| Suzanne DEHELLY | ||
| Actrice française | ||
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Chanteuse et actrice au tempérament de feu et aux grandes possibilités comiques, Suzanne Dehelly fait partie de ces excentriques du cinéma qui ont agrémenté les comédies de l’entre-deux-guerres. Si ses répliques à l’emporte-pièce assénées avec un débit de mitraillette a provoqué l’hilarité du public de son époque, il faut reconnaître qu’il ne reste plus grand-chose à retenir de ses pantalonnades. Suzanne Dehelly est née le 1er octobre 1896 à Paris dans une famille d’artistes qui compte son oncle Émile Dehelly, comédien raffiné et grand collectionneur d’œuvres d’art et son cousin Jean Dehelly au répertoire plus limité. Elle fait ses classes au théâtre sous la houlette de Firmin Gémier à l’Odéon, passant de Beaumarchais à Labiche. Elle affirme ses dons de comique loufoque, créant un personnage très loin de l’idéal de la jeune première de comédie. Sa pétulance et ses talents de chanteuses l’orientent vers les revues et l’opérette. Elle fait des apparitions à quinze ans en vedette de deux films de la série Joséphine de Georges Denola et accompagne son cousin Jean dans Graziella en 1925. Un sacré tempérament comique Vedette de spectacles chantants comme Ketty boxeur avec Gaston Gabaroche, Pirouette dans Cinquante centimes de Christiné où elle chante L’Amour est un plaisir vraiment doux en duo avec Dranem ou Normandie de Misraki et Decoin où elle crée l’immortelle Ça vaut mieux que d’attraper la scarlatine, elle acquiert rapidement le succès. Personnage excentrique, coupé à garçonne, elle devient une des valeurs sures de la comédie des années trente, se signalant dans des pochades militaires et des vaudevilles. Elle est ainsi la partenaire de Fernandel dans Une bonne combine, un court métrage d’André Chotin et dans Nuit de Folies. Elle est dirigée à plusieurs reprises par Maurice Cammage, spécialiste du comique troupier et du vaudeville bon enfant. Elle tourne ainsi Les Bleus de la Marine à nouveau avec Fernandel, La Mariée du régiment, La petite dame du wagon-lit, Prête-moi ta femme avec Pierre Larquey ou Vacances payées. Féministe, Suzanne Dehelly se fait passer pour un homme dans La Reine des Resquilleuses de Marco de Gastyne, terrorise Frédéric Duvallès dans Une de la cavalerie de Maurice Cammage et joue les femmes policiers dans La Brigade en jupons. Des excentriques pittoresques Pendant la guerre, on retrouve surtout Suzanne Dehelly dans des rôles de vieilles excentriques dans le registre de Pauline Carton ou Marguerite Pierry. Elle est ainsi la tante Zoé dans Marseille mes amours, Georgette l’épouse de Julien Carette dans Croisières sidérales, la vieille fille dans Premier Rendez-vous, la baronne dans Pension Jonas, la tante de Giselle Pascal dans La belle Aventure et la femme du conservateur du musée dans La Collection Ménard. Sous l’impulsion de son mari, le scénariste Marcel Rivet, la pitre devient sérieuse. Elle joue les institutrices au solide appétit dans Olivia, une histoire sagement saphique de Jacqueline Audry qu’elle retrouve régulièrement dans Huis clos, La Garçonne, L’école des Cocottes et Cadavres en vacances. Elle occupe le premier plan dans les deux aventures de Rouletabille adaptées par Christian Chamborant avec Jean Piat. Virage dans le drame Avec son débit de mitraillette et ses poings serrés sur ses hanches, elle occupe des rôles de femmes fortes comme la secrétaire du manager de boxe malhonnête Albert Préjean qui truque les combats du jeune Yves Montand dans L’Idole, la journaliste des Cinq tulipes rouges pendant le Tour de France, la mère de Sophie Desmarets dans Ma Femme est formidable, puis celle de Georges Marchal dans le drame Les Amours finissent à l’aube. Elle campe une religieuse qui aide Jean Gabin atteint de cécité dans La Nuit est mon royaume de Georges Lacombe. Mais le public ne reconnaît plus la femme fantasque qui a eu son heure de gloire dans les années trente. Aussi, elle revient à des comédies du samedi soir jouant les reine de Neustrie dans Pas un mot à la reine mère, la tante de Jean Parédès dans Ma Tante d’Honfleur, la dame patronnesse du Rosier de Madame Husson avec Bourvil. Elle varie entre le comique premier degré de La Bande à Papa avec Fernand Raynaud ou Le Temps des œufs durs avec Darry Cowl au polar comme Fumée blonde ou La Valse du Gorille avec Roger Hanin. Celle qui fut championne de France d’échecs, en 1943, se retire des écrans en 1961. Suzanne Dehelly s’éteint le 12 octobre 1968 à Paris. FILMOGRAPHIE : | |
![]() Avec Dranem |
1912 : Joséphine vendue par ses sœurs de Georges Denola (cm) 1913 : Joséphine veut faire du patinage de Georges Denola (cm) 1925 : Graziella de Marcel Vandal 1930 : La prison en folie d’Henry Wulschleger 1930 : Un trou dans le mur de René Barberis 1930 : Tout s’arrange d’Henri Diamant-Berger 1931 : Mon ami l’assassin de Solange Bussi 1931 : La fine combine d’André Chotin (cm) 1932 : Ma femme… Homme d’affaires de Max de Vaucorbeil 1933 : Une nuit de folies de Maurice Cammage 1934 : La reine des resquilleuses de Marco de Gastyne 1934 : La crise est finie de Robert Siodmak 1934 : Les bleus de la marine de Maurice Cammage 1935 : Un soir de bombe de Maurice Cammage 1935 : La mariée du régiment de Maurice Cammage 1935 : Retour au paradis de Serge de Poligny 1936 : Prête-moi ta femme de Maurice Cammage 1936 : La petite dame du wagon-lit de Maurice Cammage 1936 : La brigade en jupons de Jean de Limur 1936 : Les frères Delacloche de Maurice Kéroul & Jean Mugeli (cm) 1937 : Titin des Martigues de René Pujol 1937 : Une de la cavalerie de Maurice Cammage 1937 : Mon député et sa femme de Maurice Cammage 1937 : Monsieur Bégonia d’André Hugon 1937 : Cinderella de Pierre Caron 1937 : Arsène Lupin détective d’Henri Diamant-Berger 1937 : Chipée de Roger Goupillères 1938 : Ça… C’est du sport de René Pujol 1938 : Vacances payées de Maurice Cammage 1938 : La présidente de Fernand Rivers 1938 : Gargousse d’Henry Wulschleger 1938 : Mon oncle et mon curé de Pierre Caron 1938 : À nous la jeunesse d’Eugene Deslaw (cm) 1939 : Marseille mes amours de Jacques Daniel-Norman 1939 : L’homme qui cherche la vérité d’Alexander Esway 1940 : Premier rendez-vous d’Henri Decoin 1941 : Pension Jonas de Pierre Caron 1941 : Croisières sidérales d’André Zwoboda 1941 : À vos ordres, madame de Jean Boyer 1942 : La belle aventure de Marc Allégret 1942 : Le grand combat de Bernard-Roland 1943 : Feu Nicolas de Jacques Houssin 1943 : La collection Ménard de Bernard-Roland 1945 : Le roi des resquilleurs de Jean Devaivre 1945 : Rouletabille joue et gagne de Christian Chamborant 1945 : Rouletabille contre la dame de pique de Christian Chamborant 1946 : Pas un mot à la reine mère de Maurice Cloche 1947 : L’idole d’Alexander Esway 1948 : Ma tante d’Honfleur de René Jayet 1948 : Cinq tulipes rouges de Jean Stelli 1949 : Au Grand Balcon d’Henri Decoin 1950 : Olivia de Jacqueline Audry 1950 : Le rosier de madame Husson de Jean Boyer 1951 : La nuit est mon royaume de Georges Lacombe 1951 : Ma femme est formidable d’André Hunebelle 1951 : Ils sont dans les vignes de Robert Vernay 1952 : Quitte ou double de Robert Vernay 1952 : Les amours finissent à l’aube d’Henri Calef 1953 : La loterie du bonheur de Jean Gehret 1953 : Châteaux en Espagne de René Wheeler 1954 : Huis clos de Jacqueline Audry 1955 : La bande à Papa de Guy Lefranc 1956 : Fumée blonde de Robert Vernay 1957 : La garçonne de Jacqueline Audry 1957 : Sénéchal le magnifique de Jean Boyer 1957 : Police judiciaire de Maurice de Canonge 1958 : Le temps des œufs durs de Norbert Carbonnaux 1958 : L’école des cocottes de Jacqueline Audry 1959 : La valse du gorille de Bernard Borderie 1961 : Les livreurs de Jean Girault 1961 : Un Miracle ou deux de François Gir (tv) 1962 : Cadavres en vacances de Jacqueline Audry Filmographie de Suzanne DEHELLY | |
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