Jacques DENIS
 Acteur français
Sous l’égide du triumvirat helvétique composé d’Alain Tanner, Claude Goretta et Michel Soutter, Jacques Denis a été la coqueluche du nouveau cinéma suisse des années 70 aux côtés des locaux Jean-Luc Bideau et Nicole Zufferey et des français Michel Robin et Bulle Ogier. Il a composé de formidables personnages secondaires pour Bertrand Tavernier, Henri Verneuil, Laurent Heynemann ou Bertrand Blier.
Jacques Denis est né le 12 mai 1943 à Fès au Maroc. Il s’oriente d’abord vers le dessin publicitaire avant de prendre des cours de théâtre dans la classe de Tania Balachova. Il rejoint le TPL (Théâtre populaire de Lorraine) dans lequel il se produit pendant quatre ans notamment dans La seconde Surprise de l’Amour de Marivaux, La Parlerie de Ruzzante et Homme pour Homme de Bertold Brecht.
Icône du nouveau cinéma suisse
Après un détour par le Théâtre de Champagne où il interprète Plaidoyer pour un Rebelle d’Emmanuel Roblès, il s’installe en Suisse où il interprète une quarantaine de spectacles parmi lesquels Le Tableau d’Eugène Ionesco, La Nuit des Rois de Shakespeare, La belle Aubergiste de Goldoni ou Marco Millions d’Eugene O’Neill. Il apparaît dans quelques téléfilms expérimentaux de Michel Soutter (Les Nénuphars), Claude Goretta (Racines) ou Yves Laumet (L’Amour du Métier). Avec son compère Jean-Luc Bideau, il va illustrer la naissance d’un cinéma suisse de haut niveau dans James ou pas et Les Arpenteurs de Michel Soutter, La Salamandre d’Alain Tanner (où il fait admirer sa puissante voix de baryton) et Les Vilaines Manières de Simon Edelstein. On le retrouve à la télévision sous la direction de Claude Goretta (Passion et mort de Michel Servet) ou Raymond Vouillamoz (La Création du Diable, Liberté à Brême, Woyzeck) et au cinéma, fidèle à Alain Tanner pour Le Milieu du Monde avec Philippe Léotard et Jonas qui aura 25 ans en l’an 2000 avec Bulle Ogier.
Avec les meilleurs réalisateurs français
Fort de sa renommée en Suisse, Jacques Denis revient en France tourner avec des réalisateurs de prestige. Il devient le précieux ami de Philippe Noiret dans L’Horloger de Saint-Paul, premier long métrage de Bertrand Tavernier, un maquisard dans Calmos et un voisin d’Alain Delon dans Notre Histoire de Bertrand Blier, le journaliste Henri Alleg torturé par l’armée française en Algérie dans La Question de Laurent Heynemann, le mari de Dominique Laffin dans Dites-lui que je l’aime de Claude Miller, celui de Christine Murillo dans Prunelles de Jean-Patrick Lebel, le cobaye de l’expérience d’I comme Icare d’Henri Verneuil, le professeur compréhensif d’Allons z’enfants d’Yves Boisset. Il occupe des rôles occasionnels de vieux garçon dans L’Arrêt au milieu de Jean-Pierre Sentier, d’observateur du comportement animal dans Instinct de Femme de Claude Othnin-Girard, de contrôleur de train dans La Cavale des Fous de Marco Pico, de docteur dans La petite Apocalypse de Costa-Gavras ou de patron de café dans Ce Jour-là de Raoul Ruiz. Au théâtre, il interprète Shakespeare (Roméo et Juliette avec Romane Bohringer), Eugene O’Neill (Pièces de Mer), Thomas Bernhardt (Une Fête pour Boris) ou Tchekhov (Oncle Vania, La Cerisaie).
Dans des téléfilms d'auteur
Jacques Denis est dans le même temps très présent à la télévision, occupant la tête de distribution dans Le Pain noir de Serge Moati, L’Homme Sandwich de Michel Polac, Chère Olga de Philippe Condroyer, Il me faut un million de Gérard Chouchan, Le Professeur jouait du saxophone de Bernard Dumont avec Bulle Ogier, Guerre en pays neutre de Philippe Lefebvre avec Anna Proucnal, Monsieur Abel de Jacques Doillon avec Pierre Dux et Zouc, Clémence Aletti de Peter Kassovitz avec Dominique Labourier. Il joue des rôles de complément dans La Face de l’Ogre de Bernard Giraudeau, un Maigret avec Jean Richard, Quartier nègre de Pierre Koralnik avec Tom Novembre. Il tourne son dernier téléfilm, Les Zygs de Jacques Fansten en 2007 et joue sa dernière pièce Par les Routes solitaires de John Millington l’année suivante.
Un départ discret
Retiré du monde du spectacle, Jacques Denis vit en toute discrétion. Le nom de son épouse n’est pas dévoilé pas plus que le prénom de l’enfant qu’ils ont eu ensemble. Alain Tanner qui le fait tourner une dernière fois dans Fourbi dit de lui : « il possède un physique singulier, un humour et une intelligence qui lui permet d’invernter des personnages à part. » C’est dans un quasi-anonymat que Jacques Denis tire sa révérence à l'âge de 72 ans, le 3 décembre 2015 à Saint-Quentin.


FILMOGRAPHIE :

Avec Alain Tanner
1970 : James ou pas de Michel Soutter
1971 : La Salamandre d’Alain Tanner
1972 : Les Arpenteurs de Michel Soutter
1973 : Le Troisième cri d’Igaal Niddam
1973 : Les Vilaines Manières de Simon Edelstein
1974 : L'Horloger de Saint-Paul de Bertrand Tavernier
1974 : Un nuage entre les dents de Marco Pico
1974 : Pas si méchant que ça de Claude Goretta
1974 : Le Milieu du monde d’Alain Tanner
1975 : Calmos de Bertrand Blier
1976 : Jonas qui aura 25 ans en l'an 2000 d’Alain Tanner
1977 : La Question de Laurent Heynemann
1977 : Dites-lui que je l'aime de Claude Miller
1977 : La Fuite en avant de Christian Zerbib
1978 : L'Arrêt au milieu de Jean-Pierre Sentier
1978 : Odo-Toum, d’autres rythmes de Costa Haralambis
1979 : Plurielles de Jean-Patrick Lebel
1979 : I... comme Icare d’Henri Verneuil
1980 : Allons z'enfants d’Yves Boisset
1981 : Instinct de femme de Claude Othnin-Girard
1984 : Notre histoire de Bertrand Blier
1985 : Swing Troubadour de Bruno Bayen
1988 : Chocolat de Claire Denis
1992 : La Cavale des Fous de Marco Pico
1993 : La Petite Apocalypse de Costa-Gavras
1995 : Fourbi d’Alain Tanner et Bernard Comment
1996 : Le Dernier des Pélicans de Marco Pico
2003 : Ce jour-là de Raoul Ruiz

Télévision :
1972 : Les Nénuphars de Michel Soutter
1973 : Racines de Claude Goretta
1973 : L'Amour du métier d’Yves Laumet
1974 : Le Pain noir de Serge Moati
1975 : Passion et mort de Michel Servet de Claude Goretta
1975 : La Mise en scène ou la Création du diable de Raymond Vouillamoz
1975 : Virginie de Michel Favart
1976 : Liberté à Brême de Raymond Vouillamoz
1977 : L'Île de la raison d’André Steiger
1977 : Aurélien de Michel Favart
1978 : Woyzeck de Raymond Vouillamoz
1978 : L'Homme sandwich de Michel Polac
1980 : Chère Olga de Philippe Condroyer
1980 : Il me faut un million de Gérard Chouchan
1981 : Guerre en pays neutre de Philippe Lefebvre
1981 : Le Professeur jouait du saxophone de Bernard Dumont
1981 : Un paquebot dans la tête de Philippe Condroyer
1981 : Guerre en pays neutre de Philippe Lefebvre
1983 : Monsieur Abel de Jacques Doillon
1983 : Dorothée, danseuse de corde de Jacques Fansten
1983 : Les Copains de la Marne de Christiane Spiero
1984 : Clémence Aletti de Peter Kassovitz
1985 : Le Grand Môme de Jacques Ertaud
1986 : Gobe la lune de Jacques Fansten
1988 : La Face de l'ogre de Bernard Giraudeau
1988 : Maigret : La Morte qui assassina de Youri
1989 : Bois de justice de Raymond Vouillamoz
1989 : Mémoire d'amour de François Luciani
1989 : Condorcet de Michel Soutter
1990 : V comme vengeance, Une table pour six de Gérard Vergez
1990 : Quartier nègre de Pierre Koralnik
1999 : Les Quatre-vingt-unards de Marco Pico
2000 : Les Enfants du Printemps de Marco Pico
2007 : Les Zygs, le Secret des disparus de Jacques Fansten


Filmographie de Jacques DENIS
 
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