Georges Lannes et Emilio Portes. Cette expérience reste cependant sans lendemain immédiat. En 1925, elle épouse Michel de Zogheb, apparenté au roi d'Égypte Fouad Ier. Elle retrouve le cinéma à l'approche de la soixantaine en 1935 pour jouer dans Mayerling d'Anatole Litvak, l'impératrice Sissi mère de Rodolphe, alias Charles Boyer, qui meurt avec sa jeune maîtresse jouée par Danielle Darrieux. Elle sera quatre ans plus tard l'archiduchesse Marie-Thérèse, tante de Rodolphe pour De Mayerling à Sarajevo de Max Ophüls. La harpie de service Tantôt très collet monté tantôt beaucoup plus frivole, elle est aussi la maman d'Henri Garat dans L'amour veille et celle du tout jeune Jean Pâqui dans La chaleur du sein. Elle devient la terrible épouse du commandant Mollenard joué par Harry Baur, dirigé par Robert Siodmak mais aussi la partenaire d'André Luguet dans Êtes-vous jalouse? du frère aîné de René Clair, Henri Chomette. Citons encore l'enquête policière de Georges Lacombe Derrière la façade et la très cruelle Fin du jour de Julien Duvivier. Juste avant l'invasion allemande, elle tourne avec Josephine Baker dans Fausse alerte qui sortira seulement en 1945. De grands classiques sous l'occupation Durant l'occupation, Gabrielle Dorziat continue à se produire au théâtre. Elle est aussi la directrice de Danielle Darrieux dans l'immense succès Premier rendez-vous d'Henri Decoin, avec Fernand Ledoux et Louis Jourdan. Pour L'échec au Roy de Jean-Paul Paulin, elle incarne Madame de Maintenon. Elle retrouve Odette Joyeux dans Le baron fantôme de Serge de Poligny sur un scénario de Cocteau avec Jany Holt. Redoutable dans Le Voyageur de la Toussaint de Louis Daquin d'après Simenon, elle assiste impuissante au suicide de Raymond Rouleau, dans Falbalas de Jacques Becker. D'imposants personnages secondaires Par la suite, la comédienne poursuit une riche carrière sur les planches et au cinéma où elle interprète encore une cinquantaine de personnages parfois secondaires mais toujours marquants dans des adaptations de pièces comme Ruy Blas de Victor Hugo, Les enfants terribles de Jean Cocteau, Le fil à la patte de Georges Feydeau avec Bourvil en Bouzin et de nombreuses évocations historiques comme Monsieur Vincent avec Pierre Fresnay, Le jugement de Dieu avec Jean-Claude Pascal, Madame du Barry incarnée par Martine Carol ou des œuvres plus contemporaines comme Les espions d'Henri-Georges Clouzot, aux côtés de Curd Jürgens, Peter Ustinov et O.E. Hasse. Gabrielle Dorziat travaille avec des réalisateurs étrangers dont Robert Siodmak, une vieille connaissance et passe régulièrement les Alpes pour tourner des films en costumes à Cinecitta comme Le Fils de Lagardère ou Les Deux Orphelines. Elle est la directrice de l'institut où Curd Jürgens rencontre Romy Schneider, sa Katia et dirige la pension Dillon dans Un singe en hiver. Elle est une extraordinaire comtesse dans La Dame de pique que Stellio Lorenzi adapte de Pouchkine pour la télévision. La vieille dame très digne Gabrielle Dorziat tourne deux petits rôles dans Thomas l'imposteur et Un mari à prix fixe, en 1965, puis elle se retire sur la côte basque où elle décède dans sa propriété de Biarritz presque centenaire le 30 novembre 1979. Peu avant, Jacques Chancel lui avait fait l'honneur d'un Grand Échiquier où la vieille dame a brillé par son dynamisme et son humour. Le théâtre de sa ville natale porte désormais son nom. Mais c'est grâce au septième art que Madame Gabrielle Dorziat, cette grande dame de la scène, peut encore être appréciée de tous les amateurs du bon goût et de la distinction à la française. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Louis Jouvet et Renée Devillers |
1921 : L'infante à la rose d'Henry Houry 1935 : Mayerling d'Anatole Litvak 1936 : Samson de Maurice Tourneur 1936 : Le mioche de Léonide Moguy 1936 : Courrier Sud de Pierre Billon 1937 : Le mensonge de Nina Petrovna de Victor Tourjansky 1937 : La dame de Malacca de Marc Allégret 1937 : Monsieur Breloque a disparu de Robert Péguy 1937 : L'amour veille d'Henry Roussel 1937 : Mollenard de Robert Siodmak 1938 : La vierge folle d'Henri Diamant-Berger 1938 : Le drame de Shanghai de Georg Wilhelm Pabst 1938 : Etes-vous jalouse ? d'Henri Chomette 1938 : La chaleur du sein de Jean Boyer 1938 : Derrière la façade de Georges Lacombe & Yves Mirande 1939 : La fin du jour de Julien Duvivier 1939 : L'homme qui cherche la vérité d'Alexander Esway 1940 : De Mayerling à Sarajevo de Max Ophüls 1940 : Fausse alerte de Jacques de Baroncelli 1941 : Soyez les bienvenus de Jacques de Baroncelli 1941 : Premier rendez-vous d'Henri Decoin 1942 : Le journal tombe à cinq heures de Georges Lacombe 1942 : L'appel du bled de Maurice Gleize 1942 : Patricia de Paul Mesnier 1942 : Le voyageur de la Toussaint de Louis Daquin 1943 : Le loup des Malveneur de Guillaume Radot 1943 : Le baron fantôme de Serge de Poligny 1943 : Échec au roy de Jean-Paul Paulin 1944 : Falbalas de Jacques Becker 1945 : L'ange qu'on m'a donné de Jean Choux 1945 : Adieu chérie de Raymond Bernard 1946 : Désarroi de Robert-Paul Dagan 1946 : Ruy Blas de Pierre Billon 1946 : Miroir de Raymond Lamy 1947 : Monsieur Vincent de Maurice Cloche 1948 : Une grande fille toute simple de Jacques Manuel 1948 : Les parents terribles de Jean Cocteau 1948 : Manon d'Henri-Georges Clouzot 1949 : Demain il sera trop tard (Domani è troppo tardi) de Léonide Moguy 1948 : Le jugement de Dieu de Raymond Bernard 1950 : Né de père inconnu de Maurice Cloche 1950 : Les deux gamines de Maurice de Canonge 1950 : Ballerine (Ballerina) de Ludwig Berger 1951 : La vérité sur Bébé Donge d'Henri Decoin 1952 : Je ne suis pas une héroïne (So little time) de Compton Bennett 1952 : Fille d'amour (Traviata' 53) de Vittorio Cottafavi 1952 : Le fils de Lagardère (Il Figlio di Lagardere) de Fernando Cerchio 1953 : Le petit garçon perdu (Little boy lost) de George Seaton 1953 : Un acte d'amour (An act of love) d'Anatole Litvak 1954 : Crime au concert Mayol de Pierre Méré 1954 : Madame du Barry de Christian-Jaque 1954 : Les deux orphelines (Le due orfanelle) de Giacomo Gentilomo 1954 : Le fil à la patte de Guy Lefranc 1955 : Nagana d'Hervé Bromberger 1956 : Pitié pour les vamps de Jean Josipovici 1956 : Mitsou de Jacqueline Audry 1957 : Les espions d'Henri-Georges Clouzot 1958 : Résurrection (Auferstehung) de Rolf Hansen 1958 : Polikouchka (Polikuschaka) de Carmine Gallone 1958 : La dame de pique de Stellio Lorenzi (tv) 1959 : Drôles de phénomènes de Robert Vernay 1960 : Katia (Katja, die ungekrönte kaiserin) de Robert Siodmak 1961 : Gigot, le clochard de Belleville (Gigot) de Gene Kelly 1961 : Climats de Stellio Lorenzi 1962 : Un singe en hiver d'Henri Verneuil 1962 : Un mari à prix fixe de Claude de Givray 1963 : Germinal d'Yves Allégret 1963 : Cyrano et d'Artagnan d'Abel Gance 1964 : Thomas l'imposteur de Georges Franju 1964 : Monsieur de Jean-Paul Le Chanois Filmographie de Gabrielle DORZIAT | |
| Sommaire Acteurs > Sommaire Acteurs D > Contact | ||